Voyage au Cœur de la Soccer City USA avec l’University of Portland

Le soccer est actuellement en pleine expansion aux États-Unis. De plus en plus d’américains se prêtent à ce sport auquel ils ne portaient que peu d’intérêt il y a encore quelque années. Mais avant que cette discipline ne devienne celle que l’on connaît actuellement, dans le passé, entre la monopolisation des sports majeurs américains (football américain, baseball, basketball, hockey), une seule ville aux Etats-Unis était pris plus particulièrement de passion pour le soccer.

UOP1.png
Via Tripsavvy.com

C’est dans la région du Northwest, au cœur de l’Oregon, plus précisément dans la ville de Portland que le ‘beautiful game’ est roi. Cette ville se démarque comme aucune autre par sa fougue pour  ce sport au point de se revendiquer “LA” Soccer City USA du pays. Ce sont des mots qui ne restent pas insensibles à l’oreille d’un fan. Est-ce de l’arrogance ? On pourrait le penser en se basant uniquement sur le modèle de développement du sport américain par le système de ligue privée. Mais Portland n’est pas un lieu comme un autre. Il y a une histoire autour de ce sport et ce n’est pas le hasard qui a amené les Portlanders à s’autoproclamer de la sorte. Les Timbers affichent sold out (guichet fermé) à chacune de leurs rencontres à la maison, les Thorns (équipe féminine de première division) sont en 2018 la 34ème meilleure affluence nord-américaine tous championnats confondus et seraient classés en 11ème position des affluences 2018-2019 du championnat de France de Ligue 1. Il y a une vraie ferveur populaire autour de ces deux équipes et ce n’est que la partie exposée de l’iceberg dans l’océan de Portland. Cette culture du soccer qu’ont les habitants a des racines bien plus étendues. Au coeur de cette ville, une université vibre elle aussi pour ce sport dans des proportions inégalées. Un phénomène que l’on observe dans aucune autre école du pays qui est plus qu’une histoire, c’est une tradition qui y est née.

Culture Soccer vous présente les Pilots de l’University of Portland.

UOP2
Via Villa Drum Squad

Dans un monde où le Football Américain et le Basketball sont les sports rois universitaires, l’University of Portland est quant à elle tombée en amour avec le soccer.

UOP3
Via Pinterest

University of Portland est une petite université catholique d’environ 4000 étudiants. Alors que toutes les autres universités du pays sont pris de passion pour le football américain, le basketball, le baseball et même pour certains le hockey sur glace, l’University of Portland a pris une trajectoire inattendue. Contrairement à ses consœurs, elle vibre pour le soccer dans des proportions inégalées au point qu’il est devenu le sport numéro 1 de cette école. Cette préférence se confirme chaque année pendant un Giving Day consacré à des donations pour les programmes sportifs de l’université. En 2019 par exemple, voici le classement des équipes sportives par donation:

Les deux premières places sont occupées par les programmes de soccer féminin et masculin. Ils sont bien loin devant les sports phares du pays tel que le basketball féminin classé neuvième et plus particulièrement le basketball masculin avant-dernier avec seulement neuf donateurs. L’University of Portland a cette faculté de marquer de son empreinte tous ceux qui croisent un jour son chemin. Lors de commentaires d’après-match, on entend souvent une même phrase : « We have the best fan in the country », (« Nous avons les meilleurs fans du pays ») en honneur à la Villa Drum Squad,  un groupe de fans de soccer qui pourrait être comparé aux groupes de supporters ’Ultras’ européen. Ils sont réputés pour être les meilleurs fans du soccer universitaire. Ils sont présents à tous les matchs joués parleurs deux équipes (masculine et féminine). « Pilots, Soccer, Drums, Kilts, Chants, Support, Shirts (optional), Passion (not optional) » est leur slogan que l’on retrouve sur leur compte twitter. Lorsque la Villa Drum Squad entre en action dans les tribunes, une atmosphère hostile règne. Elle a bon de nous rappeler les plus belles ambiances que l’on peut connaître en Europe.

Ce groupe de fans composé d’étudiants a été fondé en 1988 par un groupe de résidents de la Villa hall (résidence universitaire) qui voulait soutenir les équipes de soccer de l’université. Au fur et à mesure que les années ont passé, le groupe a grandi et l’engouement autour du soccer s’est développé. L’University of Portland peut s’honorer d’être la seule école du pays à bénéficier de ce type de groupe, ce qui en fait une place unique dans le paysage du soccer universitaire.

