Julian Green : Die American

Né à Tampa Bay sous le soleil de Floride, d’un père américain et d’une mère allemande, Julian Green ne s’est pas éternisé aux Etats-Unis. Intégré dans le club amateur du FC Miesbach (en 2006) puis au SG Hausham Jugend (à partir de 2006) jusqu’en 2009, le germano-américain débarque en Bavière en intégrant, à seulement 15 ans, le centre de formation du Bayern Munich.

Des débuts compliqués jusqu’à l’ascension

Malgré son potentiel, Julian Green ne s’impose pas dans l’effectif. À l’époque, c’était Stephan Beckenbauer était à la tête de l’équipe de jeunes (malheureusement décédé aujourd’hui à l’âge de 46 ans d’une tumeur au cerveau) et il ne lui laisse pas sa chance. D’autres sont jugés plus talentueux au même âge, du moins dans leur catégorie (notamment Julius Davies, aujourd’hui sans club, Patrick Weihrauch, pensionnaire de Bundesliga 2 au Arminia Bielefeld et Alessandro Schöpf, joueur de Schalke 04). Sa première saison se résumera donc à 30 minutes de jeu avec un petit but lors de la victoire 2-0 face au Francfort Eintracht.

Cependant, les concurrents de Julian Green quittant les U17, Stephan Beckenbauer décide d’accorder sa confiance à Julian malgré le manque de temps de jeu la première saison. Une bien belle idée puisque lors du premier match, le 14 août 2011, le SGV Freiberg U17 se fait crucifier par un doublé du Kid (surnom donné au joueur).
C’est le début du renouveau. Sur les 25 matches qu’il jouera cette saison avec les U17, Julian Green sera titulaire 24 fois et marquera la bagatelle de 17 buts sur l’exercice 2011-2012 en B-Junioren Bundesga Süd/Südwest. Il s’apprête à monter en grade en allant chez les U19.

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Julian Green et son père. Photo via Twitter

Nouvelle équipe, nouvelle ligue, nouveau coach et peau neuve pour notre jeune Américain.

Marc Kienle (actuel directeur sportif de Stuttgart II), entraîneur des U19 à l’époque, décide de le mettre systématiquement dans le onze de départ. Julian est alors positionné ailier droit et délivre pas moins de quatre passes décisives sur cinq matches. A chaque rencontre, Green confirme et le coach l’essaye à différents postes comme milieu droit, milieu offensif, avant-centre mais les résultats sont moins impressionnants, le natif de Tampa Bay étant vraiment plus à l’aise sur les côtés. Il terminera la saison avec 28 matches, dix buts et six passes décisives.

Parallèlement, le Bayern Munich vit sa meilleure saison depuis 2001, et encore, Jupp Heynckes et la génération dorée de la Mannschaft, le duo Robbery (surnom donné au tandem Franck Ribéry et Arjen Robben), viennent de réaliser un triplé historique, DFB Pokal, Bundesliga et Ligue des Champions. Le board du Bayern annonce que Pep Guardiola prendra les rênes du club bavarois la saison prochaine. Une occasion en or pour Julian Green, qui pourrait lui permettre de viser plus haut.

2014 : entre rêve et désillusion

Encore une étape à franchir cependant pour le jeune américain avant de jouer sous le coach catalan. Green monte en grade en s’installant titulaire indiscutable sous le regard bienveillant du coach du Bayern Munich II (qui n’est d’autres que Erik Ten Hag, actuel entraîneur de l’Ajax Amsterdam), où il brille en marquant dix buts et trois passes décisives le tout en seulement dix matchs.

Le 8 novembre 2013, il signe son premier contrat professionnel avec le Bayern, récompense d’une régularité exemplaire pour son âge. Ce mois de Novembre 2013 est sûrement le meilleur, sur le plan émotionnel, qu’a pu vivre Green. Le petit américain est appelé par Pep Guardiola et passe cinq jours au sein de l’équipe A, véritable signe d’accomplissement après quatre années de constante ascension. Sur le banc, il ne disputera pas le match contre Eintracht Braunschweig mais trois jours plus tard, direction Moscou pour un match de qualification. Le Bayern maîtrise, mène 3-1. Guardiola le fera rentrer à la 88e pour deux petites minutes de jeu : ce sont les premiers pas de l’Américain en Ligue des Champions.

