USMNT : Les Leçons de la Gold Cup

La Gold Cup 2019 fut une belle compétition pour les Etats-Unis et leur nouveau sélectionneur, Gregg Berhalter. Réel test, elle permit d’éclaircir certains doutes, de projeter de futurs problèmes et aussi de pointer du doigt de grosses incertitudes. La Team USA est bien arrivée en finale, mais le chantier reste impressionnant.

Voici cinq leçons tirées de cette Gold Cup.

Pour aller plus loin, voici notre XI type de la Gold Cup 2019

Montreal Impact v Toronto FC - Eastern Conference Finals - Leg 2
Via Getty Image

Bradley et Altidore, vétérans mais toujours en forme

Ce sont deux dinosaures véritablement critiqués qui ont réussi à se reprendre. Tous les anciens (ou presque) joueurs présents lors des qualifications pour la Coupe du Monde 2018 ont été écartés du groupe grâce à Steve Sarachan, entraîneur intérimaire qui ciblait principalement les jeunes et Gregg Berhalter, qui lui a un penchant pour les joueurs de MLS. Cependant, deux restent titulaires et ont prouvé lors de cette Gold Cup qu’il fallait compter sur eux dans les années à venir.
sans surprise Jozy Altidore qui reste la meilleure option au poste de numéro neuf. Puissant, technique, parfait pour le système de Berhalter, l’avant-centre de Toronto n’est pas aussi vieux qu’on pourrait le penser (29 ans) et pourrait toujours être de la partie pour un possible Mondial 2022, d’où son intérêt dans le groupe. Vu la jeunesse de la relève, il sera sans doute le titulaire jusque-là, le seul souci restant ses éternelles blessures qui l’ont empêché de jouer toutes les rencontres lors de la Gold Cup 2019.
Le deuxième est Michael Bradley, coéquipier d’Altidore à Toronto, pour qui c’était loin d’être acquis. Réellement conspué dans certains stades de MLS après la débâcle de 2017, il était pour de nombreux supporters trop vieux et surtout trop inefficace pour avoir sa place dans cette équipe américaine. Comparé à Altidore, il doit sa présence bien plus à l’absence de concurrence qu’à son talent, mais il a tout de même effectué une excellente Gold Cup (au point d’être nommé dans le XI type de la Concacaf) à coup d’ouvertures inspirées et de passes sereines. Contrairement à son coéquipier en club cependant, il aura tout de même 35 ans en 2022 et ses capacités défensives laissent clairement à désirer. Si Will Trapp (Columbus Crew) tenait la corde pour le remplacer il y a quelques mois, dû à ses performances moyennes et à l’émergence de Tyler Adams, c’est le milieu de Leipzig, qui n’a pas pu participer à la compétition en raison d’une blessure, qui devrait prendre sa place dans les années à venir.

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Via GoHighlanders

Aaron Long est un titulaire en puissance

Avec la blessure de John Brooks, il y avait une place à prendre en défense centrale pendant cette Gold Cup, place qui devait se jouer entre Matt Miazga, Walker Zimmerman et Aaron Long (Omar Gonzalez semblait être là surtout pour apporter son expérience dans le vestiaire). Beaucoup s’attendait à voir le central de Reading titulaire avec Long et Zimmerman pour complémenter, mais c’est finalement le joueur des New-York Red Bulls qui fut la révélation de ce tournoi. Nommé dans le XI Concacaf et considéré parmi les meilleurs défenseurs de la Gold Cup, Aaron Long s’est même permis un petit but lors de la belle victoire de 6 à 0 face au Trinité et Tobago.
Le joueur a récemment prolongé aux Red Bulls avec un bon contrat à la clef : il est stable, propre, bon de la tête et pisté lors de ce mercato par l’Olympique de Marseille, de Lyon et West Ham, selon Sky Sports. Il a de son côté une histoire attachante qui lui attire la sympathie des suiveurs de la Team USA : drafté par Portland en 2014, il a pourtant attendu plusieurs années avant de toucher à la MLS. Chez les Timbers, il a enchaîné les prêts (à Sacramento et Orange County en USL) avant de signer avec les rivaux de Seattle. Cependant, là aussi, il ne s’impose pas et joue avec la réserve, toujours en deuxième division. Après une saison réussie en USL, il signe chez les New-York Red Bulls qui le font d’abord jouer avec la réserve. Il fait une excellente saison où il est nommé défenseur de l’année en USL avant de rejoindre l’équipe première et remporter le Supporters’ Shield en 2018 avec à la clef, le prix de meilleur défenseur de l’année en MLS. Sa régularité en équipe nationale et les rumeurs de transferts européens ne sont donc que la suite logique pour Long qui s’installe en seul réel titulaire d’une défense à quatre en construction.

