L’Impact du College Soccer sur le Soccer Féminin Américain

L’équipe nationale de soccer des États-Unis est reconnue comme la nation la plus redoutable du soccer féminin. Elle a remporté en 1991 la toute première édition de la Coupe du Monde qui avait lieu en Chine. Depuis sa création, sur les sept dernières éditions, ce sont quatre finales atteintes pour trois remportées ainsi que trois troisième places. Elles ont toujours atteint le dernier carré de la compétition. En 2015, elle devient la nation la plus titrée de la Coupe du Monde en remportant ce troisième trophée. Toutefois, son incroyable renommée ne s’arrête pas qu’à la coupe du monde. Les Jeux Olympiques vont les faire entrer un peu plus dans l’histoire de ce sport lorsqu’en 1996, le soccer féminin fait son apparition aux JO pour la première fois. Bis repetita, les américaines remportent cette première édition. C’est le début de leur domination avec cinq finales consécutives pour quatre remportées.

Mais comment un tel pays a pu autant dominer le soccer féminin mondial ? Cela n’est pas dû aux ligues professionnelles arrivées bien tardivement. Les Etats-Unis ont misé sur une politique du sport à l’école qui est à l’origine de ce succès. Alors que la discipline tarde à se développer en Europe et dans le reste du monde, ce choix a permis aux Américains d’avoir un temps d’avance sur leurs concurrents.

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Photo via the18.com

La politique du sport à l’école, début de l’accessibilité du soccer aux femmes et de la formation

Les Etats-Unis sont connus pour être l’une des plus grandes nations sportives en misant sur une politique de la promotion du sport homme/femme par l’école. Une politique qui a porté ses fruits car elle est devenue maintenant culturelle. Cela a permis d’offrir des structures adéquates pour permettre la pratique de chaque sport. Selon les écoles, on peut se retrouver dans un environnement presque professionnel. Les installations d’il y a 20-30 ans ont bien changé depuis mais voici aujourd’hui dans quels environnements les athlètes peuvent pratiquer leur sport :

Les moyens mis en place n’ont rien de comparable à ce que l’on peut connaître en France au niveau amateur. Le soccer étant considéré pendant une longue période comme un sport dédié aux femmes, cela les orientaient naturellement vers cette discipline. Tout est mis en place pour accueillir les joueuses dès le plus jeune âge et ainsi entamer leur développement.

Alors que des pays comme la France se sont orientés vers une politique du sport en club, ce choix amène un contact moins direct pour inciter la jeunesse à faire une activité sportive.  C’est pourquoi il y a donc peu de pratiquantes, des joueuses qui commencent le soccer sur le tard, ainsi qu’un manque d’infrastructures, de moyens financiers et humains mis en place pour que cette discipline soit autant accessible aux femmes qu’aux hommes. Si un club décide d’ouvrir une section féminine, il doit faire face à toute ces contraintes que beaucoup ne peuvent se permettre. Ces raisons font que pendant de longues années, il y a eu un fossé entre les Etats-Unis et le reste de ces nations qui ont négligé l’importance du soccer dans le sport féminin. Pour comparer, la Fédération Française de Football ne comptait en 2011 que 51 000 licencié féminin alors que les Etats-Unis en High School (lycée) comptaient 361 556 pratiquantes, soit sept fois plus qu’en France. En ajoutant l’Elementary School (équivalent de l’école primaire française) et le Junior High School (équivalent du collège français), le nombre de joueuses de soccer est encore plus important. Les Etats-Unis ont créé un environnement leur permettant d’avoir un réservoir important de joueuses formées dès le plus jeune âge.

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Photo via Deseretnews.com

Mais la vertu de cette politique ne s’arrête pas jusqu’au lycée. Elle prospère jusqu’à l’université qui s’est adaptée pour permettre aux athlètes de ne pas renoncer à leur sport pour se concentrer dans leurs études supérieures. Alexandre Castaing qui a été notre invité pour le premier live de Culture Soccer sur le College Soccer nous explique comment est organisé l’emploi du temps d’un athlète universitaire (à partir de 24 min). Alors qu’en France, il est compliqué de jongler entre le sport et les études, un choix de mettre un terme à sa carrière sportive est mis sur la table. Les Etats-Unis ont réussi à s’affranchir de cette barrière. Lorsque le passage à l’université approche, une sélection se fait où les meilleures joueuses accéderont aux plus hauts niveaux du College Soccer. C’est le début de l’histoire de l’USWNT.

