Alan Gordon : #ThankYouGordo

Au terme de la saison 2018, Alan Gordon a pris sa retraite après 15 ans dans le soccer professionnel. À l’exception d’un prêt en A-League (ancienne dénomination de la USL), il passera l’ensemble de sa carrière en MLS. Retour sur la carrière de Gordo, un attaquant qui a fait le tour de l’Amérique du Nord. 

28 octobre 2018, le sifflet final retentit au Toyota Stadium à Chicago, Alan Gordon vient d’effectuer sa dernière apparition en MLS. Il est très vite entouré de sa famille et fait le dernier tour de piste de sa carrière professionnelle. Alan, sourire aux lèvres, remercie pour une dernière fois ses supporteurs qui l’ont soutenu durant ses 15 ans dans la première division américano-canadienne.  

Sport préféré : Baseball

Toutefois, reculons 37 ans en arrière pour rendre un dernier hommage à Gordo, le 44e meilleur buteur de la MLS. Né le 17 octobre 1981 à Long Beach en Californie, Alan Eugene Gordon II grandit en adorant le sport sans jamais réellement se passionner pour le «Beautiful game». Gordon, dans sa jeunesse, est un fervent amateur de baseball. À l’aube de son entrée à l’Université, malheureusement ou heureusement pour lui, dû à plusieurs blessures, il ne reçoit aucune offre intéressante afin d’intégrer un programme de baseball. Alan est donc obligé de trouver un autre sport et il décide de se lancer dans le soccer. C’est d’ailleurs dans ses deux premières années universitaires à Yavaipai Community College qu’il développe finalement son amour pour le sport. Pour compléter son parcours universitaire, il décide de changer d’adresse et s’engage avec les Oregon State Beavers (Plus prestigieuse à ce niveau). Malgré deux excellentes saisons à Oregon State , il ne pense pas avoir attiré l’œil des recruteurs MLS. Alors qu’il ne regarde pas le repêchage, des amis à lui regardant la draft le contactent pour lui annoncer, à sa grande surprise, la bonne nouvelle. Alan Gordon est choisi au 53e rang par le LA Galaxy (LAG). Après des passages en Arizona et en Oregon, il revient dans sa ville natale, Los Angeles. C’est le début sa carrière professionnelle !

Lors de sa première présaison avec le Galaxy en 2004, il est envoyé en prêt en A-League (ancienne dénomination de la USL) chez les Timbers de Portland. Il offre de très bonne performance et remporte le titre de recrue de l’année grâce à ses 17 buts en 31 matchs (Meilleur buteur de l’année en A-League). Malheureusement, les Timbers sont éliminés en demi-finale de conférence par les Seattle Sounders. Gordo revient donc en Californie avec une certaine confiance acquise. Il  restera à LA pour les six prochaines  années.

Premiers trophées et premiers obstacles pour Gordo

Pour sa première saison MLS, Gordon apprend de l’un des plus grands; Landon Donovan. Malheureusement pour lui, il ne joue que très rarement, souffrant d’une blessure à l’aine lors de la première moitié de la saison. Il revient dans l’effectif sans pour autant débuter une rencontre durant la saison, mais l’entraîneur le fait rentrer dans les moments importants. Lors des deux finales disputées par le LA Galaxy en 2005, il rentre en cours de jeu et permet à ses coéquipiers de remporter des titres; l’US Open Cup face au FC Dallas, puis la MLS Cup face au Revolution de la Nouvelle-Angleterre. Toutefois, son compteur de but en MLS est seulement enclenché lors de sa troisième saison en 2006. Si la saison du LA Galaxy est d’une tristesse absolue après la mort de leur président Doug Hamilton, une non-qualification en playoffs et une finale d’US Open Cup perdue, Alan Gordon voit une évolution dans son temps de jeu grâce à l’arrivée du nouvel entraîneur, Frank Yallop. Gordon le remercie de cette confiance en inscrivant ses quatre premiers buts en MLS.

La saison 2007 est semblable à la précédente que ce soit sur le plan personnel ou collectif. Victime d’une blessure au pied en présaison qui le met sur la touche jusqu’en juillet, il n’est titularisé qu’à dix reprises et inscrit trois buts. Collectivement, LA n’arrive pas à se qualifier pour les séries pour une deuxième année de suite. Toutefois, la saison suivante sera très importante pour Gordo. Malgré une autre non-qualification du Galaxy, 2008 est l’année de révélation pour lui ! Grâce à l’arrivée d’un certain David Beckham, il réussit à élever son jeu d’un cran en y inscrivant cinq buts et sept passes décisives, et ce en seulement 14 titularisations. La même année, il est introduit au temple de la renommée de la NJCAA (National Junior College Athletic Association) pour ses deux années à la Yavaipai Community College.

