Retour vers le Futur #4 : Le Jour où les Earthquakes de San José ont fait leurs Bagages

Pour la fin de cette série sur les franchises de MLS disparues, nous allons parler d’un cas très particulier, une relocalisation. En 2005, la franchise des Earthquakes de San José a déménagé dans une autre ville : Houston. C’était sans compter sur le fait que, trois ans plus tard, la franchise californienne renaisse de ses cendres.

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La création des Earthquakes de San José

L’histoire des Earthquakes débute bien avant que la MLS soit créée. En 1974, la NASL souhaite implanter une franchise à San José et c’est le nom “Earthquakes”, faisant référence à l’activité sismique de la région, qui est retenu après un vote réalisé auprès des lecteurs du San Jose Mercury News. Cette franchise aura notamment vu évoluer sous ses couleurs la star Anglaise Georges Best entre 1980 et 1982. Lorsque la NASL est entrée en faillite en 1984, les Earthquakes ont continué à jouer en Western Soccer League jusqu’à 1988, date à laquelle son directeur général Peter Bridgwater revend la franchise. Malheureusement, le nouveau propriétaire n’a pas les moyens de faire vivre les Earthquakes et la franchise tombe en faillite. En 1989, Van Voorhis reprend le club et lui donne le nom de “Blackhawks”. Deux ans plus tard, Van Voorhis fait de Laurie Calloway, un ancien joueur des Earthquakes, son entraîneur.

Lorsque la MLS est créée, Van Voorhis rassemble un comité d’hommes politiques, sportifs, journalistes mais aussi des leaders d’opinions. Ce comité écrit un document de plus de 50 pages visant à inclure San José parmi les franchises initiales de Major League Soccer, qui doit débuter après la Coupe du Monde 1994 aux Etats-Unis. En décembre 1994, Van Voorhis vend les Blackhawks à la MLS et Peter Bridgwater revient comme président. Les Blackhawks deviennent alors les Clash de San José mais conservent Laurie Calloway comme entraîneur. Avant le début de la première saison de MLS, les Earthquakes se renforcent avec l’arrivée de l’international américain Eric Wynalda. Le 6 Avril 1996, l’attaquant inscrit le premier but de l’histoire de la MLS devant 31 683 spectateurs au Spartan Stadium lors de la rencontre face à D.C United :  jusqu’en 1999, les Clash végètent dans le fond du classement malgré l’émergence de l’attaquant Salvadorien Ronald Cerritos (163 matchs, 66 buts).

Après avoir été racheté par Kraft Group Sports en janvier 1999, les Clash changent de nom pour reprendre le nom des Earthquakes et ainsi renouer avec son identité historique. La première saison sous ce nouveau nom n’est pas celle qui va permettre à San José de retrouver sa gloire d’antan, mais c’est la seconde qui sera la bonne. En 2001, les Earthquakes se qualifient pour les playoffs et vont s’imposer 2-1 grâce au but en or inscrit par De Rosario en finale contre le club voisin : le Los Angeles Galaxy. La saison de défense du titre est marquée par l’élimination des Quakes par le Crew en demi-finales de conférence malgré des buts de Landon Donovan et Ariel Graziani. Il faut attendre la saison 2003 pour voir le trophée revenir à San José après une victoire face au Chicago Fire sur le score de 4-2, avec notamment un doublé de l’inévitable Donovan, lors d’une finale disputée sur la pelouse du Los Angeles Galaxy.

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Via San José Earthquakes

 La saison 2004 est plus compliquée pour San José, qui est éliminé dès les demi-finales de conférence dans une année sans vague. En 2005, emmené par son entraîneur Dominic Kinnear, San José remporte le Supporters Shield après avoir dépassé la barre des soixante points en saison régulière et devient par la même occasion l’équipe ayant perdu le moins de matchs, avec seulement quatre défaites. Malgré cette belle saison, les Quakes se font éliminer pour la deuxième fois consécutive en demi-finales de conférence, s’inclinant cette fois ci face au Galaxy. Malgré la plus belle saison régulière de l’histoire du club ayant conduit au Supporters Shield, la MLS annonce que les Earthquakes vont quitter San José pour déménager à Houston et ainsi devenir le Houston Dynamo.

De San José à Houston

La MLS a décidé de délocaliser la franchise à Houston puisque les dirigeants avaient des difficultés à trouver un terrain d’entente pour créer un nouveau stade entièrement dédié au soccer à San José. En revanche, le nom et les couleurs du club ne sont pas gardés par le Dynamo afin de ne pas fermer la porte à un éventuel retour. Les joueurs et le staff vont désormais évoluer sous les couleurs de Houston. Le déménagement se passe bien du point de vue sportif puisque lors de la saison 2006, la première du Dynamo Houston en MLS, le club se qualifie en playoffs après une bonne saison régulière. Le Dynamo élimine consécutivement les Chivas USA et les Colorado Rapids avant de s’imposer en finale en prolongations face au New England Revolution. La saison qui suit est assez similaire puisque le Dynamo Houston s’impose une nouvelle fois en finale face au New England Revolution et remporte ainsi sa deuxième MLS Cup.