« Nous sommes chanceux d’être une ville et une université qui embrassent ouvertement le soccer universitaire. Nous sommes aussi honorés d’avoir un incroyable groupe de fans et de supporters étudiants loyaux qui nous rejoignent au Merlo Field à chaque match disputé à domicile »

Scott Leykam, Vice-président du département athlétique contacté par Culture Soccer

UOP4.png
Via University of Portland

La Villa Drum Squad est aujourd’hui une partie intégrante de la vie de ces deux programmes mais cela n’a pas toujours été le cas dans le passé. Le groupe de fans était beaucoup plus proche des femmes. Pourtant, par l’intermédiaire de Clive Charles, entraîneur en chef du soccer masculin de 1986 à 2002, les hommes ont connu les premiers succès de l’école en atteignant la College Cup en 1988 et 1995. Ceci aurait dû annoncer un avenir radieux mais très rapidement après la College Cup de 1995 les résultats n’ont plus suivi. De temps à autres, les hommes font des apparitions dans le tournoi national mais le programme a continué à sombrer dans l’irrégularité qui, fatidiquement, entraina sa chute dans les bas-fonds du College Soccer. Ceci est une des causes qui a permis au soccer féminin de prendre le ‘pouvoir’ durant les années sombres du soccer masculin. Elles brillaient sur la scène nationale et ne voyant pas les hommes retrouver leur prestige, l’engouement autour des femmes s’est accru. Elles finirent par devenir une place forte et historique du soccer universitaire féminin. De 2005 à 2014, le Merlo Field, stade de soccer de l’université a été leader des affluences du College Soccer féminin. Quiconque venait jouer à Portland devait s’attendre à entrer dans une arène pleine à craquer de fans en furie. « Le petit Anfield du College Soccer » pourrait-on appeler ce stade, la ressemblance étant assez proche.

UOP5
Via ESPNW

Le soccer féminin de l’University of Portland a connu huit participations à la Women’s College Cup entre 1994-2005. Deux éditions ont été remportées en 2002 et 2005. Ces immenses succès ont permis à la ville d’écrire ses premières pages avec le soccer féminin. Durant cette période dorée, de célèbres joueuses ont émergé en ces lieux ! L’une d’entre-elle est l’international canadienne Christine Sinclair. 

UOP6
Via Portland Pilots

Considérée comme la meilleur joueuse de l’histoire du Canada et l’une des meilleures de l’histoire du soccer féminin, elle a marqué comme jamais son passage chez les Pilots :

  • Grande artisane des deux titres nationaux remportés en 2002 et 2005. 
  • Meilleur buteuse de l’histoire du programme.
  • Meilleur buteuse de l’histoire en NCAA D1 sur une seule saison.
  • Récompensée de trois MAC Hermann Trophy (2002, 2004, 2005) qui décerne la meilleur joueuse de College Soccer en NCAA D1.

Christine Sinclair est une légende vivante de ce programme.  Après avoir fini l’université, elle revint en 2013 dans la ville qui lui a permis de s’exposer au grand jour en signant avec la nouvelle franchise NWSL, les Portland Thorns. D’autres grandes joueuses bien connues du public sont nées dans ce programme : Megane Rapinoe, Michelle French, Sophie Schmid, etc…

UOP7
Meghan Rapinoe, cheveux rose en moins (Via Portland Pilots)

Mais cette période dorée a fini par s’atténuer. Le College Soccer évolue. Ceux qui ont pu dominer dans le passé ne le font plus autant et ceux qui n’ont pas réussi à s’adapter ont fini par être dépassés jusqu’à tomber dans l’anonymat. En 2014, c’est le déclin, une chute dont le programme se remettra jamais. Cette illustre équipe est alors devenue quelconque. Les hommes n’arrivant toujours pas à trouver le succès et les femmes qui ne redécollaient plus ont entraîné plusieurs changements au niveau organisationnel. Bill Irwin démissionne de sa position d’entraîneur des hommes et Garrett Smith qui a fait les beaux jours des femmes en remportant ce titre national de 2005, n’est pas reconduit.

L’University of Portland entre alors dans une nouvelle ère et réussi un coup de maître en recrutant Nick Carlin-Voigt pour les hommes et Michelle French pour les femmes.

