Entretien avec David Clanachan, Commissaire de la Première Ligue Canadienne (CanPL)

Image de couverture via The Athletic.

Ceci est la retranscription de l’entrevue faite en anglais dans l’épisode 13 de la saison deux de CS à l’érable où, nos hôtes, Hady Raphaël et Daniel Cameron, ont reçu le commissaire de la Première Ligue Canadienne (CanPL); David Clanachan.  L’épisode est disponible sur notre site en version originale.

Hady Raphael: Nous pouvons difficilement cacher la situation dans laquelle nous nous trouvons actuellement. Pouvez-vous nous dire comment vous passez votre temps avec le confinement?

David Clanachan : Je suis comme vous, comme tous les Canadiens, nous sommes des personnes sociables. J’ai trois adolescents de 15, 19 et 20 ans à la maison car ils ne sont pas de retour à l’école. Nous sommes ici alors je redécouvre la famille! C’est intéressant car, vous devez le savoir, nous nous éloignons parfois de la famille à un certain âge. Nous sommes dans une situation sans précédent. Dans ma vie, je n’ai jamais eu l’occasion de vivre quelque chose de similaire. Nous apprenons jour après jour, heure après heure. Habituellement, lorsqu’il y a un problème, la situation change de manière hebdomadaire, alors que maintenant, ça change quotidiennement. Tout ce que je peux faire est de rester humble et être prêt à changer et prendre une nouvelle direction lorsque nécessaire.

Daniel Cameron: Concernant ces changements, vous avez probablement des plans sur les éventuels scénarios possibles en cas de reprise de la saison 2020, pouvez-vous nous en parler?

Clanachan : Naturellement! Nous avons commencé à y penser lorsque nous avons annoncé que nous reportons les camps d’entraînement et le début de saison, j’avais d’ailleurs oublié que le début de saison devait être samedi prochain, le 11 avril. En premier, nous devons remercier les personnes qui risquent leurs vies pour nous. En tant que Canadiens, nous devons respecter les directives gouvernementales et les recommandations des spécialistes de la santé. Nous devons constamment travailler sur des scénarios. Par exemple, ce qui pourrait arriver si nous pouvons rejouer en juin et reprendre la saison en juillet. Nous n’avons pas encore de réponses. Je fais attention de ne pas épuiser nos employés à envisager des scénarios inutilement et leur faire perdre leur temps. Nous devons attendre que le gouvernement et les responsables de la santé publique nous informent qu’il est sécuritaire de retourner jouer, bien sûr devant les supporters. Ce sera la priorité numéro un. Je crois que tout le monde comprend la situation. Au Canada, nous suivons les règles, nous respectons les lignes d’attente! Je suis agréablement surpris par la manière dont le pays s’est comporté pour le moment!

Raphaël : Il ne faut pas oublier que les joueurs et les équipes n’ont pas eu de préparation. Je suis sûr qu’une fois que le gouvernement aura donné son accord pour reprendre les activités, il faudra laisser du temps aux équipes, aux joueurs, aux entraîneurs pour entreprendre une préparation et éviter les problèmes physiques, n’est-ce-pas?

Clanachan : Bien sûr, nous avons commencé la présaison plus tôt cette année car la saison commençait plus tôt cette année. 16 jours plus tôt, pour être précis! Les joueurs s’entraînaient seuls avec des plans d’entraînement fournis par leurs clubs. Nous allons revenir rapidement mais il faut attendre l’autorisation.

Cameron: Concernant la première saison de l’histoire de la ligue, c’était évidemment un succès! Aviez-vous prévu un tel résultat avant le début de la saison?

Clanachan : Je crois que personne ne pouvait prédire un tel succès. J’étais confiant avant le début car je connaissais les propriétaires des équipes, les entraîneurs, plusieurs joueurs et les gens travaillant pour la ligue. Je savais que nous avions tous un objectif commun que nous voulions atteindre. Nous avions aussi une arme secrète: les fans et les communautés autour des clubs. Nous avions toute une nation de notre côté. La population au Canada veut que ce sport ait du succès au plus haut niveau. Il est important de faire ça et de rejoindre le reste du monde au soccer de première division. Je crois que nous avons fait du bon boulot! C’était une page blanche, nous pouvions faire ce que nous voulions! Les gens étaient enthousiastes! Ils voulaient de la créativité, de l’innovation, tout en impliquant les communautés locales. Surtout, ils voulaient s’assurer que nous offrons une plateforme pour les jeunes joueurs canadiens en leur donnant l’occasion de briller. Nous avons fait un grand travail. À ce niveau, je crois que nous avons obtenu une bonne note!