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Photo via Münchner Merkur

Sans avoir trop sa chance, Julian Green revient avec la seconde équipe du Bayern où il sera encore auteur des belles performances (huit matches, cinq buts, trois passes décisives). Champion d’Europe, le Bayern de Pep Guardiola doit maintenant poursuivre une suprématie mondiale lors de la Coupe du Monde des clubs au Maroc. Coup du destin, Arjen Robben se blesse au dernier moment, et le technicien catalan rappelle Julian Green dans l’équipe A.

Sans trop de surprise, Le Bayern remporte sa première Coupe des Clubs en maîtrisant facilement le Raja Casablanca 2-0. Julian Green ne jouera pas une seule minute. Il terminera sa saison avec “seulement” 2 passes décisives en 5 matches. C’est au niveau de l’équipe deux que sa saison aura été bonne avec un total de 23 matches, 15 buts et 8 passes décisives. En décembre 2014, Il aura même le mérite d’être nominé dans les 40 meilleurs joueurs de moins de 21 ans (Golden Boy) sans avoir pu accrocher le podium.

Au niveau international, Julian Green tape dans l’œil des sélectionneurs de ses deux équipes nationales. En effet, d’abord sélectionné avec les U16 de l’Allemagne (le 15/02/11, buteur et victoire 4-0 contre Chypre), il est appelé par un certain Jürgen Klinsmann en 2014 après avoir joué un petit match avec les Etats-Unis (victoire 4-2 contre les Pays-Bas et buteur le 11/09/12), un coach allemand oui, mais sélectionneur de l’équipe Nationale des États-Unis. À l’approche de la Coupe du Monde, Julian Green sait qu’il n’a sans doute pas les armes pour être un prétendant sérieux dans les papiers de Joachim Low (sélectionneur de la nationalmannschaft depuis 2006) et doit officialiser sa nationalité auprès de la FIFA. Le 18 mars 2014, Julian Green devient donc officiellement américain. Il déclara au micro d’ESPN “ Je suis né en Floride et mon père vit toujours là-bas, j’ai donc de profondes racines aux États-Unis. Je suis très fier de représenter les États-Unis”.

Jerry Green a accordé lui aussi une interview à ESPN expliquant comment s’était déroulé le choix de son fils. Il dira que Julian a trouvé une atmosphère familiale aux États-Unis, il a toujours été proche des gens. Mais surtout, un certain Clint Dempsey avait remis personnellement son maillot à Julian Green, ce qui ne laissa pas indifférent le Kid’.

Alors que le Bayern achève sa saison 2014 avec le doublé (Bundesliga – DFB Pokal), Julian Green est sacré champion de Regionalliga Bavière avec l’équipe 2. La consécration arrive cependant le 22 Mai 2014, lorsqu’il est retenu par Klinsmann pour participer à la Coupe du Monde 2014. Le sélectionneur se justifie, en disant que “ C’est l’un des plus grands talents du football européen actuellement. Nous ne cherchons pas seulement Julian pour la Coupe du monde de cet été, nous nous tournons évidemment vers l’avenir comme les Jeux Olympiques de 2016 et la Coupe du monde 2018. Son engagement aux États-Unis est un pas en avant” dans un communiqué vidéo publié par la Fédération américaine de football.

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Photo via The Epoch Times

Le 30 mai, la FIFA fait un focus sur le jeune joueur avec une petit interview de 2 minutes… Ironiquement en allemand.