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Via A Football Report

En 2008, le Dynamo réalise une bonne saison régulière aussi et termine en tête de sa conférence avant de tomber face aux New York Red Bulls en demi-finales de conférence (Etant donné que seuls trois clubs étaient qualifiés à l’Ouest contre cinq à l’Est, le vainqueur de la conférence Ouest affrontait le 5ème de la conférence Est). Lors de la saison qui suit, le Dynamo arrive une nouvelle fois à se hisser en finale de Conférence Ouest mais s’incline 2-0 en prolongations contre le Los Angeles Galaxy. Mise à part une finale de MLS Cup en 2011, perdue une nouvelle fois face au Galaxy, le Dynamo Houston s’enfonce progressivement dans le ventre mou de la MLS.

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La renaissance des Quakes

Le 24 Mai 2006, Lew Wolff, déjà propriétaire des Oakland Athletics, annonce avoir acheté une option pour ramener une franchise de MLS à San José. Cette franchise reprendra le nom de son prédécesseur : les San José Earthquakes Qui retrouvent la MLS en 2008. Les premières saisons sont compliquées sur le plan sportif et il faut attendre 2010 pour voir les Quakes jouer de nouveau les playoffs grâce à celui qui deviendra plus tard le meilleur buteur de l’histoire de la franchise et de la ligue, le buteur Chris Wondolowski. Le chemin s’arrête en finale de conférence pour San José qui s’incline contre les Colorado Rapids. Par la suite, tout comme le Houston Dynamo, les succès sportifs sont de moins en moins fréquents et quand les Quakes arrivent à se qualifier en playoffs, leur passage est de courte durée. En revanche, en 2015, la franchise Californienne rentre dans son nouveau stade de 18 000 places : l’Avaya Stadium. Avec cette enceinte, les Quakes s’offrent un outil qui leur permettra de développer de nouvelles sources de revenus. Avec l’arrivée de leur nouvelle enceinte, les Quakes ont réussi à enchaîner quinze matchs à guichets fermés en MLS. Ces chiffres peuvent laisser réfléchir à la relocalisation des Quakes à Houston quand on sait le Dynamo peine à remplir son stade, malgré une nouvelle enceinte en 2012.

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Les frères ennemis ?

Avant de déménager, les Quakes ont remporté deux MLS Cups, tout comme l’a fait le Dynamo Houston en 2006 et 2007 avec l’effectif qui était celui de San José. Le sentiment laissé du côté de la Californie est amer, les supporters se sentant lésés par Houston qui leur a tout pris y compris deux titres, puisqu’officiellement la nouvelle franchise est une différente entité de l’ancienne et ne possède donc pas de trophées MLS. Lorsque les deux équipes s’affrontent pour la première fois après le retour des Quakes en Californie, le 22 Mai 2008, les supporters de San José n’ont qu’une envie : s’imposer pour se faire justice et heureusement pour eux, les Quakes s’imposent sur le score de 2-1. Mais au fil du temps, cette rivalité s’estompe. Les deux clubs jouant régulièrement dans le bas du classement, il n’y a désormais plus de grands matchs opposant les deux clubs. En plus de cela, du côté de Houston, la rivalité n’a jamais réellement existé. En effet, ce sentiment d’avoir été volé n’est présent que chez les supporters du Quakes qui, du jour au lendemain, ont tout perdu. Du côté de Houston, seul le retour de Wondolowski aux Quakes a pu blesser les supporters, mais rien ne laissait prédire qu’il allait éclore si tardivement.

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Via Houston Dynamo

Cette relocalisation peut laisser un arrière-goût avec le recul, puisque la MLS a privé les supporters de San José de leur équipe, alors performante, pour l’exporter au Texas. Même si sportivement le Dynamo s’est vite imposé, du côté des tribunes, les affluences n’étaient pas réellement au rendez-vous. Finalement, petit à petit, les deux équipes ont perdu en qualité et ont lentement glissé vers le ventre mou. En MLS, même si le système de la ligue permet de déplacer une franchise facilement, il ne faut pas oublier l’importance des fans mais aussi de l’histoire. On a justement pu le voir récemment avec le mouvement #SaveTheCrew qui a permis au club de l’Ohio de rester à Columbus. Le propriétaire de l’époque, Anthony Precourt, jugeant que la franchise n’était plus rentable, avait souhaité délocaliser à Austin mais les supporters du club ont réussi à empêcher ce déménagement. Bien que Don Garber, le commissaire de la MLS, avait donné son accord, les fans ont pu s’appuyer sur une loi instaurée dans l’Ohio interdisant aux propriétaires de “délocaliser si les infrastructures ont été financées par de l’argent public, à moins de donner un préavis de six mois et d’offrir une opportunité de rachat aux investisseurs locaux.”  Cette loi a permis à la municipalité de poursuivre Precourt devant la justice et ainsi conserver le Crew à Columbus en le laissant sous la responsabilité des familles Haslam et Edwards.  De son côté, Precourt fondera bien une franchise MLS à Austin (prévue pour 2021) mais cette fois-ci, les fans du Crew ne seront pas privés de leur équipe.

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