Raphael: Je dois avouer que j’étais peu confiant par rapport au niveau de jeu à venir mais j’étais impressionné par ce dernier pour cette première saison en espérant que le niveau augmente dans les prochaines années!

Clanachan : Concernant le niveau de jeu, J’ai eu plusieurs commentaires à travers le monde. Ils m’ont avoué que c’était mieux que ce qu’ils espéraient. Ils étaient impressionnés! Le sceau d’approbation vient de l’Atlético Madrid qui a décidé d’acheter un club à Ottawa. Un club dans le top 10 mondial qui dit vouloir jouer au Canada, en CanPL ! Vous n’obtenez pas ce genre d’approbation facilement. Je crois que ça en dit long à travers le monde… et bien sûr au Canada !

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Cameron : Bien sûr, nous pensions que voir un tel club qui vient investir chez nous est une grande nouvelle. Croyez-vous que vous recevrez davantage de propositions de clubs étrangers à l’avenir ?

Clanachan : Vous devez le savoir, le soccer une géante fraternité! Nous sommes tous frères! Lorsque nous sommes sur le terrain, c’est différent! Hors du terrain, c’est une vraie fraternité! Tout le monde veut aider et participer, ils seraient prêts à tout faire pour vous aider, jusqu’à vous donner le maillot sur leur dos! Nous avons eu plusieurs ligues, la Bundesliga allemande, la Liga espagnole, la Serie A italienne et des gens d’Amérique du Sud qui nous ont offert de l’aide! Seulement parfois, nous ne savons pas ce dont nous avons besoin. Vous me demandez si je pense que d’autres clubs à travers le monde voudront investir au Canada? Je dirais oui, et ce, pour deux raisons. La première raison est que nous avons un magnifique pays, tout le monde aime le Canada, je vous assure. Nous ne nous en rendons pas compte car nous y vivons chaque jour. La seconde raison, nous sommes un pays de soccer mais nous ne nous en rendons pas compte encore. Le monde est petit, la vie n’est plus ce qu’elle était il y a 50 ans. De nos jours, vous pouvez aller à l’autre bout du monde en moins d’un jour. Nous avons un joueur comme Jonathan David en Belgique et Alphonso Davies au Bayern Munich. Nous avons également Tristan Borges qui vient de signer en CanPL après avoir reçu le trophée de Joueur de l’année en CanPL. Il y a du talent! En tant que pays, nous produisons beaucoup de grands athlètes malgré notre petite population. Regardez le hockey, le baseball, le patinage de vitesse courte piste, nous faisons du bon boulot dans les sports malgré la population! Nous sommes des passionnés de sport. Donc je dirais oui, les clubs étrangers seraient intéressés par le Canada. La seule manière qui a du sens pour moi est que ça respecte le plan stratégique du club et celui que nous avons. Lorsque les deux s’accordent, nous pouvons avancer. C’est très intéressant!

Raphaël : Concernant le Québec, nous avons entendu plusieurs rumeurs par rapport à des groupes d’investisseurs potentiels. Nous attendons avec impatience une annonce et nos auditeurs nous interrogent souvent à ce sujet. Sommes-nous près d’une annonce? Y a-t-il des avancements ou voit-on plutôt un arrêt des négociations en raison de la situation actuelle?

Clanachan : Il y a plusieurs discussions en cours. Il faut trouver le bon partenaire, il faut que ce soit intéressant pour eux et pour nous. Je ne crois pas que nous sommes réellement une ligue canadienne tant que nous n’avons pas de clubs au Québec. Nous avons un intérêt pour la ville de Québec et pour Montréal. Le Québec est une grande province de soccer, avec beaucoup de joueurs talentueux. Lorsque nous avons annoncé le club à Ottawa, j’ai réalisé que nous ne sommes pas encore au Québec mais devant la porte d’entrée! Au bureau de la CanPL, nous ne nous arrêterons pas tant qu’il n’y aura pas une équipe au Québec. Nous devons en faire plus car il y a beaucoup de talent mais nous devons nous assurer que nous choisissons le bon projet et ce, sans faire les choses n’importe comment. Je ne crois pas que nous soyons si loin d’y arriver mais il n’y a aucune raison de s’empresser. Je connais les Québécois, ce sont des gagnants! Nous devons nous y prendre de la bonne manière afin qu’ils aient un club de qualité.

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Cameron : Concernant le Québec, plusieurs joueurs viennent de la PLSQ, y a-t-il un accord ou un partenariat à venir entre la CanPL et la PLSQ?