Le Women’s College Soccer, fondateur du succès de l’USWNT

Le College Soccer a eu un rôle majeur dans le succès de l’équipe nationale féminine des Etats-Unis. La Coupe du Monde Féminine et les Jeux Olympiques de Soccer Féminin étant à leurs débuts, la discipline était encore purement dans l’amateurisme le plus total. Pendant de longues années, la seule entitée qui permettait aux joueuses de s’entraîner dans des conditions de professionnalisme avec un statut amateur était la NCAA. Le championnat universitaire de soccer féminin de la NCAA a été créé en 1982. Le format du championnat est calqué sur le même modèle que celui des hommes qui existe depuis 1959. Durant leur carrière universitaire, ces jeunes étudiantes-athlètes s’entraînaient tous les jours. La saison officielle durait quatre mois à partir d’Août pour finir en Décembre et se suivait d’une off-saison en printemps. Jusqu’à l’émergence des premières ligues professionnelles féminines dans le début des années 2000, les joueuses sélectionnées pour représenter l’USWNT venaient quasiment toutes du College Soccer. Vivre une telle compétition était nouveau pour elles mais le championnat universitaire les avait déjà préparé à supporter de tel événements :

  • Elles avaient l’habitude de s’entraîner dans des conditions professionnelles et dans des infrastructures de qualité
  • Elles connaissaient le succès au sein de leur programme universitaire
  • Elles avaient un avant-goût des médias et de la pression médiatique
  • Jouer des matchs télévisés n’était pas nouveau
  • Elles avaient régulièrement l’habitude de jouer de grands matchs universitaires et devant de grosse foules
  • Elles se confrontaient aux meilleurs joueuses du pays
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Photo via 12thman.com

Les autres nations ne possédaient pas de telles conditions pour préparer leurs joueuses. Cela a été un avantage non négligeable durant toutes ces années où le soccer féminin était sous développé. C’est ce qui a permis à l’USWNT durant toute ces années d’être en haut de l’affiche.

Le College Soccer formateur de stars

Avec l’arrivée de la National Women’s Soccer League (NWSL), la NCAA ne fournit plus directement de joueuses à l’équipe nationale sauf exception. Bien que la NWSL ait pris le relais, le College Soccer reste le chemin préférentiel des joueuses pour devenir professionnelles. Toutes les stars américaines sont passées par là et encore aujourd’hui c’est ici qu’elles éclosent aux yeux de tous. Voici quelques célèbres joueuses qui ont emprunté cette trajectoire :

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Photo via OrlandoCitySC.com

Alex Morgan

Attaquante indéboulonnable de l’USWNT, joueuse star mondialement reconnue d’Orlando Pride (dont nous vous parlions ici), Alex Morgan a évolué de 2007 à 2010 à l’University of California, Berkeley dans la Bay Area de San Francisco. Elle a joué pour un programme habitué à être parmi les 25 meilleurs équipes du pays. Pendant ces quatre années, elle fait trembler les filets de ses adversaires 45 fois pour devenir la troisième meilleur buteuse de l’histoire du programme. Son nom est cité dans plusieurs statistiques du Record Book (Livre des records) de son programme. Elle a connu sa première sélection en équipe nationale en 2010 lors de sa dernière année universitaire (année Senior) et a connu auparavant, en 2008, sa première sélection avec les moins de 20 ans lors de sa seconde année universitaire (année Sophomore). C’est pendant son passage à l’université qu’elle va commencer à se faire un nom.

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Photo via USA Today

Hope Solo

Célèbre gardienne des Etats-Unis et controversée suite à des affaires qui lui a valu de prendre sa retraite sportive, elle a joué pour l’University of washington à Seattle de 1999 à 2002. C’est lors de ces années que le programme va connaître sa plus belle période avec une deuxième place atteinte dans un des rankings nationaux (classements). Tout comme Alex Morgan, elle aussi a marqué de son empreinte le programme. Son nom est gravé dans plusieurs catégories statistiques du Record Book de son programme avec une première place sur la moyenne de but encaissés par match sur une saison et le nombre d’arrêts réalisés pendant toute sa carrière à l’University of Washington. Elle a joué pour toute les sélections nationales chez les jeunes et va connaître sa toute première sélection avec les adultes en 2000 lors de sa deuxième saison universitaire où elle est ensuite convoquée régulièrement durant sa carrière universitaire.

