Providence Park, Répands de l’amour

Au cœur du quartier Goose Hollow à Portland, dans l’Oregon, se situe l’un des plus beaux stades des États-Unis. Pour les fins connaisseurs de la Major League Soccer ou les groundhoppers, ces passionnés du ballon rond qui visitent les enceintes du monde entier, c’est un stade qui donne envie d’y être pour ce qui s’y passe, son architecture, son ambiance et toutes ses belles histoires. Voyage tout au bout de la côte ouest américaine, en direction du Providence Park de Portland.

L’entrée du stade met le ton : mélange de modernité et d’histoire. Crédit : @PortlandFR

Les Portland Timbers partagent ce stade avec l’équipe féminine de NWSL, les Portland Thorns FC. Durant les Big Sky Conference (compétition universitaire dans l’Ouest des États-Unis), ce sont les Portland State Vikings, les équipes sportives de l’Université de Portland, qui utilisent le terrain. Depuis sa création en 1926, on peut noter de nombreux évènements d’envergure nationale et internationale :

– Finale du Soccer Bowl 77 (dernier trophée de la carrière du Roi Pelé, avec le Cosmos contre les Sounders de Seattle, victoire 2 buts à 1)
– 4 matchs de la Coupe du Monde féminine 1999
– 6 matchs de la Coupe du Monde féminine 2003
– Triple A All-Star Game 2009 (baseball)
– 2 matchs de la Gold Cup 2013
– MLS All-Star Game 2014 (contre le Bayern Munich, victoire 2-1 de la MLS grâce à deux buts des légendes de la ligue : Bradley Wright-Phillips et Landon Donovan)

Le Providence Park, utilisé principalement pour le baseball durant le XXème siècle, a subi de grosses rénovations en 2010 pour pouvoir y accueillir la franchise des Timbers, jusque-là en USL (deuxième division américaine), tout juste avant d’intégrer la MLS en 2011. La ville de Portland, propriétaire du stade, a longtemps réfléchi à l’idée de faire du Providence Park un stade uniquement de soccer et/ou de football américain. Après avoir identifié un nouveau lieu pour les Beavers, l’équipe locale de baseball, le conseil municipal de Portland engage des travaux de rénovation à hauteur de 31 millions de dollars pour rendre les lieux compatibles aux exigences de la MLS.

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ARCHITECTURE, entre histoire et modernité

Le stade, pourtant centenaire, est en très bon état. Les nombreuses rénovations (1956, 1982, 2001, 2010 et 2019) ont  gardé ce stade, un des plus mythiques des États-Unis, au goût du jour. Par exemple, les derniers travaux effectués ont permis de solidifier la structure métallique, d’améliorer les sièges, d’installer de nouvelles suites de luxe ainsi que d’y apporter un nouveau système de sonorisation.

Situé dans le quartier de Goose Hollow, le Providence Park est au cœur de Portland, créant un lien très proche avec ses fidèles partisans. Il est très facile d’accès que ce soit en voiture ou en transports en commun, le stade ayant sa propre station de métro. L’architecture du stade s’intègre parfaitement aux traditions régionales et utilise des matériaux proches de la nature (mur en béton gris où grimpent des lierres, charpente du stade en gros bois des années 30 etc.) qui se rapportent au contexte du nord-ouest du Pacifique et aux ressources locales disponibles en forêts et en conifères. Les architectes ont trouvé un moyen innovateur de mettre les fans au plus près du jeu. En effet, lors de la dernière rénovation en 2019, ils se sont inspirés de la Bombonera de Buenos Aires, le stade de Boca Juniors, pour mettre les gradins en forme de ‘U’, le coté plat étant la tribune Est. La structure de quatre étages, haute de 35 mètres, empile les sièges et permet de créer une atmosphère fabuleuse au plus près des acteurs. Le tout en ajoutant 4.000 places aux 21.000 de base. Vue de l’extérieur, cette tribune est entièrement vitrée, ce qui rend ce côté du stade très moderne et s’intègre parfaitement à l’urbanisme qui entoure le Providence Park. Le rectangle vert, là où la magie opère, se trouve bien en dessous du niveau de la rue, ce qui donne l’effet d’une cuve et ajoute une résonnance incroyable dans l’enceinte. C’est aussi pour cette ambiance que ce stade est mythique. Les jours de matchs, la route SW Morrison Street qui longe Providence Park est fermée pour laisser de la place afin d’attacher les vélos des fans. En effet, les fans des Timbers sont très écolos, à l’image de l’atmosphère globale de cette ville « hipster » où les microbrasseries sont légion.