Clanachan : Nous avons eu des discussions intéressantes avec la PLSQ et Soccer Québec grâce à leurs relations avec l’association de soccer de l’Ontario. Je connais bien Mathieu (Chamberland), Pierre (Marchand) et d’autres dirigeants. Je pense que nous travaillons dans le même sens. Nous avons notamment travaillé pour qu’un club ontarien (Ottawa South United) se joigne à la PLSQ cet été. Nous travaillons aussi ensemble sur certains sujets. Nous aurons une relation plus profonde lorsque nous aurons un club professionnel dans la province.

Raphaël : Nous recevons certains commentaires en lien avec le contenu en langue française sur le site de la ligue. Évidemment, nous avons constaté une amélioration à ce niveau avec l’arrivée d’Arcadio Marcuzzi. Cependant, il n’y a pas eu d’articles en français depuis une vingtaine de jours. Y a-t-il des mesures en place pour augmenter le contenu francophone sur le site?

Clanachan : L’année dernière, nous avions pensé à ce qui vient en premier, l’œuf ou la poule? Nous nous sommes questionné si nous devions attendre d’avoir une équipe (au Québec). Cette année, nous avons pris la décision d’ajouter une traduction de certains communiqués de la ligue. Également, avec l’arrivée d’un club à Ottawa, nous avions un plan d’avoir des francophones parmi les employés de la ligue et l’équipe éditoriale. Nous avions des plans pour plus de contenu en langue française pendant la saison. Évidemment, tout a été interrompu mais ça ne veut pas dire que nos plans ont changé à ce sujet. Nous allons continuer à augmenter et améliorer le contenu francophone pour 2020 et les années à venir. À notre avis, ce doit être authentique. J’ai appris, grâce à mon expérience chez Tim Hortons, qu’il n’est pas possible de prendre un commerce anglophone, de l’installer au Québec, traduire le tout et le laisser tel quel. Il est important de s’’immerger dans la culture et les façons de faire. Nous commençons à mettre en place la voie pour y arriver et nous avons un plan. J’espère que la prochaine fois que nous aurons l’occasion d’en discuter, vous me direz qu’il y a une amélioration!

Raphael : Je n’en doute pas, avoir quelqu’un comme Arcadio (Marcuzzi) est déjà un plus!

Clanachan : j’apprécie que vous m’en parliez. Nous écoutons les supporters, nous avons apporté des changements. Par exemple, les fans nous ont dit que les deux saisons, Printemps et Automne, n’étaient pas une formule idéale, qu’une seule saison serait mieux. Nous avons changé! Il faut écouter les supporters, car ce sont eux qui se soucient du sport, qui le suivent et sont loyaux. Nous allons toujours le faire, nous apprécions la rétroaction, c’est même un cadeau!

Cameron : Concernant les joueurs étrangers ayant signé en 2020, plusieurs viennent de la base de données 21st Club. Nous voulions savoir s’il y avait une sorte de repêchage ou de draft mise en place pour savoir quel club sélectionne quel joueur, comment ça fonctionne?

Clanachan : Non! Ce n’est pas un repêchage. Je crois que ce sera la première fois que je l’explique et vous aurez la chance d’en avoir l’exclusivité. C’est très simple. Nous avons fait la connaissance de ce groupe basé au Royaume-Uni qui est 21st Club. Ils ont fait un travail remarquable avec Liverpool, Manchester City, l’AS Monaco, le PSG, l’Ajax et plusieurs autres grands clubs de ce monde. Ils ont une base de données de 10 000 joueurs âgés de moins de 23 ans. Nous avions commencé à parler à des agents et des recruteurs au Canada. Nous avons décidé qu’au lieu d’avoir sept ou huit clubs qui font le tour du monde pour recruter des joueurs au Canada, vous le savez, chaque club n’a le droit qu’à sept joueurs étrangers en CanPL, pourquoi ne pas trouver les cent meilleurs joueurs d’un certain groupe d’âge dans les postes recherchés par les clubs? Nous avons demandé aux clubs ce qu’ils cherchaient. Ils ont répondu sensiblement la même chose, des milieux offensifs, des attaquants et de grands défenseurs centraux. Bien sûr, si vous pouvez trouver la licorne qui est un arrière gauche solide aussi!

Raphaël : C’est une position très prisée au Canada. Malheureusement, à part Alphonso Davies qui a été replacé à cette position, il y a toujours eu un vide à ce poste en équipe nationale.

