[Guide] MLS 2022

C’est parti pour la 27e saison de Major League Soccer !

L’inter-saison a été absolument folle entre une ribambelle de joueurs partants en Europe (Pepi, Dike, Bello, Paredes, Turner, Sands…), des signatures intra-MLS inattendues (Paul Arriola à Dallas, Albert Rusnak à Seattle, Monteiro à San José, Lewis Morgan à New York, Kellyn Acosta et Maxime Crépeau à LAFC, Kacper à Chicago, Alistair Johnston à Montréal..) et des arrivées de joueurs fortement courtisés (Thiago Almada, Facundo Torres, Xherdan Shaqiri…). 

La saison qui arrive devrait l’être tout autant. NYCFC va défendre son titre face à des adversaires fortement renforcés, Nashville SC passe en conférence Ouest et augmente encore sa compétitivité tandis que Charlotte FC va devoir lutter pour ne pas connaître une saison d’expansion catastrophique. 

Le guide qui suit sera un excellent outil pour suivre cette saison avec intérêt et connaître les défis à relever pour chaque équipe. N’hésitez surtout pas à le partager autour de vous, si vous appréciez le travail effectué, et pour plus d’actualités sur la ligue, n’hésitez pas à écouter le podcast Hype dans lequel je serai présent chaque semaine.

Il me reste à vous souhaiter une excellente lecture et une très bonne saison 2022 !

Un ENORME merci à Nathalie Durgnat pour sa correction assidue de ces lignes.

*Fans de MLS ? Profite de ta passion sur So Rare, le jeu de carte à la sauce crypto ! Avec le lien d’affiliation de Culture Soccer, une carte est offerte après 5 achats, cliquez ici pour en profiter !*

CONFERENCE EST

Atlanta United 

(Photo via Atlanta United)

Entraîneur (Nationalité) : Gonzalo Pineda (Mexique)

Stade : Mercedes-Benz Stadium (42 500 en configuration soccer)

Année d’entrée dans la ligue : 2017

Gabi Heinze en MLS, c’était si beau d’y croire. J’ai fait partie du lot. Malheureusement, la légende argentine a été un raté sur toute la ligne, que ce soit dans les résultats ou les méthodes (on rappelle qu’il ne laissait pas les joueurs s’hydrater correctement aux entraînements…). Heureusement, l’intérim de Rob Valentin et la nomination de Gonzalo Pineda comme entraîneur ont annoncé de meilleures promesses et, avec leur bel effectif, Atlanta verra 2022 comme une année de revanche après la 5e place de l’an passé à l’Est.

Pour le premier vrai mercato de l’ère Pineda, un gros élément est parti : Ezequiel Barco, éternellement décevant malgré des moments de pur génie à Atlanta. Le prometteur latéral gauche George Bello s’en est également allé du côté de la Bundesliga, tandis que d’autres joueurs de rotation sont partis (Anton Walkes, Erik Torres, Mo Adams, Franco Escobar). Niveau arrivées, Thiago Almada est la grande signature de ce mercato. Pour le milieu de Vélez, Atlanta a cassé la tirelire et le record de MLS en payant 16 millions de dollars. A 20 ans, il arrive avec d’énormes attentes sur ses épaules. Le club est également allé chercher les vétérans Osvaldo Alonso et Dom Dwyer pour solidifier le milieu et l’attaque mais ce sont, pour le moment, les seuls vrais renforts à observer. 

Cela reste donc tout de même un peu léger pour United malgré un talent indéniable devant. Josef Martinez reste, bien entendu, un avant-centre fantastique et avec Erik Lopez, Dom Dwyer et Jackson Conway dans la rotation, le poste est à l’abri en cas de blessure. Jurgen Damm devrait partir et, le cas échéant, on retrouvera sur les ailes Marcelo Moreno, très bon l’an passé, et surtout Luiz Araujo, la recrue à 10M$ qui avait fait un bien fou en fin de saison. Au milieu, Almada prendra une belle place comme meneur de jeu, tandis que Santiago Sosa était l’un des meilleurs joueurs de la ligue et le duo qu’il forme avec Franco Ibarra marche à la perfection. Avec Emerson Hyndman ou Osvaldo Alonso dans la rotation, cela devrait le faire derrière Almada. Derrière, la défense reste solide avec un bon arrière-gauche malgré le départ de Bello (André Gutman) et le néo-international Brooks Lennon à droite. Au centre, Alan Franco et son partenaire Miles Robinson, qui est finalement resté après quelques intérêts européens, couvriront Brad Guzan, 37 ans, dont je ne serais pas étonné que ce soit sa dernière saison. 

Joueur clef : j’aurais bien aimé Josef Martinez mais petit avantage pour Luiz Araujo. L’ex-joueur du LOSC est maintenant l’homme le plus payé de la franchise et alors qu’on sait ce qu’on tire du Vénézuélien (à moitié blessé, il a quand même inscrit 12 buts l’an dernier !). Araujo a connu quelques éclats en 2021 mais, avec une demi-saison dans les pattes, il devra confirmer pour tirer Atlanta vers un titre. Ses 4 buts et 4 passes décisives étaient encourageantes et il n’a pas le même historique de blessures que Josef. 

La prédiction : Gonzalo Pineda a une belle équipe entre les mains. Un sage mélange de vétérans MLS, de stars latinoaméricaines et de jeunes promesses qui émergeront petit à petit dans l’année, comme George Campbell. Avec l’arrivée imminente de Thiago Almada, Atlanta United se doit, vis à vis des investissements mais également de la passion que suscite la franchise dans la ligue, arriver dans le top 4 des franchises à l’Est. 

