Orlando City SC : Une culture de la loose?

Orlando est l’une des risées de la ligue depuis ses débuts. N’ayant jamais réussi à accrocher une place en playoffs, le club commence à avoir une culture de la loose, chose rare en MLS. Malgré une vedette comme Kaka qui a disputé trois saisons avec le club, les Lions mauves ont toujours raté les séries éliminatoires avec l’une des pires défenses de la ligue lors de ses quatre premières saisons en MLS. Voici son histoire et ses nouveaux espoirs pour la saison 2019.

Des succès en divisions inférieures qui attirent

Le 4 mars 2010 est annoncée la création du Orlando City SC. Le club rejoint la USL pour la saison 2011 après un déménagement en provenance de Austin (Pour en savoir plus, écouter le podcast avec Jerome Cortinovis). En effet, le club Austin Aztex est déménagé à Orlando alors que le président Phil Rawlins et l’entraineur chef Adrian Heath suivent le club texan vers la Floride. Dès sa première saison à Orlando, les hommes d’Adrian Heath remportent la Coupe USL. Le club a alors dans ses rangs des joueurs comme Lawrence Olum, Kevin Molino ou bien Maxwell Griffin, désormais retraité, qui inscrit une dizaine de buts. Pour la saison suivante, James O’Connor rejoint l’organisation en tant qu’entraineur assistant-joueur. Le club fait encore très bien, mais se fait surprendre en playoffs par les Wilmington Hammerheads.

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Photo via USLSoccer.com

Lors de la saison 2013, le club accueille en prêt Dom Dwyer qui marquera à tout jamais le peuple violet. Il inscrit un total de 20 buts, dont un quadruplé en finale de USL pour permettre à son club de soulever sa deuxième Coupe en l’espace de trois saisons. Pendant ses trois premières années d’opération, Orlando fait ses preuves dans la troisième division américaine. Le club attire en moyenne 7 000 personnes au stade et il commence à y avoir des rumeurs concernant un saut en MLS dans la cinquième plus grande ville de Floride. Le 13 novembre 2013, l’annonce est officielle! Orlando City SC jouera en MLS à partir de la saison 2015. Orlando peut donc faire ses adieux à la USL lors de la saison 2014 et prépare pendant ce temps la transition vers la MLS en signant des joueurs à grand potentiel comme Tommy Redding ou Rafael Ramos. Pour son dernier tour de piste dans les divisions inférieures, les violets terminent à la première position, mais se font éliminer au premier tour par les Islanders d’Harrisburg City grâce à un but du français Antoine Hoppenot (désormais au Tampa Bay Rowdies avec un autre francophone, Yann Ekra). Alors qu’Orlando se dirige vers la MLS, la franchise USL est transférée à Louisville City FC qui perpétue l’héritage des Lions (À lire ici).

Pour sa saison inaugurale, Adrian Heath est conforté au poste d’entraineur-chef et peut donc bâtir l’effectif de zéro. Heath fait confiance à certains joueurs qu’il a connu dans le passé alors que des joueurs en provenance de la USL suivent le club vers l’élite. Comme dit plus haut, Tommy Redding et Rafael Ramos se voient offrir une promotion. Cependant, il y a également Tyler Turner, Darwin Ceren, Kevin Molino ou bien le fils de l’entraineur, Harrison Heath, qui signent un contrat MLS. Des joueurs comme Brek Shea ou Cyle Larin sont recrutés à travers repêchage et transfert, mais le plus gros coup du club est l’arrivée du brésilien Kaka. La légende vivante et Ballon d’Or 2007 apporte avec lui un énorme pédigrée et une « fanbase » latinoaméricaine importante. Un bon coup sportif pour l’organisation, mais surtout un excellent coup marketing.

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Photo via Orlando City SC

Pour son premier match de l’histoire dans l’élite, Orlando accueille la deuxième expansion MLS de 2015, le NYCFC dans un Citrus Bowl qui accueille ce soir-là pas moins de 62 500 personnes. Le match se conclut sur le score de 1-1 grâce à un but de Kaka dans les arrêts de jeu. Le club fait assez bien pour sa première saison, se battant pour les dernières places qualificatives aux playoffs. Malheureusement, ils terminent à la 7e place, tout juste derrière le Toronto FC. L’une des belles performances individuelles de la saison, Cyle Larin, se voit honorer du titre de rookie de l’année avec ses 17 buts en 27 matchs (5e meilleur buteur de MLS). Pour sa part, Kaka inscrit neuf buts et sept passes décisives.