Clanachan: Je suis d’accord. Si on regarde dans le monde, Andrew Robertson de Liverpool est peut-être présentement le meilleur arrière gauche dans le monde. Quand je jouais, j’étais un numéro 10, dans l’ancien onze partant: 5 en avant, 2 au milieu, 2 en arrière et un gardien. Si j’avais su que les arrières gauches toucheraient d’aussi gros salaires, j’aurais demandé à mon entraîneur de me laisser à ce poste! Nous avons donc mis en place ce bassin de joueurs avec un recrutement centralisé. Nous nous sommes assurés que les joueurs étaient intéressés de venir jouer au Canada. Les clubs ont commencé à regarder les vidéos et les CV des joueurs grâce à cette base de données. Ils ont accès à plusieurs informations afin de connaître ces joueurs. Je dois vous dire que les clubs et les entraîneurs étaient sceptiques mais quand ils ont vu le fonctionnement, ils ont apprécié la qualité et la valeur ajoutée. La moitié du jeu est dans le mental, n’est-ce pas? Personne ne veut engager un mercenaire car le mercenaire se présente et dès qu’il commence à jouer, il se demande quelle sera sa prochaine destination. Vous voulez des joueurs qui veulent être dans ce pays, qui sont autant amoureux de ce pays que du jeu. Comment créer un bassin qui fait en sorte que les clubs observent des centaines de joueurs au lieu de milliers de joueurs? Maintenant, les clubs choisissent les joueurs selon leurs besoins. Je trouve ça brillant! Ça n’a jamais été fait pour une ligue auparavant, seulement pour des clubs, de grands clubs! À ma connaissance, c’est une première pour une ligue. Ils ont accepté de travailler avec nous car nous avons apporté d’autres personnes à la table. Encore une fois, il s’agit d’une feuille blanche, une nouvelle ligue. Nous pouvons donc mettre en place les règles que nous voulons tant que nous respectons les règles de la FIFA. C’est comme ça que le système fonctionne.

Cameron : Donc les clubs ont accès à cette base de données et ils peuvent contacter les agents des joueurs directement?

Clanachan : Ils ont accès aux vidéos, aux blessures, aux performances depuis l’âge de 15 ou 16 ans, l’âge d’entrée à l’académie. Ils ont accès à tout ça, plusieurs types de séquences vidéo. Imaginez si je devais me déplacer dans le Nord de la France pour observer un joueur. J’aurais une seule occasion de le voir et je dois ensuite discuter à d’autres personnes qui pourront me partager leurs opinions. Il s’agit de personnes que je peux connaître, mais pas nécessairement des personnes dont je suis proche non plus. Le monde est immense. Le plus de données que vous avez, le mieux c’est. Les données ne gagnent pas un match de soccer mais elles aident les bons entraîneurs à prendre les bonnes décisions.

Cameron : Plusieurs joueurs ont été prêtés en CanPL par des clubs de MLS, y a-t-il certaines restrictions concernant ces prêts, notamment des clauses de rappels et des limites de prêts par club?

Clanachan : Non, pas vraiment. Nous avons travaillé à ce sujet. Nous sommes nouveaux. Nous avons de bonnes relations avec les dirigeants des clubs canadiens de la MLS, le transfert de Joel Waterman de Cavalry à l’Impact de Montréal le prouve. Cette année, le gardien de l’Impact est allé chez Valour FC. La ligue a une limite de cinq prêts du même club de MLS à travers la ligue. Personne ne veut avoir la moitié de son équipe rappelée!

Raphaël : Donc les clubs de MLS peuvent inclure une clause de rappel?

Clanachan : C’est permis, mais il y a des règles à ce niveau. Une sorte de gentleman’s agreement. Je connais Bob Lenarduzzi (des Whitecaps) de Vancouver, Bill Manning (de Toronto FC), Joey Saputo et également Kevin Maguire. Nous sommes tous amis, tant que nous ne nous affrontons pas dans le Championnat Canadien. Montréal a fait un bon travail jusqu’en finale du championnat canadien. Je dis toujours que York 9 était à un but de peut-être gagner le championnat canadien mais L’Impact a fait du bon travail contre le Toronto FC. C’était agréable à voir!

Cameron : Nous en sommes très fiers! Concernant les prêts, Ryan Telfer avait été rappelé pour un match en 2019 par le Toronto FC. Ce genre de scénario pourrait se reproduire en 2020?

Clanachan : Oui, il y a des clauses de rappel. Cependant, il y a des règles non écrites, ce ne peut être utilisé pour bénéficier d’un avantage compétitif.

Raphael : Vous avez des origines écossaises, nous savons que vous êtes fan des Glasgow Rangers, renommés FC Rangers. Êtes-vous fier de voir que Scott Arfield, le capitaine de l’équipe nationale canadienne, porte le maillot de votre club? Vos deux pays sont rassemblés sous le même maillot.