Direction le Brésil donc, pays du football pour représenter les États-Unis. Avec un jeu plutôt alléchant, les USA s’imposent 2-1 face au Ghana, se font égaliser dans les dernières secondes par le Portugal (2-2) et perdent 1-0 face aux futurs champions du monde (L’Allemagne). Ils sortent du groupe mais Julian Green n’a pas disputé 1 seule seconde des 3 rencontres.
Les joueurs de Klinsmann affrontent en huitième la Belgique. 0-0 au terme du temps réglementaire. Les diables rouges passent la deuxième et marquent par 2 fois dans la première mi-temps de la prolongation (De bruyne 93’, Lukaku 105’). Klinsmann sent le vent tourner et décide de faire rentrer Julian Green pour le dernier quart d’heure. Comme un symbole, c’est lui qui sonne la révolte avec un joli but qui ne sera pas suffisant. Julian Green devient à 19 ans et quelques semaines le plus jeune buteur de l’histoire des États-Unis dans ce tournoi.

Le résumé de USA – Belgique :

Désenchantement

Retour à Munich pour notre kinder. Julian Green ne se sent pas bien, peut-être ne ressent-il pas assez de reconnaissance de la part des cadres du Bayern ? Personne n’a vraiment su et le joueur reste, très discret, ne tenant pas à répondre aux différentes questions sur sa situation. Il sera prêté à Hambourg pendant toute la saison, mais l’entraîneur Mirko Slomka qui l’avait convaincu de se diriger vers le nord, se fait limoger. Les choses se compliquent, Josef Zinnbauer, entraîneur du club (avant d’être licencié en mars 2016) ne le fait jouer qu’à cinq reprises et ne veut le voir qu’avec la réserve du HSV. Pire, Hambourg veut le prêter dès décembre dans un autre club (le TSV 1860 Munich), rival du Bayern mais surtout historiquement bien moins bon que ce dernier. Green refuse catégoriquement, Le Bayern s’oppose aussi au prêt car cela n’était pas prévu dans le contrat. La saison 14/15 est clairement à oublier pour notre américain.

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Photo via Hamburger SV

L’année suivantee passe mieux: statistiquement, il réalise 28 matches, dix buts et quatre passes décisives, avec la réserve du Bayern Munich,  très honorable mais trop peu pour un joueur qui malgré une précédente saison décevante, est toujours vu comme un grand espoir. Il ne disputera que 30 minutes en équipe A (le 9 décembre 2015, victoire 2-0 contre le Dinamo Zagreb en ligue des champions). Pep Guardiola quittant le Bayern, c’est Carlo Ancelotti qui prend les commandes. Le club organise sa tournée estivale International Cup, une de ses nombreuses compétitions amicales ayant lieu aux Etats-Unis pendant la trêve. Pour la plupart des entraîneurs, c’est l’occasion de faire souffler les cadres, de mettre en avant les jeunes, de tester les tactiques. A Charlotte, Julian Green est aligné face à l’Inter Milan. (Les superstitieux apprécieront, arrivée de Julian Green au Bayern, victoire en finale de ligue des champions de l’inter contre le Bayern la même année), l’américain signe un triplé et permet au Bayern de s’imposer 4-1. ( Son triplé : https://www.youtube.com/watch?v=trlUfZxDMIg). Il fait bonne impression et  Carlo Ancelotti dira qu’“ Il travaille bien, il fait une bonne préparation. Je pense qu’il sera encore important pour nous cette saison ».

Oui mais, s’il est souvent appelé par “Il mister” cette saison, il n’a presque pas l’occasion de prouver son talent chez les grands : Deux matches en DFP Pokal avec un but contre Augsburg en (le 26 octobre 2016, victoire 3-1) etc’est tout. Autre malheureux coup du destin, une déchirure musculaire le tient éloigné des terrains pendant le mois de décembre. En recherche d’un nouvel élan, d’un nouveau challenge, Julian Green est donc vendu l’hiver à Stuttgart, alors pensionnaire de la Bundesliga 2,pour 300 000€. Il débute titulaire dans un match à priori simple (Stuttgart 3e, se déplaçait à St Pauli, 18e à l’époque) mais c’était sans compter la grosse ambiance du Stade Millerntor et son retour de blessure qui pourrait affecter le joueur.Hannes Wolf, entraîneur de Stuttgart (entraîneur actuel d’Hambourg) décide de le changer à la mi-temps. Pari gagnant, car c’est Carlos Mané, le remplaçant qui marque le but de la victoire (1-0). Benjamin Pavard et Stuttgart sont sacrés champions de Bundesliga 2 et rejoignent l’élite.