 » Les deux Michelle et Nick sont d’excellents représentants de l’University of Portland et font un fantastique travail en développant nos étudiant-athlètes académiquement, athlétiquement et en tant que personnes. » 

Scott Leykam, contacté par Culture Soccer

Le travail que ces deux personnalités réalisent depuis leur arrivée, que ce soit sur le plan sportif, le plan académique out sur le plan du développement de leurs étudiant-athlètes est époustouflant. Tous deux font renaître leur programme respectif et redeviennent petit à petit une place forte sur la scène nationale.

L’University of Portland démontre qu’elle a le nez fin et cette culture du soccer ne s’arrête pas là. L’université n’a pas hésité à investir dans la seule pelouse semi-synthétique (prix estimé à environ 500 000 dollars) du College Soccer installée au Merlo Field avec un entretien digne des clubs anglais. En 2018, de nouveaux terrain d’entraînement ont aussi été construits.

Il y a une vrai ADN du soccer aux Pilots et dans une période où le soccer universitaire est en pleine transformation, le département athlétique garde un oeil attentif sur son évolution. 

“Le College Soccer aux États-Unis continue d’être dans une période de transition dû à l’émergence de fortes ligues professionnelles américaines pour les hommes et les femmes. Nous sommes excités par cette transition et ce changement, et nous voyons cela comme un avantage pour le soccer universitaire.”

Scott Leykam, contacté par Culture Soccer

Nick Carlin-Voigt, la voie de la renaissance du soccer des hommes

UOP8
Via Portland Tribune

Le 11 janvier 2016, le département athlétique annonce officiellement avoir recruté son nouvel entraîneur. Nick Carling-Voigt vient tout droit de la prestigieuse école de UCLA. où il était alors Associate Head Coach (associé de l’entraîneur en chef) du soccer masculin des Bruins. Il devient le cinquième entraîneur de l’histoire du soccer masculin de l’University of Portland. C’est un coup ingénieux réalisé par le département athlétique. Le CV de Nick Carling-Voigt est tout à son honneur et Portland a recruté un jeune entraîneur avec une forte expérience du coaching. Celle-ci est très variée et partout où Nick Carling-Voigt est passé, il a eu des résultats, remporté des titres, permis de concrétiser un projet et a recruté les meilleurs athlètes du pays. La cerise sur le gâteau reste son passage à UCLA. Le programme de soccer de l’université de Los Angeles est extrêmement prisé par les joueurs car c’est une promesse d’être compétitif sur le plan national, de jouer le titre chaque année et de pouvoir devenir professionnel à la fin de son parcours universitaire. C’est ici qu’est passé l’un des plus grands entraîneurs de la MLS, le regretté Sigi Schmid. Lors de son passage à UCLA, Nick Carling-Voigt a remporté un titre de champion de la conférence PAC-12 en 2012 et atteint la finale de la College Cup en 2014 contre Virginia. Une finale malheureusement perdue à la séance de tirs aux but après avoir dominé toute la rencontre. Le nouvel entraîneur de Portland connaît la route pour amener une équipe vers la réussite. Sa mission ? Remettre les Pilots au centre de l’échiquier national.

On s’attendait à voir des résultats d’ici trois à quatre ans mais contre toutes attentes, Nick Carlin-Voigt réussit ce challenge dès sa première année dans une saison à forts rebondissements. Le mini-film « Begin With The End in Mind » nous résume cette saison historique de 2016 qui restera gravés dans l’histoire du soccer masculin de l’University of Portland.

Suite à cette saison mémorable, le soccer masculin de Portland a retrouvé son aura, les fans sont de retour et une nouvelle page s’est ouverte. Aujourd’hui, ce succès perdure et les meilleurs joueurs du pays viennent rejoindre Portland où le programme est redevenu une place forte du College Soccer. Alors, quelle est la recette de Nick Carling-Voigt qui a pu amener le programme de soccer masculin de l’université à renouer immédiatement avec le succès ?

« C’est une bonne question et je pense que la plus grande chose que nous avions besoin de faire était de remettre le soccer masculin de l’University of Portland sur la carte nationale. Cela a commencé par un changement de culture de la part des joueurs déjà dans le programme , puis par les amener à croire que je leur faisais confiance sur et hors du terrain. Ils n’avaient pas naturellement beaucoup de confiance dans le processus après quatre années consécutives passées à terminer au fond d’une ligue de jeunes. J’ai aussi pensé qu’il était important d’enseigner un style d’attaque et un modèle de jeu qui allait être excitant pas juste pour nos joueurs, mais aussi pour les fans et je pense que vous avez vu que cela marche très bien pour plusieurs de nos joueurs offensifs cette année. Eddie Sanchez et Benji Michel ont vraiment établi une identité de football offensif et je crois fermement que la meilleure façon de jouer est d’essayer de dominer le jeu avec et sans ballon. Remporter le premier titre depuis que Clive Charles était coach nous a aussi connecté à notre passé et nos racines, ce qui est  important dans la construction d’un programme et d’une culture. »