Des espoirs, sans résultat

Pour sa deuxième saison en MLS, le club est un succès en dehors des terrains. Il attire la deuxième plus grande foule de la ligue en moyenne, mais malheureusement, il n’arrive pas à convertir le succès marketing en succès sportif. Comme la saison précédente, Orlando passe tout près d’une place en séries éliminatoires, à seulement un point de l’Union de Philadelphie. La saison est tout de même mouvementée, l’été à peine débuté, Adrian Heath est remercié et Jason Kreis prend la relève. Kaka est toujours aussi dominant avec neuf buts et dix passes décisives. Cyle Larin confirme sa première saison avec quatorze buts, tandis que le talent de Kevin Molino est enfin dévoilé au public avec ses onze buts et ses huit passes décisives. Bref, Orlando a l’une des meilleures attaques de l’Est mais également la pire défense de la conférence. Sans pilier défensif, le club n’arrive pas à se qualifier. Seul point positif, arrivé un peu après la mi-saison pour la somme de 1,6 millions (Un record à l’époque pour un transfert intra-MLS), Dom Dwyer réussit à inscrire quatre buts en douze rencontres, lui qui avait si bien animé la foule floridienne lors de son passage en USL. Orlando offre plein d’espoir à ses supporters avec une belle attaque, reste à savoir si la défense s’améliorera pour la saison 2017.

Pour la saison qui suit, les Lions mauves découvrent leur tout nouveau stade, le Orlando City Stadium qui est construit aux couleurs du club. Ce stade de 25 500 personnes est une merveille architecturale qui a coûté pas moins de 155 millions de dollars américains. Pour plusieurs, c’est finalement l’année d’Orlando City SC. Ils doivent impérativement se qualifier pour les playoffs afin d’immortaliser ce nouveau stade et de commencer à créer l’histoire de ce club si soutenu. Avec six victoires lors de ses huit premiers matchs, la saison commence très bien. Pour améliorer sa défense, le club fait confiance à deux nouveaux venus, Jonathan Spector et Scott Sutter. Malheureusement, malgré des débuts prometteurs, la défense ne s’améliore pas, tandis que l’attaque régresse avec le départ de Kevin Molino. Le club termine donc avant-dernier de l’Est et perd même 3-1 au quatrième tour de l’US Open Cup face au Miami FC, ancien club de NASL, désormais en NPSL.

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Photo via MLSSoccer.com

Les Lions mauves ont un grave besoin de renouveau à l’aube de leur quatrième saison. Le club échange trois espoirs du club (Rafael Ramos, Tommy Redding et Carlos Rivas) et vend sa pépite Cyle Larin au Besiktas d’Istanbul (Turquie). En contrepartie, Orlando reçoit quelques millions de dollars, mais accueille surtout la vedette américaine Sacha Kljestan en provenance des Red Bulls de New York. Les mauves recrutent également RJ Allen au poste de latéral droit, le latéral gauche Mohamed El Munir et les défenseurs centraux Lamine Sané et Shane O’Neill. Ces arrivées servent à reconstruire une défense qui n’a jamais vraiment eu de fondation. Les hommes de Jason Kreis se renforcent également au milieu avec l’ajout de Josué Colman et de Oriol Rosell tandis qu’en attaque, Justin Meram fait son arrivée en provenance du Crew de Columbus. Sur papier, Orlando semble avoir beaucoup de qualité, mais tout le monde se demande si la cohésion sera à la hauteur des attentes. Encore une fois, le club débute bien, mais s’effondre complètement par la suite. La défense bat des records avec un total de 74 buts encaissés en seulement 34 matchs. Jason Kreis est renvoyé à la mi-saison, alors qu’un ancien de la maison, James O’Connor, fait son retour en Floride. Les choses n’iront pas mieux pour lui, mais les dirigeants ont de l’espoir pour la saison 2019.

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Photo via Orlando City SC

Des renforts pour espérer de nouveau

Pour une rare fois en MLS, une franchise fait confiance à un entraineur provenant d’un club USL. Oui, James O’Connor est connu par le club ayant évolué sous les couleurs violettes vers la fin de sa carrière, mais avant tout, il vient de remporter la Coupe USL avec Louisville City FC. Sans grande vedette, le club gagne grâce à la force du collectif et grâce à la compétence de son entraineur. Grâce à lui, la capitale du Kentucky remporte une Coupe USL de brillante façon avec un excellent parcours tout au long de la saison et est même en route vers sa deuxième, avant son départ vers la Floride. Il sait comment motiver ses troupes et reste un entraineur à fort potentiel étant âgé seulement de 38 ans.
Encore une fois, pour la nouvelle saison, Orlando City SC a renouvelé son effectif avec pas moins de quinze départs pour treize arrivées. Dans ces treize arrivées, deux sont au poste de gardien de but, sept en défense, une au milieu de terrain et trois en attaque.

