Les destins croisés de trois sélectionneurs en Amérique

Nous sommes le 13 juin 2018. La FIFA annonce que les États-Unis, le Canada et le Mexique seront les hôtes de la plus grande compétition de la planète en 2026; la Coupe du Monde de soccer. Avant d’en arriver là, ces trois pays se doivent de redorer ou tout simplement dorer leur blason sur la scène internationale et ce, à partir d’aujourd’hui. Quels sont les challenges qui attendent ces trois sélections? Quels entraineurs ont-elles choisi afin de mener à bien leur projet d’aujourd’hui? Pour ces trois pays, la révolution footballistique est belle et bien entamée et les trois nouveaux sélectionneurs ont du pain sur la planche.

El Tri :

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L’équipe nationale mexicaine a surpris tous les observateurs lors de la Coupe du Monde 2018 en Russie. Flamboyante lors de ses victoires face à l’Allemagne (1-0) et la Corée du Sud (2-1), El Tri a flanché lors de son troisième match de groupe face à la Suède (0-3) avant de logiquement s’incliner 0-2 face au Brésil lors des seizième de finale. Malgré tout, la progression de l’équipe nationale était évidente et les mexicains espéraient que la roue avait enfin tourné après l’humiliante défaite en demi-finale de la Gold Cup 2017 (coupe continentale d’Amérique du Nord et des Caraïbes, équivalent de l’Euro) face à la Jamaïque (0-1). Conspué par la majorité des supporters d’El Tri qui demandaient son départ tout au long de son mandat (débuté en 2015), Juan Carlos Osorio rejette la proposition de prolongation de la fédération mexicaine et s’engage en tant que sélectionneur de l’équipe nationale du Paraguay quelques mois plus tard. Tout est donc à refaire.

Le sauveur ou l’imposteur?

Le 7 janvier 2019, Gerardo ‘Tata’ Martino est officiellement nommé sélectionneur de l’équipe nationale mexicaine. L’entraineur argentin sort tout juste de deux saisons extraordinaires à la barre d’Atlanta United (champion de la Coupe MLS en 2018) et l’opinion générale au Mexique est grandement en faveur de cette nomination. Durant son illustre carrière d’entraineur, Tata Martino a eu beaucoup de succès (Atlanta United, Libertad au Paraguay ou Newell’s Old Boys en Argentine) mais aussi quelques échecs (FC Barcelone en Espagne ou l’équipe nationale d’Argentine).
À la tête d’El Tri, Martino aura le lourd mandat de renouveler ou revigorer la colonne vertébrale de la sélection. En effet, malgré le fait que certains comme les frères Dos Santos (Giovanni, 29 ans et Jonathan, 28 ans) sont encore relativement jeunes, les cadres actuels de la sélection ne sont pas au sommet de leur forme et la relève commence à s’impatienter (Hirving Lozano, Diego Lainez ou José Macias). D’un autre côté, l’entraineur argentin devra développer du beau jeu afin de charmer une nouvelle fois le public qui reprochait à son prédécesseur son jeu défensif et amorphe. Martino sera-t-il capable de trouver une balance parfaite entre la ‘vieille garde’ et les jeunes loups? Pourra-t-il séduire les supporters mexicains? Réponse dans les prochains mois.

The Stars and Stripes :

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En constante évolution depuis la Coupe du Monde 1994 disputée sur ses terres et grâce au succès grandissant de la MLS, Team USA accumule les déceptions depuis 2015 malgré un léger sursaut d’orgueil lors de sa victoire lors de la Gold Cup 2017. Une minable quatrième place lors de la Gold Cup 2015 (pire performance des États-Unis depuis 2000 dans cette compétition) et les mauvais résultats de l’équipe au début des qualifications de la Coupe du Monde 2018 (défaite au Guatemala 2-0, défaite à domicile face au Mexique 1-2 et défaite au Costa Rica 4-0) poussent la fédération à remercier Jurgen Klinsmann en poste depuis 2011. Son successeur, nul autre que le mythique et ancien sélectionneur Bruce Arena, fait encore pire en perdant le match ultime 2-1 sur le terrain de la lanterne rouge; Trinité-et-Tobago. Cette défaite sonne le glas d’Arena qui démissionne quelques jours plus tard. Non-qualifiés pour la Coupe du Monde pour la première fois depuis 1986, les Stars and Stripes ont besoin de se ressaisir.

Premier ex-joueur de MLS :