GordonBeckham2008
Photo via Zimba

Trois équipes, deux saisons

Lors des saisons 2009 et 2010, sous les ordres de Bruce Arena, Alan ne semble pas être à l’aise, inscrivant seulement quatre buts en 17 départs. Le 5 août 2010, il est échangé au rival de Los Angeles : Chivas USA, tout juste avant d’effectuer sa 100e apparition avec le club qui  l’a repêché , LA Galaxy. Il découvre alors son deuxième club MLS. Il inscrit un seul but en neuf apparitions avec Chivas, avant d’être échangé à nouveau, à la fin de la saison. Direction Toronto pour Gordo. Alan découvre alors le froid de l’hiver canadien, ayant principalement habité dans les zones chaudes des États-Unis telles que la Californie et l’Arizona. Il s’acclimate toutefois très bien à son nouvel environnement et se sent à l’aise en Ontario inscrivant quatre buts à ses huit premières apparitions.

GordonToronto
Photo via Toronto FC

Malheureusement pour Gordon, Toronto voit grand et décide de recruter le joueur désigné néerlandais Danny Koevermans qui à ce moment là, régale du côté du PSV.  Ne voulant pas apporter de concurrence à Koevermans, Toronto décide d’échanger Gordo à San José, en Californie. Cela lui permet de retrouver Frank Yallop avec qui, il avait été productif auparavant avec le Galaxy. Sa deuxième moitié de saison est cependant encore une fois gâchée par les blessures. Il ne pourra disputé que deux matchs avec les Earthquakes lors de la saison 2011. Il se fait opérer de nouveau pour soigner ses déchirures à l’abdomen et aux adducteurs.

Les meilleurs moments de sa carrière

Après sa convalescence, Alan Gordon reprend le rythme de la compétition en disputant des bouts de matchs. Il marque lors de sa deuxième apparition de la saison et donne la victoire à San José face à Vancouver. La saison 2012 sera la plus belle de sa carrière. Il y inscrit 13 buts et aide son équipe à remporter le Supporter’s Shield avec un Chris Wondolowski dominant (27 buts). San José est tout simplement indétrônable durant la saison régulière. Ils affrontent leurs ennemis jurés en série éliminatoire, le LA Galaxy, et se font éliminer par le futur champion sur le score cumulatif de 4-2. Gordon réussit tout de même à inscrire un but lors du match retour.

GordonSJ
Photo via CenterLineSoccer.com

En 2013, Alan Gordon a du mal à confirmer sa magnifique saison précédente. Il inscrit seulement quatre buts et San José ne parvient pas à se qualifier pour les playoffs. Cette contre-performance force le départ de Frank Yallop à la mi-saison. Comble de malheur pour le natif de Long Beach, il est impliqué dans un scandale homophobe alors qu’il insulte Will Johnson de « Faggot » sur le terrain. Il écope alors de trois matchs de suspension pour ce commentaire disgracieux envers le milieu canadien.

GordonJohnson
Photo via MLS Soccer

De retour au bercail

Après une autre demi-saison décevante à San José, il est échangé de nouveau et revient à Los Angeles. Cette transaction le motive et ça se voit sur le terrain. Il inscrit cinq buts lors de la deuxième moitié de saison avec le Galaxy, soit un nombre supérieur à sa dernière saison et demie chez les Earthquakes. À son retour, il reprend du plaisir avec ses nouveaux coéquipiers. En playoffs, il rentre en jeu lors des fins de match et dispute les 30 dernières minutes de la finale face au Revolution de la Nouvelle-Angleterre (remporté 2-1). C’est un deuxième titre pour « Gordo » avec le Galaxy, neuf ans après son premier. Les deux années suivantes sont un retour à la normale pour lui. Il n’inscrit que cinq buts en 2015 et trois en 2016. 

Une fin de carrière bien méritée

Lors de la saison 2017, il quitte de nouveau la Californie afin de découvrir un autre club. Après 181 apparitions avec LAG, Gordon fait ses débuts avec les Rapids du Colorado. Alan répond aux attentes de son entraîneur et se rend utile en tant que remplaçant. En 26 apparitions, dont 6 départs, il marque trois buts et délivre quatre passes décisives en 816 minutes. Malheureusement, le club déçoit ses supporteurs et termine à l’avant-dernière position de la conférence Ouest. Il quitte les montagnes du Colorado après une seule saison et se retrouve libre de tout contrat à 36 ans. Peu de personnes croient qu’il puisse encore aider un club MLS, mais lui se cherche un dernier challenge. Peu avant le début de la saison 2018, le Chicago Fire lui propose un essai. Celui-ci est concluant et lui permet de signer officiellement avec le « Feu ». Il retourne pour une deuxième fois en carrière dans la conférence Est en rejoignant la bande à Bastian Schweinsteiger. Fidèle à ses habitudes, il marque quatre buts en 23 apparitions et met un terme à sa longue carrière. Le directeur général du Fire de Chicago, Nelson Rodriguez, a que des bons mots envers lui : « C’est un joueur qui s’est montré à la hauteur des événements et qui s’est donc taillé une réputation en tant que meilleur finisseur dans l’histoire de la MLS. »

