Retour vers le futur #3 : Miami Fusion, l’ancêtre de l’Inter Miami CF

L’arrivée du club de David Beckham, l’Inter Miami CF, fait beaucoup parler actuellement. Entre le projet du stade, les premières recrues et les rumeurs, les fans de MLS semblent s’enthousiasmer de voir une franchise arriver à Miami.
Pourtant, moins de vingt ans avant le premier match de l’Inter Miami, un autre club MLS a échoué sur la pelouse du Lockhart Stadium : le Miami Fusion.

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Retour vers le Futur #2: Le Sabordage du Tampa Bay Mutiny

La création du club

Le Miami Fusion était, avec les Mutiny de Tampa Bay, l’une des premières franchises de MLS à disparaître et pourtant, l’histoire avait bien débuté. Au printemps 1997, le fondateur de CellularOne (une entreprise de télécommunications), Ken Horowitz, paye les vingt millions de dollars de frais d’expansion à la MLS et ajoute 5 millions de dollars afin de rénover le Lockhart Stadium. Après le Chicago Fire, le Miami Fusion était la deuxième expansion de l’histoire de la ligue. C’est donc en 1998, emmené par sa vedette Carlos Valderrama, que le Fusion joue son premier match en MLS devant plus de vingt-mille spectateurs. Malheureusement ce soir-là, DC United s’impose sur le score de deux à zéro, venant gâcher la belle fête

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Via Good Seats Still Available

Le bilan sportif du Fusion

Lors de sa première saison de MLS, le Miami Fusion était une équipe de milieu de tableau sans folie. Après dix-neuf journées le club a démis de ses fonctions le coach Carlos Cordoba pour le remplacer par Ivo Wortmann. Finalement, la franchise de Floride a réussi à décrocher une place en playoffs en terminant la saison régulière à la quatrième place de conférence Est (dernière place qualificative à cette époque) juste devant le Tampa Bay Mutiny. Malheureusement, le Fusion s’incline par la suite contre le DC United en demi-finales de conférence, deux à zéro en score cumulé. Malgré cette qualification en playoffs, les tribunes sont très peu remplies et à peine plus de dix-mille supporters en moyenne assistent aux matchs dans un stade qui pouvaient en accueillir le double. La saison qui suit n’est pas plus excitante pour le Miami Fusion puisqu’elle est presque une copie de la première. De plus, le colombien Carlos Valderrama est “ré-affecté” à Tampa Bay, son ancien club, par le commissaire de la ligue. Sur le terrain, le Fusion décroche une nouvelle quatrième place à l’Est devant les MetroStars de New York(actuellement New-York Red Bulls). Encore une fois, les Floridiens affrontent DC United en demi-finales de conférence et, encore une fois, ils s’inclinent sur le score de deux à zéro au cumulé des deux matchs. Cette monotonie dans les résultats se fait ressentir puisque l’affluence moyenne de la saison n’atteint même pas les 8700 supporters.

En 2000, le règlement évolue quelque peu, les équipes sont divisées en trois conférences et ce sont les champions de conférences ainsi que les 5 meilleures équipes suivantes qui se qualifient. Enfin, contrairement aux années précédentes, il n’y a pas obligatoirement un vainqueur à chaque match puisque de 1996 à 1999 les matchs nuls n’existaient pas en MLS, le vainqueur étant désigné après une série de « penalty shootout » (lien article). Malheureusement, c’est le Miami Fusion qui paie les frais de ce changement d’organisation puisqu’il termine la saison à la troisième place de la conférence Est, mais se place seulement à la neuvième position du classement général juste derrière les Colorado Rapids. La saison est marquée par un nouveau changement d’entraîneur avec le départ de Wortmann et l’arrivée de l’ancienne star des Fort Lauderdale Strikers Ray Hudson. Malgré cela, le club réalise un beau parcours en US Open Cup puisqu’il atteint la finale mais s’incline deux buts à un contre le Chicago Fire. Ce beau parcours ne permet pas de ramener le public au stade puisque que l’affluence moyenne de la saison est très critique avec seulement 7460 spectateurs en moyenne.