Clanachan: Scott Arfield va comme un gant pour le soccer écossais! Il a le cœur d’un lion. J’admire sa manière de jouer, il se donne à 110%. Il donne tout son corps à chaque tacle et c’est un leader naturel. Ce qu’il fait pour le Canada est fantastique! J’étais présent quand ils ont battu les États-Unis pour la première fois en 30 ans. Les capitaines dirigent leur équipe, sur et hors du terrain. Ils n’ont pas joué contre les États-Unis mais ils ont plutôt joué pour leurs coéquipiers. Je donne beaucoup de crédit au sélectionneur John Herdman aussi. Cependant, les capitaines peuvent faire la différence, comme entre les Canadiens de Montréal et les Red Wings de Détroit. Je suis un fan des Glasgow Rangers depuis toujours. J’y ai été initié par mon grand-père comme tout le monde. Je pense encore que c’est encore un des meilleurs derbys dans le monde; Rangers contre Celtic. Ce n’est pas aussi tribal qu’à l’époque mais c’est toujours très émotif.

Raphaël : J’ai vu des matchs avec Brian Laudrup, Barry Ferguson, Henrik Larsson …etc… dans le passé. C’est toujours une grande rivalité le match qu’on appelle ‘The Old Firm’. Les rivalités sont toujours importantes dans le soccer!

Clanachan : J’ai assisté à un match entre les Rangers et Celtic, pendant 90 minutes, j’ai eu peur d’avoir une attaque cardiaque. Incroyable j’ai vu Ferguson de mes propres yeux mais un des meilleurs joueurs que j’ai pu voir jouer est Brian Laudrup. Il a joué en Écosse toutes ces années. Il aurait pu jouer n’importe où en Europe.

Cameron : À propos de l’équipe nationale, depuis le dernier camp, plusieurs joueurs de la CanPL ont été sélectionné, avec notamment un but de Didic. Est-ce que la ligue est en collaboration avec le staff de l’équipe nationale, par quel moyen?

Clanachan : J’ai beaucoup de respect pour John Herdman, pour ce qu’il a fait du côté féminin et masculin. Nous sommes sur son radar et sur celui de son staff. Ils sont contents de voir que plusieurs joueurs vont pouvoir commencer leurs carrières professionnelles plus tôt et ils vont suivre leur évolution. J’ai aimé le but de Didic, c’était fantastique! Je crois que cinq ou six joueurs de la CanPL ont été sélectionnés par l’équipe nationale olympique. Malheureusement, ça n’aura pas lieu mais Tristan Borges, Terran Campbell, (Diyaeddine) Abzi ont fait partie de la liste. Il est impossible d’être plus fier quand nous voyons des joueurs obtenir leur première sélection. Nous regardons vers 2026, dans six ans. Il y a encore beaucoup de temps. Les joueurs sur cette liste d’équipe nationale olympique, en 2026… je ne veux parler au nom de John (Herdman). Mais ils regardent de jeunes joueurs aujourd’hui dont nous ne connaissons pas encore l’existence. Certains joueurs qui auraient été présents dans ce camp. Si j’avais une boule de cristal, je dirais que nous ne savons pas encore qui ils sont. Ils pourraient jouer dans notre ligue dans le futur. Pensez à Alphonso Davies, qui a va avoir 20 ans cette année. Il y a six ans, il avait à peine 14 ans. Il décidait à peine s’il devait choisir de s’impliquer sérieusement dans le sport pour en faire sa carrière. Je crois qu’il s’agit d’une opportunité incroyable. Sans la CanPL, vous n’avez pas de temps de jeu, vous ne jouez pas contre de meilleurs joueurs que vous, vous n’améliorez pas vos qualités et vous n’apprenez pas le métier. Parce que c’est un métier. Quand vous décidez de devenir footballeur professionnel, vous décidez d’apprendre un métier. Ce n’est pas vraiment différent qu’un ingénieur mécanique ou un électricien. Vous apprenez ce métier et vous devenez meilleur. Vous devez jouer contre de joueurs meilleurs pour vous améliorer et monter de niveau!

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Raphaël : Nous tenons à te remercier David d’avoir pris le temps avec nous ce jeudi 9 avril et nous sommes très heureux d’avoir eu l’opportunité de te parler.

Cameron : Merci beaucoup David, on espère te revoir à nouveau à Montréal la prochaine fois que tu visites.

Clanachan : Merci à vous. Je suis disponible quand vous voulez.

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