Nick Carlin-Voigt, contacté par Culture Soccer

UOP9
Via hiverminer.com

Depuis 2002 les hommes n’avaient plus remporter un titre et Nick Carlin-Voigt réussit cette exploit 15 ans après Clives Charle. Cette année-là aura non seulement permis au programme de retrouver son prestige mais aussi à ramener l’intérêt de la Villa Drum Squad auprès de cette équipe. On apprend dans The Beacon que le retour de Villa Drum Squad était son objectif premier lorsqu’il a accepté le poste et que c’était probablement le défi le plus difficile à concrétiser car le groupe était très proche du soccer féminin. Dans sa mission, Nick Carlin-Voigt n’a laissé aucun détail au hasard. L’aventure qu’il vit est un rêve émerveillé mais était-ce évident de signer à Portland ? Son parcours pouvait laisser envisager une autre direction. Il n’y a aucun doute que cette incroyable entraîneur qui a ressuscité le soccer masculin de l’University of Portland ne regrette pas son choix. Mais alors qu’il était associate Head Coach à UCLA, comment a-t-il perçu cette proposition de joindre Portland ?

« J’étais plutôt familier avec l’histoire et l’héritage construit par Bill Irwin et Clive Charles à l’University of Portland avant que d’être honoré et assez chanceux d’être nommé Head Coach. UCLA est aussi un programme historique mais quand ce poste était disponible, c’était une opportunité de réveiller  un géant endormi, où je pourrais aider à élever le programme et mettre ma propre patte sur l’héritage du soccer de Portland. Enfin j’avais longtemps admiré le Merlo Field et les fans spéciaux de la ville qui me font penser à ma période au Mexique et en Allemagne. »

Nick Carlin-Voigt, contacté par Culture Soccer

On comprend qu’avant même de poser le pied à Portland, Nick Carlin Voigt était déjà en quelque sorte imprégné de l’ADN de la Soccer City USA. Cette opportunité qui lui a été tendue ne pouvait tout bonnement pas être refusée. C’est donc en tant que fan et avec l’envie de relever un challenge prestigieux qu’il a pris tout naturellement la direction de Portland. Cependant, cette réussite n’est pas venue d’un claquement de doigt. Comme évoqué plus haut par Carlin-Voigt, il a fallu définir un style de jeu qui permettrait de retrouver les sommets du College Soccer et faire face à ce supplément d’âme qu’ont les équipes en venant fouler le Merlo Field. Le tempo imposé, la prise de risque, l’utilisation des espaces, la circulation du ballon, l’intensité émise et l’agressivité portée pendant la rencontre ressemblent très étrangement au style de jeu anglais.

« Si vous faites référence au style anglais de Manchester City et de Liverpool vous avez raison, nous aimerions être comme ces deux équipes. Nous croyons en un modèle de jeu qui est offensif, audacieux et agressif. Nous voulons dicter le tempo du match en possession tout en enseignant les réactions à l’équipe entière pour essayer de récupérer immédiatement le ballon quand nous le perdons. Nous voulons être une équipe qui peut désorganiser l’opposition pas juste en déplaçant la balle mais en désorganisant les autres équipes pour créer les espaces nécessaires pour attaquer librement et ouvertement en finissant les actions. Nous étudions les mouvements mis en place par Pep Guardiola dans beaucoup de différentes équipes aussi bien en ayant la compréhension réaliste qu’ils sont des joueurs de classe mondiale, mais ça ne veut pas dire que nous ne pouvons pas essayer d’incorporer certaines idées qu’une top équipe offensive utilisent comme Liverpool et Dortmund . »

« A terme, nous voulons être une équipe offensive basée sur la possession qui joue haut,  qui n’ait pas peur de prendre des risques avec notre jeu d’équipe et notre compréhension tactique. Nous comprenons également que ce modèle de jeu est plus difficile à implanter dans le système du College dû aux restrictions d’entraînement mais je crois fermement que c’est la meilleure façon pour gagner des titres. »

Nick Carlin-Voigt, contacté par Culture Soccer

Cette philosophie qu’est en train de mettre en place l’entraîneur de Portland est celle qui permet de croire dès à présent au titre national. La ville de Portland a glané tous les trophées majeurs avec les Timbers, les Thorns, le soccer féminin des Pilots mais seul le soccer masculin de l’université manque à cette appel. Cependant, remporter un tel titre n’est pas chose aisée. Dépendre de ses talents locaux ne suffit plus dans la période actuelle. Le College Soccer s’internationalise de plus en plus ce qui augmente la qualité de l’adversaire et rend l’opposition plus relevée chaque année. Alors que de plus en plus de français tentent l’aventure vers les USA, pourrait-on un jour retrouver un joueur français à Portland ?