C’est lors de la saison 2001 que le travail d’Hudson commence à payer puisque le Fusion termine en tête de la Conférence Est, loin devant les MetroStars, mais surtout, Miami remporte le Supporters’ Shield à la différence particulière avec le Chicago Fire. L’équipe construite par Ray Hudson propose un jeu alléchant et offensif. La nouvelle recrue Preki (dont nous vous parlions ici, mettre article Onze de Legende) sert les passes décisives sur un plateau aux deux meilleurs buteurs de la ligue Alex Pineda Charcon et Diego Serna. La défense n’est pas en reste non plus puisque le gardien Nick Rimando et les deux centraux Carlos Llamosa et Pablo Mastroeni permettent à leur équipe d’établir un nouveau record avec seulement cinq défaites en saison régulière. Grâce à ce beau jeu et aux bons résultats lors de la saison 2001, le Fusion a su ramener ses supporters au stade avec une affluence moyenne de 11 177 spectateurs, malheureusement insuffisante. Lors des playoffs, Miami s’impose au terme du troisième match des quarts de finale face aux Wizards de Kansas City et accède pour la première fois de son histoire aux demi-finales de MLS. Malheureusement la franchise s’incline à la mort subite lors du troisième match contre les Earthquakes de San Jose, un match qui sera également le dernier match de l’histoire de la franchise Floridienne…

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Via Sports Illustrated

Les premiers échecs de la MLS

La Major League Soccer aurait connu des pertes de près de 250 millions de dollars lors des cinq premières saisons et cela pousse la ligue à vouloir réduire le nombre d’équipes de douze à dix, sous l’impulsion du tout nouveau commissionnaire Don Garber. Malgré les bons résultats lors de la dernière saison, le Miami Fusion est l’un des deux clubs que la MLS choisit de retirer de la compétition avec son voisin, le Tampa Bay Mutiny. Ce choix peut s’expliquer assez facilement puisque Ken Horowitz, le propriétaire, connaît quelques problèmes financiers. De plus lui et les autres investisseurs doivent faire face à de trop nombreux obstacles dans le marché Sud-Floridien, comme le fait que la plupart des habitants de Miami ne sont pas des locaux et ne s’identifient pas à la franchise mais encore la situation géographique du stade, situé à l’extérieur de la ville de Miami. Pour Don Garber, le commissionnaire de la MLS, “ce changement permettra de voir les pertes de la MLS baisser de 30% dès la prochaine saison”. En effet, le Fusion demandait régulièrement à la ligue de couvrir certaines de ces dépenses. De plus, la franchise de Miami était celle qui avait le moins de revenus dans la ligue car elle n’avait que très peu d’abonnés et de revenus venant des sponsors.

Même s’il est toujours triste de voir un club disparaître, on peut penser avec le recul que cette décision était la meilleure à prendre quand on voit le développement qu’a connu la MLS depuis. De dix franchises en 2002 à vingt-sept en 2020, les expansions se sont succédées et la prochaine marquera le retour de la MLS à Miami avec le club poussé par David Beckham : l’Inter Miami CF.

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Photo via MLSsoccer.com

Le retour de la MLS à Miami

Déjà en 2009 la MLS aurait pu faire son retour à Miami puisque le FC Barcelone, qui cherchait à conquérir le marché américain, était entré en contact avec Don Garber par l’intermédiaire de Marcelo Claure afin de créer une franchise à Miami pour une expansion en 2010. Finalement, au vu de la compléxité du marché sud Floridien, ce projet n’a pas abouti mais cela reflétait la volonté de la MLS de voir un nouveau club à Miami. Finalement, quelques années plus tard, David Beckham, qui avait négocié lors de son arrivée au LA Galaxy le droit d’acquérir une franchise pour 25 millions de dollars, se penche sur l’idée de Miami. Le 5 février 2014, Miami Beckham United, le groupe d’investissement de Beckham, Claure et Fuller, annonce avoir levé l’option pour créer une franchise MLS à Miami qui débutera dans la ligue en 2020.

Mais alors comment éviter l’échec du Fusion ? Tout d’abord l’importance du soccer aux USA s’est accrue entre les années 2000 et aujourd’hui la franchise bénéficie, grâce à David Beckham, d’une popularité à travers tout le pays. On peut également évoquer le cas du stade, le Miami Freedom Park, qui permettra de générer des revenus 365 jours par an grâce aux chambres d’hôtels, aux restaurants et au centre commercial. Ajoutons à cela, l’identité du club qui semble correspondre davantage à la population à majorité hispanique de Miami d’où vient l’appellation Club de Fútbol. Enfin, l’Inter Miami souhaite former des jeunes joueurs et disposer d’une équipe en USL qui devrait évoluer au centre d’entrainement du Lockhart Stadium. Le stade dans lequel l’équipe première évoluera également lors de ses deux premières saisons, là où le Miami Fusion s’est éteint 20 plus tôt…

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