Des Documentaires sur le Soccer Nord-Américain (Première Partie)

En cette période de confinement qui touche le monde entier, Culture Soccer se permet aujourd’hui de vous conseiller trois documentaires qui ont pour sujet le soccer américain.

Ceci n’est pas une liste exhaustive, il y en a de nombreux autres et nous nous ferons un réel plaisir de lancer une deuxième partie de cette série à une date ultérieure. En attendant, cette semaine, nous vous emmenons dans trois univers complètement différents. Tout d’abord, dans la culture de la MLS et de ce qui caractérise les supporters de chaque franchise. Ensuite, nous vous proposons de découvrir l’un des clubs mythiques du continent Nord-Américain. Finalement, le dernier documentaire est le portrait d’un entraîneur américain célèbre en MLS, mais porté en dehors de sa ligue de prédilection pour un poste de sélectionneur dans un pays en difficulté.

Lire Aussi : Documentaires sur le Soccer Américain (Deuxième Partie)

The Movement – Calen Carr (2016-2019)

Mon premier choix est déjà un petit peu complexe puisqu’il ne s’agit pas d’un documentaire mais plutôt d’une série documentaire. The Movement n’est toujours pas terminée et s’étend actuellement sur quatre saisons, avec 32 épisodes sur la culture des supporters en MLS et au-delà – je vous explique pourquoi dans quelques lignes. Dans des épisodes qui durent généralement entre 10 et 20 minutes, l’ancien joueur Calen Carr (ex-Chicago Fire et ex-Houston Dynamo) nous emmène découvrir ce que sont les caractéristiques de chaque club et de ses groupes de supporters à travers la ligue et même des régions où la MLS n’est pas implantée. Pour son tout premier épisode, en 2016 (la qualité s’améliorera à chaque saison, mais ce premier est un bon exemple de ce qui suivra), il posera ses valises à Montréal du temps où Didier Drogba portait le maillot bleu-blanc-noir. Calen Carr nous fait découvrir la culture de cette ville si spéciale, où cohabitent les cultures et les langues. Il part souvent de clichés récurrents sur la ville en question, mais s’en défait tout au long des épisodes, comme pour montrer que si on va au-delà de ce qu’on trouve à la surface, on peut découvrir une culture bien plus intéressante qu’au premier abord. Un excellent exemple de cela est son épisode de la deuxième saison sur le Real Salt Lake, qui montre comment la franchise de Salt Lake City permet de rassembler une ville pourtant culturellement mixte et d’avoir en tribune côte à côte des mormons et des punks.

La série est parfaite si vous ne venez pas du continent nord-américain, ou si vous n’y avez pas voyagé énormément. Vous y apprendrez non seulement sur chaque club, mais aussi sur les régions où ils ont été fondés. Par exemple, Calen Carr nous emmène observer l’influence latino de Houston, la période où le Toronto FC était l’un des pires clubs au monde, comment le passé de Seattle influence son futur ou la manière dont Orlando et son club se sont réunis après une tragédie. Même si vous connaissez déjà la Major League Soccer de fond en comble, The Movement, bien que produit par la MLS elle-même, prend des détours inattendus. Dans les deux premières saisons, Calen Carr est notamment passé par la NASL pour parler de la culture du soccer à Puerto Rico, qui y possédait un club à l’époque. Il est aussi allé découvrir la trop méconnue Sacramento, avant qu’on attribue à celle-ci une franchise d’expansion. Plus récemment, il est allé voir du côté des Las Vegas Lights afin d’étudier les stratégies marketing de l’équipe, actuellement en deuxième division.
Finalement, lors des troisième et quatrième saisons, Calen Carr et son équipe se sont éloignés progressivement du modèle « un épisode, un club », pour nous faire découvrir d’autres facettes de la culture soccer qui transcendent les franchises. Dans la saison 4, par exemple, il a exploré le lien intime qu’avaient les joueurs musulmans avec le sport, comment DC United célébrait ses héros de la ségrégation ou comment les Sounders devenaient des leaders du développement durable. Il aura aussi voyagé en dehors des Etats-Unis, pour découvrir la culture du hip-hop et sa relation avec le soccer torontois, l’influence du Costa-Rica sur la MLS ou encore le regard étrange que portent les Anglais sur la MLS. Indéniablement, The Movement aura énormément contribué à mon intérêt sur le soccer. Je ne peux recommander une meilleure série pour commencer son initiation au soccer au Canada et aux Etats-Unis, puisqu’elle est intégralement disponible gratuitement sur YouTube et sur le site de la MLS en cliquant ici.