Le 2 décembre 2018, Gregg Berhalter est nommé sélectionneur de l’équipe nationale des États-Unis et devient le premier ex-joueur de la MLS à être nommé à ce poste. Reconnu par son excellent CV à la barre du Crew de Columbus (quatre qualifications aux playoffs en cinq ans dont une finale MLS en 2015), Berhalter est attendu de pied ferme par les amoureux du ballon rond au pays de l’Oncle Sam.
La mission de Berhalter sera de ramener son équipe nationale à un bon niveau et bien évidement de faire encore mieux. Afin de faire évoluer sa sélection, Berhalter devra trouver le juste milieu entre les joueurs américains ‘expatriés’ à travers le monde et les joueurs ‘locaux’ évoluant en MLS. C’est exactement ce que le camp d’entrainement du mois de janvier va lui permettre de faire! Composé uniquement de joueurs qui évoluent en MLS, l’effectif rassemblé en janvier permettra à Berhalter de jauger le bassin local et s’assurer de bien évaluer ceux qui pourraient aider les Stars and Stripes à atteindre leur objectif. Lors de son premier match face au Panama le 27 janvier 2018, Berhalter mène son équipe vers une victoire de 3-0 pour ses débuts en titularisant cinq nouveaux venus (Lovitz, Lima, Baird, Ebobisse et Mihailovic. Quelques jours plus tard, l’équipe nationale américaine remporte son second match de l’ère Berhalter en s’imposant 2-0 face au Costa Rica grâce au revenant Sebastian Lletget rentré en cours de jeu (un but et une passe décisive). Berhalter peut-il obtenir de bons résultats face aux grosses cylindrées mondiales? Son système de jeu basé sur des latéraux très offensifs fonctionnera-t-il au niveau international? Le talent est pourtant là et la relève est prometteuse. Advienne que pourra…

Les Rouges :

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L’équipe nationale masculine du Canada n’a jamais été une équipe dominante sur la scène internationale. Hormis ses deux victoires en Gold Cup en 1985 et 2000, son palmarès reste vierge. Qualifiée pour la Coupe du Monde 1986 au Mexique pour la première et dernière fois de son histoire en date d’aujourd’hui, l’équipe nationale canadienne s’incline à trois reprises lors de ce tournoi sans avoir marqué un seul but. Pourtant, plusieurs joueurs canadiens au talent indéniable ont su briller au sein de leurs clubs respectifs (Bunbury, Julian De Guzman, De Rosario, Forrest, Radzinski, Bernier, Onstad…). Canada Soccer pensait avoir trouvé l’homme providentiel en embauchant l’équatorien Octavio Zambrano en mars 2017 au poste de sélectionneur. Passé par plusieurs clubs à travers le monde, Zambrano avait annoncé un programme clair et précis lors de son entrevue mais la suite a été bien moins reluisante. Malgré un parcours honorable lors de la Gold Cup 2017 (quarts de finale, défaite 1-2 face à la Jamaïque), le professionnalisme de Zambrano est remis en cause. Il est souvent en retard ou même absent à des rencontres programmées et ne parvient pas à établir un lien concret entre l’équipe senior et les équipes de jeunes du programme national (source : https://torontosun.com/sports/soccer/botched-hiring-canada-sacks-octavio-zambrano-after-tumultuous-tenure-leaving-john-herdman-to-pick-up-the-pieces). Zambrano est donc remercié par Canada Soccer en janvier 2018 et l’avenir de la sélection semble extrêmement sombre.

Comme un symbole de réussite :

Le 8 janvier 2018, Canada Soccer annonce la nomination de l’anglais John Herdman à la tête de la sélection masculine. Fort de ses excellents résultats à la barre de l’équipe nationale féminine du Canada qu’il mène à la quatrième place mondiale en 2017 (victoire des jeux panaméricains de 2011 face au Brésil, troisième à deux reprises aux Jeux Olympiques en 2012 et 2016), Herdman commence son règne de la meilleure des façons en s’imposant 1-0 face à la Nouvelle Zélande le 24 mars 2018 (match amical). Son professionnalisme et sa volonté de réussir transparaissent encore plus lorsqu’il décide de prendre en charge les rênes de l’équipe nationale des moins de 21 ans pour la première participation de l’histoire du pays au prestigieux tournoi international espoirs de Toulon (26 mai au 9 juin 2018). Le Canada impressionne et parvient à décrocher la sixième place du tournoi grâce à de très bonnes performances face à des habitués de la compétition (match nul 0-0 contre le Portugal, match nul 1-1 contre le Japon et victoire 1-0 face à la Turquie). Ce tournoi lui permet de découvrir le potentiel des jeunes pousses canadiennes qu’il a rarement l’occasion de voir jouer (jeunes évoluant dans des clubs européens comme Legault, Busti, Millar, Verhoeven, Cornelius…). Certains de ces jeunes ont déjà percé les rangs de l’équipe nationale senior et le Canada est en très bonne position pour se qualifier dans le Groupe A de cette compétition (classement : https://concacafnationsleague.com/en/nations-league-qualifying/schedule-results#tab_team=standings). Invaincus en 2018 avec quatre victoires en quatre face à des équipes bien plus faibles sur papier, les Rouges pourront-ils confirmer en 2019? Herdman saura-t-il s’adapter au soccer masculin sur la durée? La performance du Canada en 2018 est encourageante et l’ère Herdman semble sur de bons rails.

*source pour photo primaire de l’article : Coupe du monde 2026 : vers une collaboration États-Unis -Canada-Mexique ?

One Reply to “Les destins croisés de trois sélectionneurs en Amérique”

  1. Salut Hady. Bon texte. Pour le Mexique, ils vont être là et solide.
    USA : Si les joueurs laissent leurs égos en dehors du stade et jouent unis ,le potentiel est gros . Pas juste des vedettes . Ça prend un bon mixte.
    CAN : Difficile a dire . Qqes joueurs de talent. Davies, Ballou , Larin etc . Je dechirai pas ma chemise sur les résultats de l équipe. Va amener de l expérience a toute l organisation.

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