Les arrivées importantes sont le défenseur suédois Robin Jansson qui a évolué dans l’un des meilleurs clubs en Suède, le latéral gauche Joao Moutinho plein de potentiel en provenance du LAFC, le latéral droit Ruan en provenance du Barra FC au Brésil et le buteur canadien Tesho Akindele qui cherche à retrouver son niveau de 2014 (sept buts). Rajoutez à cela, le recrutement de deux joueurs de Louisville City FC, Kyle Smith et Greg Ranjitsingh, que l’entraîneur connait très bien et le club est prêt pour la saison 2019.

Toutefois, la plus grosse arrivée est celle du joueur désigné portugais Nani. Il vient à Orlando pour remplacer Kaka, toutefois Nani arrive en Floride avec lui aussi, un excellent CV. Le Portugais apporte avec lui, un prestige que peu de joueurs peuvent se vanter d’avoir avec un Euro remporté avec le Portugal, une Ligue des Champions et quatre championnats d’Angleterre gagnés avec Manchester United. Dès sa première titularisation, James O’Connor le désigne capitaine.

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Photo via Orlando City SC

À quoi s’attendre de 2019?

Avec toutes ces arrivées, Orlando a beaucoup de talent à l’attaque encore une fois cette saison avec un trio Nani, Dwyer et Mueller qui risque d’être l’un des plus dangereux en MLS. Toutefois, il y a encore des interrogations concernant la défense. En effet, dans les premiers matchs de la saison 2019, O’Connor ne semblait pas avoir trouvé une défense type avec pas moins de quatre défenses différentes en cinq rencontres. Résultat de cela, Orlando a encaissé huit fois lors de ses cinq premières rencontres. Le club a récolté seulement cinq points sur quinze possibles ayant joué trois matchs sur cinq à domicile. Cependant, il y a de l’espoir. James O’Connor a fait énormément travailler son effectif durant la présaison et cela risque de payer au fur et mesure que la saison avance. Lorsque les Lions mauves auront trouvé une constance en défense, le club sera très compétitif. Heureusement pour lui, plusieurs clubs de l’Est tardent à bien débuter leur saison.

Orlando fait pratiquement tout à la perfection depuis les débuts de la franchise en MLS. Si sur le terrain le club éprouve certaines difficultés, à l’extérieur de celui-ci, Orlando est un exemple à suivre avec l’une des meilleures affluences de la ligue, une belle présence médiatique à Orlando, des maillots qui se vendent très bien (Dom Dwyer étant le 18e maillot le plus vendu en 2018) et un tout nouveau centre d’entrainement qui est présentement en construction. Celui-ci pourra également accueillir l’équipe féminine (Orlando Pride) à l’avenir et risque d’être l’un des plus beaux aux États-Unis.

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Photo via Orlando City SC

La saison qui suit sera très importante pour Orlando. Les Lions mauves pourraient devenir un club étiqueté de perdant s’il termine encore une fois dans les bas-fonds du classement. Toutefois, ayant regardé plusieurs matchs de James O’Connor à Louisville, j’ai confiance en Orlando. Ils ont l’effectif pour se batailler en vue d’une place en playoffs, mais la défense devra faire encore mieux. Une fois que celle-ci sera à la hauteur des attentes, l’attaque pourra jouer plus librement. D’ailleurs, en ce début de saison, la défense floridienne a déjà eu un match référence. Contre les Red Bulls de New York, Orlando a réussi à s’imposé 1-0 à l’extérieur dans un stade où très peu d’équipes arrivent à récolter les trois points. Orlando a tenu bon et a su être réaliste sur l’une de ses seules occasions de la rencontre. Il y a de l’espoir pour la saison 2019, mais est-ce que l’espoir restera tout au long de la saison ou l’organisation cédera comme lors des précédentes campagnes? À voir.

4 Replies to “Orlando City SC : Une culture de la loose?”

  1. Bonne continuation à Orlando, ce serait bien pour eux d’accéder aux playoffs. Louisville est la ville la plus peuplée de l’état mais ce n’est pas la capitale du Kentucky (Frankfort).

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