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Via The Tennessean

Les arrières latéraux, un secteur compliqué

C’était une des interrogations avant la Gold Cup et la compétition n’a pas aidé à clarifier les joueurs qui seront le futur de la défense sur l’aile gauche et droite de l’USMNT.
Commençons par la droite où le titulaire devait être Tyler Adams, dans un rôle qui le faisait repiquer vers le milieu de terrain en phase offensive. Cependant avec le milieu de Leipzig blessé, c’est Nick Lima qui a endossé le rôle avec une réussite plutôt satisfaisante. Après une phase de groupe intéressante et sans réelles erreurs qui auraient pu justifier son remplacement, Gregg Berhalter décide pourtant de mettre Lima sur le banc pour laisser Reggie Cannon, le jeune défenseur de 21 ans de Dallas, assumer le rôle de titulaire avec à la clef trois beaux matchs. Que faire donc dans le futur ? Lima et Cannon se sont maintenant adaptés pour le rôle d’arrière droit voulu par Berhalter, pourrait-on donc voir Tyler Adams en six, à la place de Michael Bradley, ou le sélectionneur va s’obstiner à le faire jouer latéral droit ? C’est aussi sans compter le retour probable en sélection de DeAndre Yedlin, blessé pendant la Gold Cup mais titulaire en Premier League avec Newcastle, que l’on voit mal être snobé par la sélection. Il pourrait cependant jouer plus haut, là ou ni Terrence Boyd ni Jordan Morris ont totalement impressionné.
Si à droite le rôle est contesté par plusieurs latéraux de talents, à gauche c’est le contraire. Un Tim Ream vieillissant a fait le nécessaire pendant la compétition, le joueur de Fulham étant plus traditionnellement un défenseur central. Lent, le vétéran a cependant souvent été pris de vitesse par les équipes adverses et malgré quelques bons matchs, son âge (31 ans) l’empêche d’être une possibilité pour le futur. Derrière lui, Daniel Lovitz (Impact de Montréal) a vraiment déçu lorsque Berhalter a fait appel à lui. Nous en parlerons un peu plus tard dans l’article mais la sélection a réellement besoin de nouveaux jeunes à ce poste, car c’est un véritable trou qui se creuse dans le onze des Etats-Unis.

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Via Sports.Yahoo

Christian Pulisic et Weston McKennie se sont imposés comme les leaders techniques

En l’absence de Tyler Adams, ils étaient les stars de la sélection américaine. Les pédigrés sont certes différents entre d’un côté un espoir qui a couté 70 millions d’euros à Chelsea et de l’autre un joueur qui sortait d’une saison moyenne à Schalke 04, jouant à divers postes lors d’une année galère pour le club allemand. Cependant, ce sont deux jeunes de 20 ans, jouant côté à côté dans le milieu de terrain de Berhalter, qui sont rarement assurés d’une place de titulaires de cette sélection. Ils incarnent le futur et, sauf soucis personnels en club, devraient rester dans le XI pour les années qui suivent. Les deux ont réussi leur Gold Cup : ils ont eu du mal à être constants en début de compétition, jouant parfois seulement une mi-temps, surtout en poule, mais ils sont montés en puissance comme les Etats-Unis au fur et à mesure avant de montrer l’étendue de leur talent face à la Jamaïque.
L’inconstance est un critère habituel pour des joueurs de 20 ans. Ils devront s’appliquer à chaque rencontre dans le futur pour pouvoir réellement propulser les USA dans des phases finales de compétitions internationales. Les deux milieux de terrain ont tous deux portés le brassard de capitaine et semblent donc prêts à assumer des responsabilités. McKennie a aussi prouvé que ce poste de numéro huit était probablement le plus adéquat pour lui. Pour Pulisic, on ne sait toujours pas si c’est dans cette position de 8/10 ou directement sur l’aile droite, mais il a bien combiné avec Arriola pour finalement jouer dans un peu des deux, ce qui lui a réussi. Cette partie du XI n’est plus problématique pour les Etats-Unis.

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Vestiaire des Etats-Unis lors de la Coupe du Monde U20 (Via FIFA)

Le manque de profondeur est effrayant, mais la relève arrive

Vous l’avez compris au fur et à mesure de l’article, le problème de cette équipe était son manque de profondeur de banc. Beaucoup de joueurs appelés ne devraient pas l’être pour une Coupe du Monde par exemple. Derrière, Omar Gonzalez, Tim Ream ou Daniel Lovitz sont des solutions par défauts, tout comme Will Trapp et Jonathan Lewis au milieu de terrain et à un degré moindre, Gyasi Zardes devant. Certainement dû au trou générationnel donc nous vous parlions dans notre guide la Gold Cup, les Etats-Unis manquent de joueurs entre 25 et 30 ans, entre la nouvelle génération et les vétérans et pour cette raison, manquent de joueurs dans la fleur de l’âge pour combler les trous.
Ce problème pourrait ne plus en être un en 2022. De nombreux jeunes arrivent, grâce notamment à de belles performances en Coupe du Monde U20. Josh Sargent (s’il continue à jouer avec Werder Brême) sera le prochain numéro neuf de la sélection, comme il l’a déjà prouvé avec les A sous Dave Sarachan. Tim Weah devrait s’imposer sur les ailes grâce à son transfert à Lille, un club connu pour modeler de futures stars et qui lui garantit du temps de jeu. Paxton Pomykal (Dallas), excellent à la Coupe du Monde U20 et sélectionné pour le All-Star, sera sûrement une des solutions au milieu de terrain. Comme lui, Chris Richards (Bayern Munich, 19 ans, Défenseur Central) et Sebastian Soto (Hanovre 96, 19 ans, Attaquant) ont aussi impressionné lors de cette même Coupe du Monde U20 et pourraient s’installer s’ils continuent leur progression en club. De plus, d’autres joueurs pourraient se rajouter au groupe dépendamment des besoins de Berhalter comme Sergino Dest, Richie Ledezma, Alex Mendez, Jordan Siebatcheu, Antonee Robinson et Bobby Wood (certes plus vieux).
Les cartes pour de nombreuses positions méritent donc d’être rebattues et de nombreuses places de titulaires sont à récupérer jusqu’à la Coupe du Monde 2022, enfin… si les Etats-Unis se qualifient.

Pour aller plus loin, voir l’été cauchemardesque de la Sélection Canadienne.

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