Matías Almeyda, gage de succès?

L’actuel entraineur des Earthquakes de San José a vécu le haut niveau avant d’embrasser la carrière sur le banc de touche. Milieu de terrain défensif des années 90, Matías Almeyda a été indispensable dans la plupart des clubs où il est passé durant sa carrière de joueur. Formé au mythique River Plate en Argentine, Almeyda a brillamment poursuivi sa carrière en Europe et en Amérique Latine passant par l’Espagne (FC Séville), l’Italie (Lazio, Parme, Inter Milan et Brescia), la Norvège (FK Lyn), l’Uruguay (Fénix) et un autre club en Argentine, Quilmes, avant de revenir boucler la boucle à River Plate. Durant sa dernière saison au club, à l’âge de 38 ans, l’international argentin tire sa révérence au terme d’une saison qui restera dans les annales de River; le club de Buenos Aires est relégué pour la première fois de son histoire en Nacional B. C’est alors que s’ouvre un nouveau chapitre dans la vie de Matias Almeyda.

Une reconversion réussie :

À cette époque, le président de River Plate, n’est nul autre que l’ancien international argentin et ancien sélectionneur de l’équipe nationale Daniel Passarella, en poste depuis le 9 décembre 2009, qui essaie de redorer l’image du club par tous les moyens après les multiples frasques de son prédécesseur. Ce dernier offre alors le poste d’entraineur à Matías Almeyda qui venait tout juste de raccrocher les crampons (nous apprendrons bien plus tard que Passarella n’avait pas eu le choix de le nommer face à la pression de quelques anciennes gloires du club). ‘El Pelado’, surnom ironique, signifiant ‘Le Chauve’, donné par son ancien entraineur Federico Vairo, se sent comme un poisson dans l’eau à ce poste et parvient à remporter le titre en Primera B Nacional dès sa première saison obtenant par la même occasion la promotion de River Plate vers la première division un an après l’avoir quittée (bien aidé par plusieurs ‘revenants’ comme Cavenaghi, Dominguez, Trezeguet et Ponzio). Malgré des résultats satisfaisants (pour un promu!) lors du grand retour de River Plate en première division, Almeyda est démis de ses fonctions après plusieurs problèmes avec Passarella.

Quelques mois plus tard, en avril 2013, il est nommé entraineur d’un autre club de Buenos Aires; le Club Atlético Banfield. De nouveau en Primera Nacional B, il réussit l’exploit de remporter le championnat pour une deuxième fois avec un second club dès sa première année complète. Cette fois-ci par contre, il reste à la tête du club pour le Torneo Inicial de 2014 où Banfield a du mal à sortir sa tête de l’eau en première division avant de démissionner du club en aout 2015 après une victoire probante 4-1 en SuperLiga face à Arsenal Sarandi. Almeyda mentionnera que c’était la fin d’un cycle pour lui avec Banfield même si plusieurs rumeurs mentionnaient des relations tumultueuses entre lui et trois membres du club.

Tout juste un mois après avoir quitté Banfield, ‘El Pelado’ s’engage en septembre 2015 avec le club mexicain de Liga MX; le CD Guadalajara ou plus communément connu sous le nom de Chivas. Dès son embauche, Almeyda fait rêver les supporters en leur disant qu’il voulait réveiller le géant endormi, faisant référence aux nombreux titres gagnés par le club dans le passé et sa période de disette longue de neuf ans. L’entraineur argentin restera presque trois ans au Mexique remportant avec Chivas la Clausura 2017 en Liga Mx, l’Apertura 2015 et la Clausura 2017 en Copa MX, la Supercopa MX en 2016 ainsi que la Ligue des Champions CONCACAF en 2018 remportée aux penalties face au Toronto FC. Un exploit encore plus important sachant que le club mexicain ne recrute que des joueurs de nationalité mexicaine afin d’encourager le soccer local. Suite au nouveau plan des dirigeants de Chivas qui consiste à resserrer les cordons de la bourse afin d’entamer une période plus stable financièrement, Almeyda prend la poudre d’escampette et quitte le club en juin 2018.