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Photo via NWSLsoccer.com

Tierna Davidson

C’est l’une des plus récentes joueuses venant du College Soccer qui a joué pour l’équipe nationale durant sa carrière universitaire. Défenseure, Tierna Davidson a évolué pour la célèbre école de Stanford University de 2016 à 2018 dans la Bay Area de San Francisco. Lors de sa troisième année universitaire (année Junior) en 2018, elle va connaître ses toutes premières sélections avec l’USWNT où elle marque son premier but contre le Chili le 31 août. L’année précédente, en 2017, elle remporte le titre national de D1 avec les Cardinals. Elle a aussi connu quelques sélections nationales chez les moins de 20 ans. Son année Junior terminée, elle choisit de ne pas effectuer sa dernière année universitaire pour se tourner vers le monde professionnel dans l’objectif de faire partie du groupe USWNT qui ira à la Coupe du Monde 2019 en France. Elle se présente donc à la NWSL Draft 2019 où elle est choisie en première position par les Chicago Red Stars

D’autres grandes joueuses ont pris cette trajectoire tel que Megane Rapinoe, Christen Press, Sydney Leroux et bien d’autres encore.

Le développement de la National Women’s Soccer League (NWSL) par le College Soccer

Tout comme la MLS, la NWSL base ses expansions en s’attaquant aux plus gros marchés de soccer à travers les Etats-Unis. Une méthode qui ne porte pas vraiment ses fruits car la ligue tarde à se développer. Elle n’a jamais dépassé de son histoire les 10 clubs et a même été réduite à neuf. Les affluences ne sont globalement pas aux rendez-vous ce qui refroidit les futurs investisseurs. L’engouement hommes-femmes (H/F) au niveau professionnel n’est pas comparable. Le soccer féminin de par son histoire est extrêmement lié à l’université, la NWSL ne peut donc pas réaliser ses expansions n’importe où dans le pays sans prendre en compte ce critère. Là où une expansion NWSL est un succès, il y a un fort intérêt pour le College Soccer féminin au niveau locale et/ou régional.

Quelques exemples :

  • Utah Royal :

Nouvelle expansion de la NWSL qui a débuté en 2018, elle a terminé l’année avec une affluence moyenne de 9466 par match avec un pic à 19 203 pour leur match d’ouverture. Un succès dans les tribunes qui n’est  pas vraiment une surprise quand on regarde l’état du soccer féminin dans l’Utah. Ce sport est très suivi dans la région et en particulier dans trois universités :

– Brigham Young University à Provo :

Le programme féminin de l’université est très populaire dans le pays. Il est régulièrement classé parmi les 25 meilleurs du pays chaque année. Les matchs sont régulièrement nationalement télévisés sur BYUtv. Le programme fait également partie des meilleurs affluences du pays. En 2015, il a été leader du pays avec une affluence moyenne de 3497 par match. Une à deux fois par an, le programme connaît des pics d’affluence proches des 6000. En 2017, la rencontre contre UCLA a attiré 5735 personnes.

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Photo via BYU Athletic

– The University of Utah à Salt Lake City:

L’université a vu son programme se terminer en 2018 avec une affluence moyenne de 1323 par match avec un pic à 2600. Ce sont des chiffres que l’on retrouve régulièrement depuis 2014 qui démontre que les femmes sont assez suivies. Leurs matchs sont régulièrement télévisés sur l’une des chaînes TV de la PAC-12 Conference puisque l’université en est membre.

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Photo via utahutes.com

– Utah Valley University à Orem :

Depuis que l’université a lancé son programme de soccer masculin en 2014, les filles ont connu un boom grâce à leur élan. D’une moyenne d’affluence de 504 en 2013, elles sont passé à 791 en 2014 puis à 1073 en 2015 pour enfin terminé l’année 2018 avec une affluence moyenne de 1143 dont un pic record à 3211. Chaque année l‘intérêt pour le programme féminin croît.

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Photo via Deseretnews.com

Ces 3 universités de l’Utah sont chaque année parmi les 25 meilleurs affluences de college soccer féminin et plus récemment parmis les 15 meilleurs en 2018. Leur situation géographique est un atout. En dehors de The University of Utah qui se situe dans la ville de Salt Lake City,  Utah Valley University et Brigham Young University sont seulement à 45 min de voiture ce qui en fait une place de choix pour qu’une franchise NWSL voit le jour.