Julian lui, malgré son jeune âge, sait qu’il a déçu en réalisant une seule passe décisive en dix matches chez les Blanc et Rouge. Il s’exprimera plus tard dans une interview accordée au club Greuther « Nous avons gagné la promotion. Ce fut une bonne année, mais cet été, mes chances de faire partie de l’équipe n’étaient pas très bonnes. C’est pourquoi j’ai rejoint Furth », a-t-il déclaré.”

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Photo via Sports Illustrated

En effet, Julian Green ne sentira pas l’odeur de la Bundesliga pour la saison 2017/18. Stuttgart décide de le prêter dans la foulée à Greuther Fürth, pensionnaire de Bundesliga 2. Ce rétropédalage permet au joueur d’enchaîner les matches en équipe A, en étant titulaire. Cependant, la méforme du club (qui lutte pour la relégation) l’empêche de s’exprimer pleinement offensivement. Le jeune joueur espérait revenir à Stuttgart et montrer ce qu’il valait. Finalement, Greuther fürth l’achète pour 200.000€.

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Photo via Spiegel Online

Le renouveau

Aujourd’hui la situtation du club est plus confortable ; être dans le ventre de mou de la Bundesliga 2 est toujours mieux que de lutter pour le maintien. Néanmoins, l’équipe reste assez physique et défensive, ce qui ne permet pas encore une fois à notre américain de pouvoir mettre en valeur ses stats. Au niveau de l’équipe nationale, lorsque Bruce Arena reprend les États-Unis, il écarte l’américain jusqu’à être démis de ses fonctions. À partir de là, Green est récompensé d’avoir parcouru ce chemin semé d’embûches sans se plaindre, pusiqu’ il est rappelé par Dave Sarachan, alors sélectionneur. 30 petites minutes de jeu contre la Bolivie (le 29/05/18) puis, le 9 juin de cette même année où Julian Green inscrit le premier but des États-Unis contre l’équipe de France, future championne du monde (1-1 résultat final).

De retour en Allemagne, le club a dû se renforcer offensivement pour éviter de répéter les mêmes erreurs que par le passé. Malgré son CV impressionnant(4 ans au Bayern, passé par Hambourg, Stuttgart, buteur avec les USA au Brésil en Coupe du Monde), les fans de Greuther préfèrent Keita Ruel, attaquant avec 10 buts au compteur cette saison. Julian Green reste dans l’ombre mais n’a pas encore dit son dernier mot.

Et maintenant ?

Longtemps espoir du Bayern, Julian Green n’a pas confirmé dans le club de la bavière. De buteur à la coupe du monde, nominé dans les Golden Boy en 2014, l’américain a éclos très jeune et n’a pas réussi à obtenir la confiance des coachs en passant par plusieurs grandes écuries sans vraiment s’imposer. On peut sans doute affirmer que ses expériences (que l’on peut qualifier “ratées”) lui servent et lui serviront pour l’avenir. Il n’a que 23 ans et pleins de promesses pour le futur. Le fait de vouloir de la stabilité en allant en division 2 montre une certaine maturité.

Aujourd’hui le joueur est heureux, titulaire indiscutable, il ne brille pas autant qu’avec les équipes réserves du Bayern mais fluidifie et apporte un plus à Greuther. Son objectif est de revenir en Bundesliga en s’imposant dans un club en course pour les compétitions européennes. Il est conscient du chemin qu’il lui reste à faire mais le fait de savoir que l’équipe nationale peut compter sur lui, lui donne un coup de boost et peut-être que, dans les deux ans à venir, nous reverrons Julian Green briller en Allemagne voir en Europe.

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