New-York, Ville Témoin des Liens entre Politique et Soccer

Le soccer, aux Etats-Unis, a toujours eu une connotation de gauche. Sport réputé populaire, au contraire d’autres sports américains, il a hérité de l’image qui lui a été collée lors de la Guerre Froide, celle d’un sport « communiste », loin des valeurs américaines de l’époque.
Loin d’être aussi extrême, le soccer proposé par la Major League Soccer a tout de même un aspect politique de gauche. Entre l’aide aux réfugiés proposée à Portland, les nombreuses œuvres de charité qui sont présentes dans la ligue et les fans qui sont souvent liés à la culture hipster (il suffit d’aller en Cascadia pour s’en rendre compte), le soccer, ce sport populaire, international et accessible à tous, ne pouvait se détacher de l’image progressiste qu’il véhicule.

Wow
Photo via Timbers Army, Twitter

Cela n’a rien de nouveau, le soccer a souvent été lié à la politique ; la révolte égyptienne de 2011 aurait commencé dans les tribunes des stades locaux par exemple. Cependant, aux Etats-Unis, c’est plus une bien-pensance commune qui domine, dans une ligue -c’est un comble- privée, donc dictée par le profit bien plus que par le sportif; une version américaine et ultra-capitaliste d’un sport européen.

Cependant, récemment et liés à l’émergence de Donald Trump et à la libération de la parole conservative, les groupes de supporters politiques ont pris plus de place sur les réseaux sociaux et dans les médias, spécialement dans la région de New-York, où ils sont déjà présents depuis plusieurs années.

Le Pionnier : Les MetroStars, futurs New-York Red Bulls

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Photo via Vice

A sa construction, les Red Bulls New-York n’avaient pas encore ce nom très corporate. En 1996, la première année de vie de la Major League Soccer, la franchise est appelée les New-Jersey MetroStars. Les fans étaient aussi bien moins policés qu’aujourd’hui. Un des groupes, l’Empire Supporter Club, avait notamment un contingent assez énorme -et actif- de fans venant de courants anarchiques, socialistes, marxistes, résultant comme dans les stades anglais de l’époque, en une culture ouvrière en tribune.

Il faut dire que les supporters new-yorkais n’avaient pas vu beaucoup de soccer dernièrement. Arrêtés en 1985, les New-York Cosmos n’étaient qu’un lointain souvenir, et les fans s’étaient surtout regroupés derrière les New-York Centaurs, franchise obscure de A-league, une division inférieure, en attendant mieux durant la saison 1995. C’est à cette date que des fans se rejoignirent pour créer le groupe de supporters New-York City Firm, à tendance anarchiste, décrit dans cet excellent article de Vice. Venant de la scène punk et anglophile, le groupe se définissait comme anti-raciste et antifasciste, et allait plus tard inspirer l’Empire Supporter Club lors de l’entrée des MetroStars en MLS.

En effet, l’ESC allait absorber le New-York City Firm lors de l’arrêt des New-York Centaurs, et l’organisation allait devenir le principal groupe de fans des MetroStars pour ses premières années en MLS. Malgré son héritage politisé, l’ESC accueillait de différents bords pour les premières saisons réussies des MetroStars ; des jeunes et vieux, des skinheads, polonais, latinos, des familles et des hooligans à l’anglaise, tous  réunis pour supporter les futurs Red Bulls, avec seulement un point commun ; l’envie d’éviter que les tribunes deviennent -comme dans certaines régions européennes- un rassemblement de sympathisants d’extrême droite.

A l’époque certaines régions et stades européens sont gangrenés par des affrontements entre supporters, et par des groupes de fans fascistes qui s’expriment via, notamment, des chants racistes pendant les matchs. La crainte pour que cette culture s’exprime dans les stades américains est grande, et justifiée. Dès la première année d’existence, plusieurs fans d’extrême droite rempliront les tribunes de New-York, parfois organisés en groupe. L’Empire Supporter Club va faire tout son possible pour éviter ça, allant de la confrontation verbale à la confrontation physique si nécessaire. Les organisations de fans d’extrême droite ne reviendront plus au stade, en tous cas de manière organisée.

La MLS nie totalement le phénomène. En tant que marque en développement, elle préfère ignorer ces groupes qui chantaient, aux débuts de la ligue, « Fuck the shoutout » lors des séances de penalty à la sauce américaine. Surtout, à l’époque la ligue n’utilisait pas les images des ultras pour assurer sa promotion, voulant se donner une image de sport « familial », comme les autres sports américains, et ils ne savaient donc que faire avec ces groupes – résultant surtout en un délaissement. Aujourd’hui, l’Empire Supporters Club est toujours actif, mais avec son image politique très en retrait.

Pourtant, c’est récemment que les supporters s’affichent de plus en plus politiquement, partout en MLS.

