Retour vers le Futur #1 : Chivas USA, Le Fútbol Mexicain au Pays du Soccer

Avant le LAFC, un autre club a tenté de partager Los Angeles avec le LA Galaxy. Le Chivas USA avait pour ambition de représenter les communautés latino-hispaniques aux États-Unis. Mais entre mauvais résultats et scandales, sa courte histoire a été mouvementée.

La création du club

Après avoir racheté le mythique club des Chivas de Guadalajara en 2002 et souhaitant exporter la marque Chivas à l’étranger, Jorge Vergara commence par affronter les MLS All Stars en 2003 et se montre intéressé à créer une franchise MLS. Cette équipe qui s’appellerait Chivas USA porterait les mêmes couleurs et le même logo que le club de Guadalajara et devrait s’implanter soit à Los Angeles soit à San Diego. Ce sera finalement LA qui sera retenu pour recevoir la nouvelle franchise en raison notamment de sa forte population hispanique. L’idée du Chivas USA consiste à exporter la culture mexicaine aux Etats-Unis en proposant un football agressif et séduisant comme l’aiment les hispaniques mais aussi reproduire l’ambiance du Jalisco (ancien stade du Chivas de Guadalajara) avec notamment une offre de nourriture et boissons adaptées au public hispanique et enfin faire jouer une majorité de joueurs d’origine mexicaines en prenant exemple sur son ainée qui n’aligne que des joueurs mexicains. Don Garber trouve le projet intéressant et en 2004 la nouvelle franchise est lancée avant de faire ses débuts dans la ligue en 2005.

S’en suivent de longs mois de “camp” sous la houlette de Thomas Rongen néerlandais passé par NE Revolution, DC United et l’USMNT U20, afin de former une équipe composée essentiellement de joueurs sud-américains dont d’anciens joueurs du Chivas Guadalajara comme Ramon Ramirez, la légende mexicaine. Mais pendant la préparation, de nombreux problèmes surviennent comme des blessures ou encore l’annonce surprenante de Ramon Ramirez de quitter le club avant même le début de la saison pour des problèmes de visa non délivrés aux…nourrices de ses enfants.

Finalement, la situation de la star mexicaine finira par rentrer dans l’ordre et le Chivas USA disputera une première saison compliquée avec seulement 4 victoires et une dernière place dans la ligue. En revanche, côté tribunes, c’est en moyenne 16.600 spectateurs qui viennent au Home Depot Center, stade partagé avec le LA Galaxy, pour encourager leur équipe ce qui est plutôt prometteur.

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Photo via Marca

Le début de l’ascension

Pour la deuxième saison du club, suite au licenciement de Rongen et au départ de Westerhof pour le Chivas mexicain, Bob Bradley prend le poste de manager et le Chivas commence enfin à remporter des matchs accrochant même les playoffs grâce à sa troisième place à l’ouest, mais s’inclinera contre le Houston Dynamo en demi-finale de conférence. Cette saison-là, l’affluence avoisine les 20.000 spectateurs et le projet semble enfin décoller. Pour sa troisième saison, emmené par un grand Brad Guzan, Chivas USA réalisera une bonne saison et se classera premier à l’ouest, le jeu proposé est alléchant et on pourrait enfin se dire que les Chivas ont réussi à exporter leur club aux USA. Pourtant, malgré les bons résultats, l’affluence a pris un coup avec 14.300 spectateurs en moyenne. Seul le SuperClasico contre le LA Galaxy remplit le stade. La saison suivante, en 2008, les Chivas joueront devant un nombre équivalent de supporters mais n’arriveront toujours pas à passer le premier round des playoffs, se faisant éliminer cette fois-ci par le Real Salt Lake City. Enfin, en 2009, après s’être à nouveau qualifié pour les playoffs, le Chivas USA sera défait par leur ennemi juré le LA Galaxy pour ce qui sera leur dernière apparition à ce niveau de la compétition.