Once in a Lifetime: The Extraordinary Story of the New York Cosmos (2006) – Paul Crowder et John Dower

Nous vous avions déjà parlé sur Culture Soccer de la fin des années 60 et du début de la décennie suivante, où est fondée aux Etats-Unis et au Canada la première ligue de soccer professionnelle réellement populaire, la North American Soccer League (NASL). Cette dernière connaîtra son apogée à la fin des années 70, avant de disparaître en 1984. La raison de son succès mais aussi celle de sa mort rapide peut-être expliquée en trois mots : New York Cosmos. Un club quasi-amateur, racheté en 1971 par Warner Communication, qui en cinq ans y amènera un des meilleurs joueurs de l‘histoire du soccer mondial, le Brésilien Pelé. Georgio Chinaglia ou Franz Beckenbauer suivront notamment pour créer un engouement sans précédent sur ce sport quasi inexistant une décennie auparavant en Amérique du Nord. Le Cosmos sera un club qui arrivera à entasser plus de 70 000 spectateurs au Giants Stadium pendant ses années les plus fastes, avec en tribune, des ‘people’ comme Mike Jagger, Muhammad Ali ou Henry Kissinger. C’est exactement cette histoire que nous racontent Paul Crowder et John Dower dans cet excellent documentaire, sorti en 2006 et narré par Matt Dillon. Via de nombreux entretiens, les réalisateurs donnent la parole aux dirigeants, joueurs (dont Chinaglia, plus grand que nature, mais aussi Beckenbauer et Carlos Alberto) et journalistes pour décrire la folie qui entourait l’équipe à cette époque. « Les couvrir, c’était comme suivre les Rolling Stones », raconte un reporter dans le film. En effet, le documentaire fait découvrir une vie faite de night-clubs, de jets privés et de foules, ce qui était loin d’être le cas dans toute la NASL. Cependant, le Cosmos et l’arrivée de Pelé changeront définitivement l’avenir de cette ligue qui se devait, dorénavant, d’avoir un Pelé par franchise et qui conduira des vedettes telles que George Best ou Yohan Cruyff à rejoindre les rangs de Los Angeles ou San José.  Le documentaire, qui parle aussi avec de nombreux détails de l’échec de la NASL, est un réel bijou pour tous ceux qui s’intéressent à l’histoire du sport, que ce soit aux États-Unis ou non. Once in a lifetime a en effet, chose assez rare pour le mentionner, connu un succès critique dans le pays de l’oncle Sam qui pourtant en 2006, n’était pas extrêmement friand du sport. « Le New York Cosmos reprend le meilleur et le pire de ce qu’est le soccer aux Etats-Unis », dit le trailer. Vous ne serez pas déçu.

We Must Go (2014) – Dave La Mattina et Chad N. Walker

Ce documentaire de 2014 est un moyen parfait pour découvrir l’actuel coach du Los Angeles FC, qui a gagné le titre de meilleur entraîneur de MLS l’année passée, Bob Bradley. L’ancien sélectionneur des États-Unis était, avant la Coupe du Monde 2014, en charge d’une autre sélection, celle de l’Égypte de Mohamed ‘Mo’ Salah. Certes, le documentaire ne se passe par en Amérique du Nord comme les deux cités plus haut, mais il permet de montrer qui est réellement Bob Bradley, au-delà de la figure publique que l’on connaît et du coach maintes fois titré en MLS. Plus que découvrir l’homme, le film est intéressant car il fait voyager et découvrir la culture du soccer, assez méconnue, d’Afrique du Nord et plus spécifiquement de l’Egypte. En découvrant ce pays et sa passion pour le sport à travers les yeux d’un coach américain, nous découvrons avec lui le fossé immense qu’il y a en termes d’engouement populaire par rapport aux États-Unis et comment, une simple victoire peut influencer le comportement d’une population entière. En effet, le documentaire suit la sélection des Pharaons et Bob Bradley en des temps bien spécifiques : alors en pleine phase de qualifications pour la Coupe du Monde 2014, l’Égypte est touchée par un coup d’état qui mettra à mal le président de l’époque, Mohamed Morsi, et des affrontements violents surviennent dans les rues. Populaire autant avec les joueurs qu’avec la population locale, Bob Bradley se prête au jeu du documentaire à la perfection, en répondant à de nombreuses questions des réalisateurs et un film touchant en découle. Long de moins d’une heure, il est aussi disponible sur YouTube gratuitement.

One Reply to “Des Documentaires sur le Soccer Nord-Américain (Première Partie)”

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s