Est-ce juste le résultat de l’élection présidentielle de 2016, ou du développement du soccer en général ? Les deux pourraient être probables. L’identité antifa des fans de soccer est en pleine progression dans la ligue.

Plusieurs groupes de fans sont officiellement antifascistes, aux Red Bulls et à Dallas notamment. Le très populaire Gorilla FC de Seattle se décrit ainsi « anti-raciste, antisexiste et anti-homophobe, donc antifasciste », selon son vice-président, interviewé par Yahoo Sport. Même les clubs des divisions inférieures, comme le Phoenix Rising, comptent des groupes de ce genre dans leurs rangs (Los Bandidos).

Le Cosmos, cet OVNI humaniste

Cosmos

C’est d’ailleurs dans ses divisions inférieures qu’on trouve peut-être le groupe de supporters le plus vocalement antifasciste, au New-York Cosmos. Ancienne franchise des années 80, lors de sa réapparition dans les années 2010 en NASL (alors division 2) ses fans se sont vite construits une identité socialiste. Actuellement, la division dans laquelle ils jouaient ayant disparue, les Cosmos sont revenus à l’état de club semi-pro.

Nous avons contacté Patrick Infurna, journaliste pour Copa 90 US et fan notoire du New-York Cosmos, pour qu’il nous explique l’identité du club.

Pour lui et de nombreux autres supporters, le souhait d’être fan d’un club à l’identité new-yorkaise a toujours été là, mais ce souhait n’était au début pas représenté  par les New-York Red Bulls, seul club professionnel jouant dans la région jusqu’en 2013 : « Je suis allé voir plusieurs matchs des Red Bulls et ça m’a donné envie de faire partie de ces groupes, de supporter un club local, une de ces nouvelles équipes qui sont en train d’écrire leurs histoires, mais j’ai toujours eu la même mentalité politique, qui faisait que je ne pouvais définitivement pas suivre une équipe sponsorisée par une marque de boisson énergétique. Je respecte ceux qui supportaient les MetroStars car rien que le nom représentait bien la ville mais supporter une équipe nommée Red Bulls, je n’en serais pas capable. Je ne serais pas capable de porter cet écusson, quand je vois des joueurs embrasser le logo d’une marque… Je ne pourrais pas ».

Le projet du retour du Cosmos est assez compliqué, commençant en 2007 mais n’aboutissant qu’en 2013, avec des fans qui souhaitent avant tout un club « représentant la ville de New-York, authentique ». « Avant que NYCFC [NDLR: Club de MLS arrivé en 2015, qui partage les mêmes propriétaires que Manchester City] arrive il y avait deux types de personnes » continue Patrick Infurna« Ceux qui ne voulaient pas supporter une marque, comme moi, un peu comme en Europe où en Allemagne l’équipe des Red Bulls agace, et ceux qui ne voulaient pas aller jusqu’au New-Jersey, là où les Red Bulls jouent, pour voir des matchs et qui voulaient une réelle équipe new-yorkaise. L’idée de représenter la ville est une idée qui est restée avec nous tout ce temps, et c’est pour ça que je pense qu’on pourrait résumer nos fans comme très idéalistes, hipsters même. Ils sont très utopistes sur leur définition du football, ce que ça peut être, ce que ça signifie. Ils veulent faire attention à ce qui les représente, ça ne peut être une marque, ça doit être quelque chose de New-Yorkais. Quand en Europe, on pense à Paris, on pense directement au Paris Saint-Germain, à Munich on pense au Bayern, à Rome, on a l’AS Roma, ces clubs représentent la ville et seulement la ville, et son rapport au football. Moi je regarde les New-York « Red Bulls », je ne peux pas dire que c’est New-York. Pour NYCFC, je dois admettre qu’ils font un meilleur travail pour le cacher, mais c’est toujours Manchester City, c’est CFG (City Football Group). Le New-York Cosmos, c’est indéniablement New-York. Tu peux prendre les Red Bulls et les installer à Leipzig, Salzburg… NYCFC tu peux les exporter à Manchester, au Japon, à Malaga, en Uruguay… Il n’y a plus cet aspect d’identité avec ta communauté. Bien sûr ces clubs font d’excellentes choses sur et en dehors du terrain, mais ça ne reste que du business, et on est juste un peu idéaliste et on veut quelque chose qui soit simplement à nous. Tu ne peux pas mettre le Cosmos en dehors de New-York. Ce n’est pas le cas aux Red Bulls ou au City Football Group. »