« Nous recherchons activement les meilleurs joueurs du monde entier. J’étais juste à Paris scoutant beaucoup de joueurs français. Je vous dirais qu’il y a une haute probabilité  que nous continuerons à chercher de talentueux joueurs en France, la maison des champions du monde. »

Nick Carlin-Voigt, contacté par Culture Soccer

L’avenir nous dira si prochainement un ou plusieurs joueurs français posera ses valises dans la Soccer City USA. Jusqu’à ce jour arrive, il est bon de suivre d’un grand intérêt les aventures de ce jeune groupe talentueux que porte haut-et-fort Nick Carlin-Voigt avec son One team, One goal, One Family.

Michelle French, retour au bercail en mission

UOP10
Via The Beacon

C’est un nom qui a une résonance très particulière à l’University of Portland. Les plus anciens doivent très bien se rappeler d’elle, les plus plus jeunes un peu moins. Michelle French est une ancienne joueuse qui a porté fièrement les couleurs de l’université de 1995 à 1998. Elle est une légende vivante de ce programme féminin :

  • Elle a accédé à la toute première finale de College Cup de l’histoire du programme en 1995.
  • Elle a accédé aux demi-finales de la College Cup en 1996 et 1998.
  • Joueuse de l’équipe ayant délivré le plus de passes décisives en 1997 pour un total de 14.
  • WCC Freshman of the Year en 1995.
  • Finaliste du MAC Herman Trophy en 1996 qui récompense la meilleur joueuse du pays.
  • Elle a représenté les couleurs de son pays de 1997 à 2001 et à participer aux Jeux Olympique de Sydney en 2000 avec l’USWNT.
  • Diplômée de l’University of Portland en 1999.

Michelle French est une pionnière de la fondation du succès du soccer féminin des Pilots. Sa génération a posé les premières pierres qui ont permis la construction de ce prestigieux programme.

Elle devient la sixième head coach de l’histoire de ce programme. Tout comme Nick Carling-Voigt, Michelle French possède une forte expérience du coaching :

  • Diplômée de la licence A de coaching de l’USSF
  • Entraîneur adjoint des équipes de jeunes des U.S. Youth National Teams U-14, U-15, U-17, U-18.
  • Sélectionneuse U-20 de l’USWNT en 2014 et 2016 lors de la coupe du monde des moins de 20 ans.
  • Entraîneur adjoint avec l’équipe senior de l’USWNT
  • 12 années de coaching à l’US SOCCER

C’est un retour aux sources qui aurait pu ne jamais voir le jour. French a connu un moment difficile dans sa vie. Quelques années après avoir quitté l’université, on apprend qu’elle est atteint d’un cancer en 2008 et doit faire une chimiothérapie. Face à cette terrible nouvelle, elle fait preuve de résilience pour surmonter cette épreuve ce qui va la permettre de revenir quelque mois plus tard sur le terrain pour de nouveau entraîner. Elle s’est sortie avec courage d’une situation bien éprouvante. Elle a pu continuer à exercer sa passion et un jour où on l’attendait le moins, l’opportunité de retourner au bercail lui a été offerte

Je suis très contente de retourner à l’University of Portland. Elle a tellement été une part intégrale de mon parcours et l’opportunité d’y retourner est un rêve devenu réalité. Avoir une chance d’être dans une position qui permet d’investir dans le développement de nos étudiant-athlètes en classe et sur le terrain est incroyable. D’être dans les pas de Garrett Smith et du légendaire coach Clives Charles, un homme qui était un incroyable mentor et ami pour moi, c’est un immense privilège. Je suis submergée et honorée de maintenant représenter l’University of Portland et l’illustre histoire du programme de soccer féminin.