Le mariage parfait avec les Earthquakes :

Almeyda a sûrement été impressionné par la MLS lors de la campagne victorieuse de Chivas en Ligue des Champions CONCACAF 2018 où le futur champion avait éliminé dans la douleur les Seattle Sounders, les New York Red Bulls et Toronto FC. Il se décide à faire le saut en Amérique du Nord et rejoint donc les Earthquakes de San Jose en janvier 2019. Le club californien peine à retrouver son passé glorieux lorsque Landon Donovan, Dwayne De Rosario, Jeff Agoos et consorts (lire ‘Onze de Légende en MLS’) avaient aidé le club à remporter deux MLS Cups en 2001 et 2003. Les Earthquakes sont même au fond du ravin, ils sortent à peine d’une saison 2018 catastrophique après avoir tenté l’expérience européenne en embauchant l’entraineur suédois Michael Stahre. Sous sa gouverne, le club a disputé 29 matchs toutes compétitions confondues pour une fiche de 4V-8N-17D.
Almeyda fait principalement confiance aux joueurs déjà présents au club et ajoute certains joueurs sudaméricains comme le péruvien Marcos Lopez, l’argentin Cristina Espinoza, le brésilien Judson et le gardien argentin Daniel Vega (Carlos Fierro et André Rios rejoindront l’effectif durant le mercato estival). Après un début de saison extrêmement difficile avec cinq défaites pendant ses six premiers matchs, San Jose affiche un tout autre visage et entame une magnifique remontée au classement avec une fiche de 10V-5N-2D. Les Earthquakes se retrouvent alors second de la conférence Ouest le 3 août 2019 alors que personne ne les prenait au sérieux en début d’année! Depuis, la troupe de Matías Almeyda est redescendue sur terre en enchainant trois défaites consécutives, toutes les trois à l’extérieur, mais ont repris du poil de la bête samedi dernier en s’imposant 3-1 face aux Whitecaps de Vancouver. Actuellement sixième de la conférence Ouest, Almeyda semble avoir les éléments nécessaires afin de se qualifier pour les séries malgré la concurrence féroce. Cependant, qualification aux séries ou pas, le pari Almeyda semble encore une fois fonctionner.

Une ancienne stratégie remise au goût du jour :

L’entraineur argentin est un personnage atypique et opiniâtre capable de démissionner sur un coup de tête si les choses ne sont pas faites à sa façon ou s’il sent que son travail n’est plus apprécié. Plusieurs observateurs le comparent à Marcelo ‘El Loco’ Bielsa de par son comportement peu répandu dans le monde du ballon rond. Tout comme son compatriote, Almeyda se distingue par son dispositif tactique lorsque son équipe n’est pas en possession du ballon. En effet, ‘El Pelado’ demande à ses joueurs de marquer individuellement les joueurs adverses afin de récupérer le ballon le plus vite possible. D’autre part, il s’assure aussi d’avoir toujours un défenseur additionnel qui n’a pas à marquer un joueur spécifiquement et qui peut aider ses coéquipiers au cas où ils se retrouvent dans le pétrin. Ce système fonctionne très bien la plupart du temps et force l’équipe adverse à se reposer sur les qualités individuelles de ses stars.

Afin de se défaire de cette stratégie, l’adversaire doit savoir jouer très vite et espérer qu’un de ses joueurs puisse dribbler son défenseur direct et créer une sorte de confusion au sein de la formation défensive des Earthquakes. De plus, l’équipe adverse doit être capable de se défaire du défenseur ‘en trop’ dans le système de Almeyda. Le meilleur exemple serait de voir ce but de Carlos Vela de LAFC.

Par contre, ces actions n’arrivent que très rarement au soccer. Très peu d’équipes peuvent répéter ces mouvements de semaine en semaine et perturber la stratégie instaurée par Matías Almeyda. La révolution entamée par ‘El Pelado’ au sein du club californien vient tout juste de débuter pour le plus grand bonheur des supporters des Quakes

En bonus :

Culture Soccer ne pouvait pas laisser passer ce chef d’œuvre de Matías Almeyda lorsqu’il était encore joueur. C’était en 1999 lorsque ‘El Pelado’ jouait pour la Lazio de Rome en Serie A. Le club laziale se déplaçait à Parme et Matías Almeyda marqua tout un but pour donner la victoire à son club sur le score de 1-2. La Lazio remporta le championnat italien cette saison et Almeyda était un des principaux protagonistes de la conquête du titre.

 

 

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