Le Cosmos, très influencé par des fans latino-américains (« 70% des chansons sont en espagnol »), a un aspect de communauté historique. Dans les tribunes, nombreux sont les personnes âgées qui allaient jeunes aux matchs de l’équipe de Pelé dans les années 70, le propriétaire actuel du club, Rocco Comisso, compris. De plus, lors de leur retour dans les années 2010, la politique a pris un rôle plus important. Patrick Infurna décrit par exemple « un groupe appelé Brigada 71, qui s’inspire de clubs européens pour créer une sorte de communauté autour du club, organisant des œuvres de charité, pour la construction de logement pour les sans-domicile fixe, ou allant à des manifestations de gauche. Ça a fait pas mal de bruits dans les médias américains parce-que c’est quelque chose de totalement absent dans notre culture du sport, aux Etats-Unis», même si récemment la NFL a été grandement impactée par le débat politique et Colin Kaepernick, ce joueur qui s’agenouille pendant l’hymne national. Aux Etats-Unis, il est rare que ces sports soient plus qu’une source d’entertainment. Au Cosmos cependant, « pour les fans, certains européens mais pour la plupart latino américain, ce mélange entre le sport et la politique est beaucoup plus normal. Ça ne date pas de l’élection de Trump, même si ça se voit plus depuis. On a toujours eu des drapeaux antifascistes avec nous, depuis les premières réunions en 2007. Rien que notre nom, certains pensent que le Cosmos a un rapport avec l’espace, mais non. C’est un raccourci pour Cosmopolitans (cosmopolites en français). On parlait avec des fans européens l’autre jour et ils nous disaient que pas mal des ultras d’extrême droite utilisaient le mot cosmopolite comme une insulte ; donc pour nous c’est vraiment une fierté, on ne pouvait pas avoir un meilleur nom pour ce club que les New-York Cosmopolitans. C’est une identité sans frontière, sans nation, est aussi une des raisons pour lesquelles on n’aura jamais un groupe de fans fascistes dans nos rangs. »

Forcément, depuis que le New-York Cosmos n’est plus que dans une sphère semi-professionnelle, c’est plus simple : « C’est sûr, on a pas de restriction, pas de structure au-dessus de nous » admet Patrick Infurna. « On le voit à Portland, Seattle, la ligue n’est pas restrictive de deux-trois bannières pro-LGBT, mais si tu vas un tout petit peu plus loin, elle n’apprécie pas du tout. Je ne veux pas blâmer la MLS, mais c’est juste le monde très « corporate » des sports américains ». Finalement, le Cosmos est même devenu « Le symbole de cette résistance aux Etats-Unis contre l’identité unique de la MLS, ce monopole du sport, même si cette résistance perd en ce moment. Après on n’est pas un club qui vient de nulle part non plus, on a un milliardaire à notre tête, mais on se voit comme dans notre fanbase très populaire, un peu comme un Marseille ou un Celtic, des gros clubs riches mais qui représentent toujours une communauté progressive et ouverte. On accepte que le sport soit dominé par cette pensée capitaliste en tant que fans, mais comparé avec les Red Bulls ou le City Football Group, on est assez radical, et pas représenté par une multinationale ».

NYCFC, témoin malheureux de la libération de la parole suprématiste

Empire State Ultra
Photo via Twitter

Mais ces groupes de fans sont établis avant tout en réaction à la montée des pensées extrémistes, ils ne naissent pas sans raison. Pour observer ce phénomène, il faut se rendre au troisième club de New-York, celui qui ne joue ni en rouge, ni en vert ; le New-York City FC.
Depuis son arrivée en 2015, il y a eu des problèmes récurrents au Yankee Stadium et dans les environs avec l’arrivée dans les tribunes du stade de supporters véhiculant des chants aux idéaux racistes, homophobes ou fascistes. La ligue n’a jamais communiqué sur le sujet, et pourtant. (NDLR : La MLS a pour la première fois dénoncée des actes de fan en réaction à un chant homophobe de LAFC, en Novembre 2018, mais toujours rien en ce qui concerne New-York)

Le premier témoignage de ce phénomène date d’avril 2015, dans les colonnes d’Empire of Soccer, un site reliant le soccer et la ville de New-York. Dave Martinez raconte comment la section 237 du Yankee Stadium s’était ce jour-ci, en plein match, rempli à la mi-temps d’un groupe de fans à l’attitude menaçante, dont le look s’apparentait à ceux de personnes « qui viennent de sortir de prison ». Ce petit groupe (moins d’une dizaine d’individus) a commencé à chanter des chants et phrases racistes, qualifiés par les témoins de propagande néo-nazi et de discours incitant bien entendu à la haine. A l’époque, c’est un événement isolé. Personne ne réagit, ni ne filme les chants haineux, selon l’un des fans « par peur de recevoir un coup de couteau ».
Normalement, les sections 236, 237 et 238 du stade sont consacrées au Yankee Stadium aux groupes de fans, qui ont bien entendu nié avoir des néo-nazis dans leurs rangs. Il est dur de les retracer, à New-York, les groupes de supporters n’étant pas encore bien définis dû à l’âge de la franchise (née en 2015) leur propre identité politique.