GordonChicago
Photo via MLS Soccer

Carrière internationale

Durant son parcours professionnel, Gordon a l’occasion de représenter son pays à deux reprises. Le 12 octobre 2012, les États-Unis affrontent Antigua-et-Barbuda ; il y dispute son premier match international et offre la balle de match à Eddie Johnson à la 90e minute. Malgré des débuts réussis, Alan Gordon ne dispute qu’un seul autre match avec sa sélection nationale. Les 17 minutes de la demi-finale de la Gold Cup 2015 face à la Jamaïque seront les dernières de sa carrière internationale (Défaite 2-1).

La machine à but des arrêts de jeu

Mais pourquoi un buteur comme Alan Gordon est-il si réputé en MLS ? Sa moyenne de quatre buts par saison n’est pourtant pas si impressionnante. C’est un buteur persévérant qui mouille le maillot dès qu’il rentre en jeu. En 2016, la MLS lui rend hommage et publie une compilation de ses buts marqués en fin de match. Nommée « Alan Gordon : STOPPAGE TIME GOAL-MACHINE. », cette vidéo représente bien la carrière de Gordo. Persévérant, il se fait un plaisir de marqué contre ses anciennes équipes.  Il a pour particularité de marquer la plupart de ses buts dans les arrêts de jeu. Depuis la saison 2000, le natif de Long Beach est le troisième meilleur buteur dans les arrêts jeu avec 7 réalisations, tout juste derrière Landon Donovan (10) et Chris Wondolowski (10).

Merci Gordo!

Au final, Gordo aura laissé sa marque en MLS. Ce buteur de 6 pieds 3 pouces (191 cm) excellait par son jeu de tête. Il n’était pas le plus prolifique mais il était apprécié par tous. Aurait-il été aussi performant qu’un Chris Wondolowski s’il n’avait pas subit autant de blessures tout au long de sa carrière? Peut-être, mais une chose est sûr, il était toujours enjoué sur le terrain et restera dans l’estime de plusieurs fans de la MLS. Même s’il a passé les plus beaux moments de sa carrière en Californie, il a également réjoui le public canadien de Toronto, les montagnards du Colorado et les habitants de la ville des vents à Chicago.

 

3 Replies to “Alan Gordon : #ThankYouGordo”

  1. Etant fan des LA Galaxy, Gordo est un joueur atypique que j’ai adoré, puis détesté, puis adoré détester, puis adulé.

    Juste pour compléter l’article, il faut savoir qu’une fois parti du club (après sa première période chez les Galaxy), le mec se faisait un malin plaisir de marquer contre nous alors qu’il était régulièrement critiqué pour être un finisseur très médiocre à LA. Je me souviens qu’il marque son seul but avec Chivas contre nous, qu’en 2011 il marque un doublé avec Toronto dont un but à la dernière seconde pour nous tenir en échec 2-2, et qu’avec San José il a marqué à plusieurs reprises des buts décisifs dans les dernières secondes contre nous (qu’il n’hésitait pas à célébrer sans retenue). Avec Steven Lenhart il faisait une paire d’attaquants détestables à San Jose, auto-surnommés les « bash brothers » (dommage de ne pas avoir un peu parlé de Lenhart dans un article sur Gordon, m’enfin vous ne suiviez peut-être pas la MLS à ce moment). Il fait d’ailleurs la meilleure saison de sa vie là-bas en 2012 (malheureusement c’était pas chez nous).

    Comme à LA on en avait marre de se faire victimiser par notre ancien joueur, on a appliqué une règle simple : « if you can’t beat him, buy him ». Après une saison et demie pas terrible chez les Quakes, Gordo revient à la maison et confirme son statut de super sub. Il a gardé une super image chez les supporters de LA grâce à cette deuxième période avec le club. Je regrette juste qu’il n’est jamais arrivé à marquer contre les Quakes, ça aurait eu de la gueule comme vengeance.

    Une anecdote marrante sur Gordo qui montre le côté décalé du personnage : quand David Beckham est arrivé au club, premier entraînement, il se présente à ses nouveaux coéquipiers. Gordo lui tend la main et lui dit « hey, I’m Alan Gordon. And YOU are? » (je crois que c’est rapporté par Grant Wahl dans son bouquin sur l’expérience Beckham en MLS).

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    1. Merci énormément pour ton commentaire !
      En effet son duo avec Lenhart était assez sympathique puisqu’il admis en interview que c’était vraiment un duo en dehors des terrains, ils partaient faire du surf ensemble les matins de match !
      On va sûrement rajouter tes anecdotes sur l’article. Il faut absolument que j’achète le livre de Grant Wahl, on m’en a tellement parlé. Encore une fois, désolé pour le retard de la réponse !

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