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La fameuse tribune haute de 35 mètres, inspirée de la Bombonera, vue de l’extérieur. Crédit : @PortlandFR

AMBIANCE, d’ici et d’ailleurs pour les Timbers

Avec une capacité de 25.218 places pour le soccer, le Providence Park fait guichets fermés à chaque match à domicile de son équipe fanion : c’était le défi très clair qu’avait la franchise en entrant en MLS. Plus encore, il faut attendre des années avant de pouvoir devenir abonné aux Timbers, la liste d’attente étant estimée à 13.000 personnes au lancement de la saison 2020. Le club se devait de mettre son stade dans les clous de la ligue avec un terrain configuré aux normes, mais une atmosphère exceptionnelle est également importante pour faire vendre et créer une dynamique de club à la hauteur des plus grosses franchises. Dix ans après, le défi est complètement réussi.

La Timbers Army, principal groupe de supporters de Portland, compte dans ses rangs les fans les plus passionnés au monde. Les tifos qu’ils fabriquent sont exceptionnels et peu importe le score, qu’il pleuve ou qu’il neige, les supporters ne s’arrêtent jamais de chanter. De plus, ils sont très impliqués dans des actions caritatives, notamment pour les enfants en difficulté et les plus démunis et comme, la majorité des habitants de Portland, ils sont très attentifs à l’écologie. À savoir que la ville fait partie des plus écologiques des États-Unis et est surnommée « La Cité des Roses » en référence à ses nombreux jardins de roses (dont l’International Rose Test Garden, le plus grand du monde).

Les chants des ultras proviennent du monde entier et sont « bluffants » de diversité. D’origines italienne, anglaise, russe, grecque ou latino-américaine, les chansons sont accompagnées de tambours ou de trompettes et rendent le tout convivial tout en assurant une ambiance dingue. Les écharpes que les supporters font tourner et les danses bras dessus-bras dessous qui accompagnent les chants ajoutent un brin de charme supplémentaire. Les fans sont les plus chauds du pays, voir du monde, comme dirait un certain Timber Joey.

Fumigènes, drapeaux, écharpes, rien ne manque dans cette fantastique ambiance. Crédit : @PortlandFR

En effet, comment parler de l’ambiance sans parler du supporter le plus célèbre de la Major League Soccer : Timber Joey.

TRADITION, des sacres à la tronçonneuse

Devenu presque mascotte avec le temps, qui ne connait pas Joey Webber aka Timber Joey ? C’est l’homme à la tronçonneuse qui fait face à la tribune Nord, celle de la Timbers Army forcément. À chaque but de son équipe, Timber Joey fait gronder sa tronçonneuse dans une ambiance exceptionnelle. Un véritable show né dans les années 70, à l’époque de la NASL (ligue maintenant disparue), et qui a initialement été créé par Jim Serrill.

Son idée est simple : découper un rondin de bois, « log slab » en anglais, à chaque but des Timbers ou à chaque blanchissage du gardien de but local. L’idée plait aux dirigeants qui voient en ce show une façon originale de faire parler du club et de respecter la tradition locale. C’est la naissance de Timber Jim. Malgré le fort engouement autour de ce spectacle tellement américain, la tradition prend un temps d’arrêt pendant quelques années pour une raison inconnue. Timber Jim revient sur le devant de la scène au début du XXIème siècle quand le club a pour objectif d’intégrer la Major League Soccer.

Durant les années 2000, à force de fréquenter le Providence Park, Joey Webber et Jim Serrill créent une amitié forte. Et c’est naturellement qu’en 2008, Jim passa le relais à Timber Joey quand il décide d’arrêter la coutume. Joey Webber, bûcheron de métier, porte parfaitement le costume avec sa barbe hipster et sa carrure de rugbyman.

Timber Jim, créateur d’une tradition qui dure depuis des années. Crédit : @PortlandFR

Casque sur la tête, lunettes de protection et tronçonneuse en main, le supporter numéro 1 attaque cette bûche de bois recouverte d’écharpes pour y découper des log slabs de quelques centimètres d’épaisseur dans une ambiance folle. La foule encourage Timber Joey lors de sa découpe. Le rondin est ensuite touché par la foule avant d’être remis au buteur à la fin du match. Pour la petite histoire, c’est l’ex-international français, Frédéric Piquionne, qui en 2013, a récolté le plus de rondins de bois en un seul match. Quatre morceaux pour quatre buts marqués en US Open Cup contre Wilmington Hammerheads. Ses premiers buts avec Portland, après une disette de onze matchs.

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Providence Park a été le théâtre de très belles histoires et de fabuleuses anecdotes. Une enceinte mythique qui n’a pas fini de nous faire vivre des moments exceptionnels.

Le fameux rondin de bois habillé d’écharpes de groupe de supporters. Crédit : @TimbersFC

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