  • Portland Thorns :

Comment expliquer un tel succès à Portland ? Des affluences et une ambiance à faire rêver pour tout ceux qui aimerait lancer un club de soccer féminin professionnel. Avec une affluence moyenne de 16 959 en 2018, les Thorns sont la 34ème plus grosse affluences des championnat Nord-Américain hommes et femmes confondus de quoi impressionner les observateurs du monde entier.

 

Mais pourquoi devrait-on être surpris d’un tel engouement ? Le soccer aux Etats-Unis regorge d’endroits inconnus du grand public où on vit pour le soccer. Ce n’est pas un hasard que la ville Portland se nomme la Soccer City USA. C’est au sein d’une université de la ville qu’on trouve une réponse aux succès des Thorns de Portland. L’University of Portland, une petite université d’un peu plus de 4000 étudiants qui respirent le soccer. On ne trouve pas d’égal dans le pays qui s’intéresse au College Soccer féminin. De 2005 à 2014, le programme est le leader national des affluences avec sa fan base d’ultras, la Villa Drum Squad. Ce groupe de supporters étudiants est réputé pour être la meilleure fanbase de soccer universitaire du pays. Beaucoup d’entre-eux sont des fans des Timbers et vis-versa. Un lien unique qui existe depuis de longues années entre l’université de la ville et le club professionnel. Le programme féminin est l’un des rares à avoir remporté au minimum 2 titres nationaux. Il figure à de très nombreuses reprises parmi les 25 meilleurs équipes du pays. De nombreuses joueuses passées par l’université ont représenté l’USWNT et ont eu une carrière professionnelle avec les Thorns de Portland. La plus célèbre d’entre-elles qui a joué pour l’université et la ville est l’attaquante canadienne Christine Sinclair qui a permis de remporter les deux seuls titres nationaux du programme en 2002 et 2005. Cela démontre à quel point la ville de Portland marque de son passage tout ceux qui passent par là.  C’est un environnement que l’on ne trouve nulle part ailleurs dans le pays. Si une expansion NWSL devait voir le jour à Portland, il n’y avait pas de doutes à ce que cela soit un immense succès. La Soccer City USA porte bel et bien son nom jusqu’à dans ses recoins les moins exposés.

  • North Carolina Courage :

L’État de la Caroline du Nord est une terre qui s’intéresse de près au soccer. Quasiment toutes les universités de l’Etat ont un programme de soccer masculin et féminin qui sont très prisés par les athlètes ce qui en font de forts réservoirs locaux. Le programme de soccer féminin le plus victorieux du College Soccer féminin se trouve en Caroline du Nord avec l’University of North Carolina at Chapel Hill qui a remporté 21 des 37 titres nationaux de NCAA DI existants. Les événements qui ont lieu dans la région attirent beaucoup de monde. Chaque fois que la College Cup a été organisé en Caroline du Nord, le stade faisait le plein et encore plus quand il s’agit des femmes.  En 2018, la College Cup féminine était de retour au Wakemed Soccer Park à Cary, stade où évolue l’équipe NWSL de North Carolina Courage. On a assisté à un record de plus 33 761 spectateurs sur le week-end soit plus que les demi-finales et la finale de l’US Open Cup (la coupe nationale américaine) qui ont réuni cette année-là 31 575 personnes. On ne trouve telle ferveur nulle part ailleurs pour de tels événements nationaux autour du soccer ce qui fait en fait une place choix pour la NWSL. Depuis l’arrivée des North carolina Courage en 2017, les affluences ont progressé d’une moyenne de 4389 à 5129 en 2018. Une autre preuve de cet intérêt croissant dans la région est que le pic d’affluence en 2017 de 7020 spectateurs est passé à 9505 en 2018 dans un stade avec une capacité de 10 000 places annoncées.

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Photo via NCCourage.com

Le College Soccer féminin peut effectivement être utilisé comme un indicateur pour avoir une idée de quelles expansions sont envisagées par la NWSL et lesquelles peuvent réussir car c’est un marché beaucoup plus sensible que celui des hommes et la ligue aurait tort de l’ignorer. Ses plus belles expansions ont toutes un fort lien avec le championnat universitaire.