La descente aux enfers

Cette élimination en demi-finale de la conférence Ouest en 2009 contre le LA Galaxy marquera la fin des bonnes performances des Chivas en MLS. Les saisons suivantes, le club retombera dans le bas du classement, l’affluence qui s’était stabilisée aux alentours de 15.000 spectateurs recommencera à chuter et de nombreux problèmes éclateront en interne. A partir de 2011, il n’y avait plus que deux joueurs mexicains dans l’effectif du Chivas USA, Antonio Cué et son frère Lorenzo, copropriétaires du club, militent pour continuer d’avancer sur un modèle permettant d’inclure des joueurs de différentes nationalités . Mais Jorge Vergara, voulait faire des Chivas USA le prolongement du club de Guadalajara. A l’été 2012, Vergara rachète les parts d’Antonio Cué et lance un processus “d’hispanisation” du club. L’espagnol devient la langue officielle du club et tous les salariés ou joueurs ne parlant pas espagnol sont priés de quitter le club comme ce fût le cas pour le milieu Français Laurent Courtois. Dans le même temps, de nombreux joueurs mexicains ou de descendance mexicaines sont intégrés au club. Certains employés vont même jusqu’à porter plainte contre Chivas USA pour discrimination. D’un point de vue sportif, les résultats sont mauvais et le club fait appel à des joueurs de la réserve des Chivas de Guadalajara (D2 mexicaine), en vain. Le spectacle en tribune est consternant, Vergara est accusé d’être un “assassin du football” et l’affluence moyenne ne cesse de baisser pour atteindre les 7.000 spectateurs lors de la dernière saison du club en MLS. L’équipe perdra progressivement son sponsor maillot et aura de plus en plus de mal à trouver un diffuseur local pour ses matchs.

Finalement, Vergara reçoit une proposition de rachat de la part de la commission de la MLS à hauteur de 70 millions de dollars qui mettra donc fin à l’aventure Chivas USA à l’issue de la saison 2014. Don Garber dressera dans le LA Times une liste non exhaustive des raisons de l’échec de ce projet. Premièrement, le fait de ne pas posséder son propre stade a fait de Chivas un club visiteur même lorsqu’il jouait à domicile puisqu’il ne touchait pas toutes les recettes. La relation du club avec les Chivas de Guadalajara aurait dû lui permettre de se développer mais c’était sans compter sur la passion des mexicains pour le football : le Chivas de Guadalajara est un club autant aimé que détesté et même exilé aux Etats-Unis, un supporter du Club America ne revêtira pas un maillot du Chivas USA. Le club mexicain des Chivas a la particularité de n’avoir eu que des joueurs ayant un passeport mexicain dans son histoire et cela n’est bien sûr pas applicable en MLS en raison des règles sur le nombre de joueurs étrangers. Enfin, le club aura toujours eu du mal à se détacher du voisin ; le LA Galaxy. Partageant les mêmes installations et ayant vu beaucoup de joueurs passés par les deux clubs comme Alan Gordon (Article à lire sur lui ici) ou Ante Jazic, le Chivas USA aura eu du mal à se créer sa propre identité. De plus le Chivas USA n’aura jamais vraiment inquiété le LA Galaxy qui a toujours considéré les San Jose Earthquakes comme véritable rival. Vergara l’avouera lui-même : “Le concept de Chivas USA n’a pas fonctionné.” De son côté, la MLS ne comptait pas laisser les fans du Chivas USA trop longtemps orphelins…

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Photo via Front Office Sport

L’héritage du Chivas…

Lorsque la MLS a racheté le Chivas USA l’idée était de rapidement revenir avec un club destiné aux communautés latinos et hispaniques de la Californie mais mieux pensé que le Chivas USA. C’est ainsi que voit le jour le Los Angeles FC qui réalisera une très bonne première saison et qui, pour l’instant, caracole en tête de la MLS avec un stade plein et une ambiance créée, entre autres, par la Black Army 1850 et le District 9 ultras, anciens groupes de supporters… du Chivas USA.

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