Michelle French

Maintenant de retour, sa mission est de ramener cet illustre programme sur une pente ascendante afin de retrouver son prestige. C’est un long chantier qui attend Michelle French. La saison 2017 a laissé de profondes traces avec un terrible bilan  et une fiche 5V-1N-13D. L’équipe féminine n’avait plus connu une telle saison depuis 1983, une période où le programme était en NAIA (National Association of Intercollegiate Athletics). Ce n’est que la sixième fois de l’histoire du programme que l’équipe finit la saison avec un bilan négatif. Durant cette dernière avec Garrett Smith, on observe des filles en perte de confiance, désorientées au point de ne plus savoir attaquer, ni défendre. Cette équipe qui a tant fait vibrer dans le passé n’était même plus en capacité de rivaliser contre les adversaires les plus faibles du pays. Une situation qui ressemble de près à ce qu’ont vécu les hommes. Comment alors remonter la pente ? Renouer le succès ? Remettre ce prestigieux programme au centre de l’intérêt national ?

– Redéfinir les standards et les attentes de ce que veut dire être un Pilot.

– Tenir les joueuses responsables de leur propres développements et performances sur le terrain, responsables des hauts standards académiques et responsables de la manière dont elles représentent l’université au sein de notre communauté.

– Recruter des joueuses avec un fort QI en soccer, des joueuses qui possèdent une habileté à résoudre un problème et avoir un impact sur le match, et des joueuses qui aiment et sont passionnés par le jeu. 

– Créer un environnement positif et exaltant déjà compétitif, et exigeant une culture pour que les joueuses s’épanouissent et grandissent.

Michelle French, contactée par Culture Soccer

11 victoires et 9 défaites en 2018, une nette amélioration dans le jeu et l’état d’esprit des joueuses. Oui, la méthode French porte déjà ses fruits au sein de son groupe. Le chemin est encore long pour que ce programme retrouve son prestige du passé. Tout n’est pas encore parfait, mais petit à petit, Michelle French valide progressivement les objectifs qu’elle s’est fixés. Et s’ajoute à cela une excellente cohabitation pour ses débuts avec le soccer masculin.

 » Entre les deux programmes, nous avons développé une relation fantastique. Que nous partageons des idées différentes, que nous rendons ensemble service à la communauté, ou que nous nous soutenons les uns les autres sur le terrain, notre appréciation et notre respect l’un pour l’autre est profond. »

UOP11
Via Portland Pilots

Tout a été mis place pour lui permettre le meilleur accueil possible.. Plusieurs rencontres en ‘double headers’ (programme double de match) entre les hommes et les femmes ont été organisés. La Villa Drum Squad s’est à nouveau déplacée en masse pour venir supporter les filles. Une mini-série autour de Michelle french nommée « Michelle French: Coming Home » (Chapitre 1, 2, 3 et 4) a été réalisée.

Michelle French n’a jamais été oubliée à l’University of Portland et comme le savent très bien faire les américains, pour son retour tout a été fait en grand.

Tout comme les hommes, le soccer universitaire féminin est en train de s’internationaliser. Dans un College Soccer en pleine transformation pourrait-on un jour avoir cette chance de voir une française à l’University of Portland ?

 » Nous aimerions vraiment avoir une joueuse française devenir une Pilot ! Étant donné la culture et l’éducation autour du football, les joueuses françaises possèdent une fantastique compréhension du jeu, elles sont techniquement avancées dans la maîtrise du ballon et leur désir de compétition serait sans aucun doute quelque chose que nous accueillerons volontiers à l’University of Portland. »

Michelle French, contactée par Culture Soccer

L’avenir nous dira si un jour ce prestigieux programme accueillera une ou plusieurs joueuses française sous Michelle French. Jusqu’à ce que cela voit peut-être le jour, il est bon de suivre d’un grand intérêt cette reconstruction qui permettra à cette équipe de revivre ses années de gloire, que comme dans le passé des joueuses représentent à nouveau les couleurs de l’université au niveau international et plus particulièrement de l’USWNT.

Portland, ville de soccer, unique Soccer City USA

La Soccer City USA ne laisse pas les gens indifférents. Elle marque de son empreinte tous ceux qui croisent son regard, tout ceux ceux qui entendent son nom, tout ceux qui foulent le sol de cette ville passionnée par le soccer. C’est un environnement unique que l’on ne trouve nulle part ailleurs aux Etats-Unis. Alors ne manquez pas de suivre les aventures des deux programmes de soccer de l’University of Portland et surtout ne faites pas l’erreur de rater le match d’ouverture à domicile en direct car c’est un spectacle que l’on ne trouve nulle part ailleurs dans le soccer universitaire.

 

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s