La bataille entre la fédération et l’USWNT sur l’égalité des salaires expliquée par l’environnement du College Soccer

Si les Etats-Unis n’avaient pas le College Soccer, auraient-ils pu être aujourd’hui cette nation dominante du soccer féminin mondiale ? Très probablement pas et c’est pourquoi il peuvent se targuer d’une tel réussite. Alors que les hommes ne décollent pas aussi bien que souhaité, ce sont les femmes qui, pendant tout ce temps, ont pris le relais pour écrire la plus grande page de l’histoire du soccer américain. Encore aujourd’hui ce sont les femmes qui continuent à apporter du succès au pays. Ce pas que les hommes n’arrivent pas à franchir aurait le don d’exaspérer la fédération qui sous-paie ces joueuses par rapport aux hommes. Cette situation a amené à une bataille judiciaire pour l’égalité salariale entre l’USWNT et la fédération dont notre rédactrice Elodie Touzet nous résume la situation dans son article À Jeu Égal… Salaires inégaux : Le Combat de l’USWNT. On apprend notamment que les femmes rapportent beaucoup plus d’argent que les hommes qui à l’inverse en font en perdre. De plus on observe qu’il y a autant de monde pour les rencontres de l’USWNT que l’USMNT voir plus. À ce constat, une action en justice a été menée.

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Photo via New York Times

Il est étonnant qu’une telle situation voit le jour et qu’elle ne soit depuis pas encore réglée. La fédération américaine aurait-elle oublié dans quel environnement ont vécu toutes ces joueuses qui sont passées à l’université ?

Pour rappel, l’amendement du Title IX apparu en 1972 aux États-Unis interdit toute forme de discrimination sur la base du sexe dans les programmes d’éducation soutenus par l’État. Cet amendement, très présent dans le sport universitaire, fait qu’en raison du peu d’opportunités  afin que les femmes deviennent professionnelles et vivent de leur sport, elles se voient alors octroyer plus de bourses sportives. Elles ont également plus de programmes sportifs alloués. Les universités dépensent plus d’argent pour leurs athlètes féminins (hors sport à revenu). Le Title IX  a pour but de supprimer les inégalités H/F ce qui a permis de développer le sport féminin à une période où on voulait lui faire barrage. Mais cette loi a en elle un gros défaut. Si une université veut créer un nouveau programme sportif, ce seront toujours les femmes qui seront priorisées dans un premier temps. Pour ouvrir un nouveau programme masculin où il est nécessaire de recruter 30 hommes, l’université doit regarder sa population d’étudiant-athlète H/F. Si le nombre de femmes est suffisamment supérieur aux hommes, il ne sera pas nécessaire d’ouvrir un ou plusieurs programmes sportifs féminins pour compenser l’arrivée supplémentaire d’étudiant-athlètes masculins. Par contre si la population H/F est équivalente ou inférieure aux hommes, il sera nécessaire d’ouvrir un ou plusieurs programmes sportifs féminins pour compenser l’afflux supplémentaire d’hommes. Un équilibre doit être trouvé. Dans le cadre de coupes budgétaires et de non-respect du Title IX, ce sera principalement des programmes sportifs masculins qui seront coupés en premier et les femmes sauvegardées. Pendant leurs années universitaires, les joueuses vivent dans un environnement où elles ont autant d’importance que les hommes voire plus.

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Photo via Top Drawer Soccer

Mais ce ne sont pas les seules explications. Le College Soccer féminin est aujourd’hui encore plus médiatisé que le College Soccer masculin. Ces dernières années, la College Cup attire plus de monde quand il s’agit des femmes. L’édition 2018 a eu des affluences de plus de 10 000 alors que la Men’s College Cup n’a pas dépassé les 5000. Ce qui est plus frappant est que la Women’s College Cup a attiré 33 761 fans alors que les demi-finales de l’US Open Cup ainsi que la finale ont amené 31 575 fans, preuve qu’il y a encore un meilleur intérêt du soccer féminin auprès du public. Il n’y a pas de complexe d’infériorité. Le passage à l’université est le début de leur émancipation. La cohabitation H/F se vit très bien jusque dans les divisions inférieures. N’étant pas des sports à revenu mais aussi car ils partagent les mêmes installations, ils doivent bien des fois s’entraider pour continuer à vivre. Le succès de l’USWNT acquis grâce au réseau universitaire a permis, le jour où le soccer s’est développé aux Etats-Unis, de mettre en lumière ces inégalités. Ceci a permis de faire évoluer les mentalités pour en venir à cette situation où les joueuses de l’USWNT demandent à être payé autant que les hommes. Une avancée qui les permettra peut-être d’avoir gain de cause.

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