La toile a cependant retrouvé leurs traces, leur profil ressortant trois ans plus tard. A New-York, un affrontement -que nous ne voulons pas appeler banal, mais qui n’a rien à voir à priori avec le soccer- se déroule dans les rues de la ville, le 12 Octobre 2018, entre des groupes fascistes et antifascistes.
Après la rixe, les Proud Boys (le nom de l’association néo-nazi) posent pour une photo tous ensemble. De ce portrait relayé sur les réseaux sociaux, on y voit plusieurs supporters du New-York City FC, venant des groupes de l’Empire State Ultra ou de la River Ave Casuals.

Ce sera le début d’un énorme travail d’enquête pour identifier les membres des groupes et leurs relations avec des organismes d’extrême droite, tels que des groupes skinheads ou des gangs fascistes.

Que ce soit dans les rangs de l’Empire State Ultra ou dans ceux du River Ave Casuals, ils étaient déjà présents aux balbutiements du NYCFC en MLS, lors du second match de leur histoire face aux New-York Red Bulls, où Il y avait déjà eu des affrontements. Des membres de ces deux groupes ultras étaient allés chercher des fans des Red Bulls directement dans leurs bars pour commencer des bagarres entre hooligans décrites dans les médias comme des rixes « à l’européenne ».

En 2016, autre polémique lors d’un affrontent entre l’Empire State Ultra et des groupes antifascistes, cette fois du Cosmos. Plusieurs photos tournent en ligne, dont une de fans en sang. De nouvelles enquêtes émergent sur l’origine des fans fascistes de NYCFC. Leurs origines seraient d’Europe de l’est, où ils auraient des liens avec certains ultras de clubs locaux, en Pologne notamment. On retrouve aussi un certain nombre de skinheads latinos dans un autre groupe de supporters de NYCFC, le River Ave Casuals, qui aurait fusionné dans l’Empire State Ultra, et qui est connu pour avoir été créé par le Batallon 49, un groupe de skinheads latinos et homophobes fondé en 1997, dont les membres sont de réels aficionados du soccer, venant pour la plupart de pays où le sport est roi.

« Ce club a un problème avec les suprématistes blancs, avec leurs tatouages et leurs stickers qui apparaissent au stade et qui promeuvent leurs idéaux », entend-on dans une des éditions du podcast The NYCFC Nation, le plus suivi sur le club. « Cette équipe a un problème nazi, à cause aussi d’un nombre conséquent de postes Instagrams de groupes de fans, où l’on peut voir certains d’entre eux montrant leurs tatouages nazis. […] Le problème principal, c’est que la franchise est bien au courant de ces agissements, et qu’elle dit ne pas les supporter ; mais toutes ces annonces sont inutiles tant qu’elles ne sont pas accompagnées de gestes et de réelles mesures».

Ce phénomène bien triste continue en ce moment même dans les travées du Yankee Stadium, et a notamment été une nouvelle fois dénoncé pendant les play-offs lors de la victoire new-yorkaise face au Philadelphie Union. Plusieurs groupes de supporters ont ainsi été photographiés avec, dans leurs rangs, certains des agresseurs membres des Proud Boys. Aucune dénonciation ni annonce n’ont été effectuées par le club depuis. Il faut dire que leur nombre infime ne représente pas un potentiel danger pour le NYCFC. C’est cependant une réelle image déplaisante qui se construit autour du club, qui lors du même match, a empêché le déploiement d’une bannière… anti-raciste.

En définitive, le conflit ne risque pas de s’arrêter de sitôt. Une des raisons est assez simple mais logique, et concerne le prix des places ; « Le soccer, même la MLS, est quand même bien moins cher que les autres grosses ligues majeures américaines, donc c’est vraiment un sport populaire, où tous se retrouvent dans les stades, c’est très accessible », conclue Patrick Infurna. « Aux Etats-Unis il est vraiment devenu une scène où les fans peuvent s’exprimer politiquement, et la plupart sont des progressifs, de gauche. Les stades sont pleins de différentes ethnicités et nationalités, donc on va forcément tout faire pour défendre et protéger ces communautés », là où d’autres choisiront au contraire de les dénigrer.

AntifaColorado
Photo via Yahoo Sport

6 Replies to “New-York, Ville Témoin des Liens entre Politique et Soccer”

  1. Une belle leçon d’histoire, mais ce que j’ai adoré, c’est la chute « là où d’autres choisiront au contraire de les dénigrer », une belle touche finale de l’auteur, que d’ailleurs nous remercions énormément pour cette contribution agréable à lire, vraiment. A travers cet article, nous découvrons la ville de New-York, sa mentalité du football, un retour en arrière palpitant et intéressant. Bravo !!! et bonne continuation
    .

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