Pour aller plus loin :

Luiz Araujo, un Champion de France à Atlanta
Gabriel Heinze, marque du renouveau des Five Stripes
Almiron parti, le futur d’Atlanta United

Charlotte FC

Karol Swiderski (Photo via Charlotte FC)

Entraîneur (Nationalité) : Miguel Angel Ramirez (Espagne)

Stade (Capacité) : Bank of America Stadium (75 412 places)

Année d’entrée dans la ligue : 2022

Le 14 janvier dernier, le directeur sportif de Charlotte Zoran Krneta déclare dans les colonnes de The Athletic que l’effectif est “très bon, fantastique – nous avons de supers joueurs”. Un mois après, le 12 février, son coach Miguel Angel Ramirez déclare “On est baisé”, aussi simplement que ça. Cela montre bien l’état de la toute nouvelle franchise à venir en MLS cette saison, le Charlotte FC. Un club dont la construction de l’équipe inquiète, peut-être pas au niveau d’un FC Cincinnati en 2019, mais pas loin. Charlotte a, par exemple, revendu les deux meilleurs choix qu’elle avait fait pendant l’Expansion Draft avec Tristan Blackmon et Ismael Tajouri-Shradi. 

Il reste encore des trous béants dans le potentiel onze de départ. Le gardien devrait être le Croate Kristijan Kahlina, 29 ans, Pablo Sisniega débarquant du LAFC pour prendre un rôle de doublure. En défense centrale, l’Urugayen Guzman Corujo et le Polonais Jan Sobocinski feront une paire plutôt intéressante et je m’attands à ce qu’Anton Walkes, pris à Atlanta United pendant l’Expansion Draft, vienne en compétition pour une place de titulaire. À gauche, l’ancien de Leicester Christian Fuchs pourrait commencer titulaire mais son âge, 35 ans, laisse des doutes sur sa capacité à tenir une saison entière. Joseph Mora, passé par DC, pourrait dépanner. À droite de la défense, cela se jouera entre le vétéran Harrison Afful, 35 ans et toujours plutôt bon l’an passé à Columbus, et le jeune Jaylin Lindsey. Ce dernier a longtemps été un bel espoir de Kansas City mais de nombreuses blessures ont ralenti sa progression. Au milieu de terrain, Alan Franco arrive de Mineiro avec de grands espoirs sur ses épaules (et l’angoisse de ne pas le confondre avec l’autre Alan Franco de MLS). Il jouera sûrement accompagné de Jordy Alcivar, un joueur désigné de 22 ans qui arrive d’Equateur. Un bon numéro 10, Cristian Ortiz, devrait être le maître à jouer de cette équipe. En prêt de Tijuana, l’Argentin a pas mal roulé sa bosse dans sa carrière et apportera une expérience importante dans un milieu plutôt jeune. L’Espagnol Sergio Ruiz, qui arrive de Las Palmas, devrait également avoir du temps de jeu tout comme le premier choix à la SuperDraft de cette année, Ben Bender. C’est devant que ça devient extrêmement compliqué. À gauche, il n’y a que Jordy Reyna qui semble pouvoir y jouer tandis qu’à droite, Orrin Gaines vient de l’Expansion Draft et d’Austin FC. Le premier est plutôt expérimenté mais le deuxième est un petit pari puisqu’il a peu joué au Texas en 2021, malgré de belles promesses. Au poste de numéro 9, un joueur désigné est arrivé en la personne de Karol Swiderski et, à 25 ans, il semble être la signature la plus intéressante du club. Derrière lui cependant, il n’y a que le très jeune Vicinius Mello, arrivé de Porto Alegre. Tout cela en fait un effectif extrêmement fin pour une longue saison avec souvent plus d’un match par semaine. 

Le joueur clef : je ne le connais pas énormément, mais Karol Swiderski est la plus belle signature qu’a fait Charlotte jusque-là. Le première joueur désigné de l’histoire de la franchise compte 35 buts en 135 matchs avec le PAOK en Grèce et 6 buts en 14 sélections avec la Pologne. Le prix d’achat, autour des 5M$, montre que Charlotte n’a pas peur d’investir mais le Polonais pourrait être bien esseulé dans cette ligne d’attaque.

La prédiction :  l’année 2021 risque d’être longue à Charlotte… Dans le pire des cas, ce sera un Cincinnati 2019. Dans le meilleur, un Austin 2021 avec un côté marketing réussi et un style de jeu alléchant, malgré un effectif un peu court. Pour le moment, ça se dirige plus vers le premier des deux cas, mais il est possible que des renforts arrivent au dernier moment ou pendant l’été. Ils ne seront pas de trop pour satisfaire les plus de 65 000 spectateurs qui vont assister au premier match de l’histoire de la franchise à domicile le 6 mars prochain. 

Pour aller plus loin :

Mode d’emploi, comment créer le Charlotte FC ?

Chicago Fire SC

(Photo via MLS)

Entraîneur (Nationalité) : Ezra Hendrickson (Saint-Vincent-et-les-Grenadines)

Stade (Capacité) : Soldier Field (61 500)

Année d’entrée dans la ligue : 1998

En MLS, il y a peu de choses qui sont prévisibles : mais le Fire en-dehors des playoffs, c’est plutôt une habitude. Sur les 12 dernières saisons, ils les ont ratés 10 fois. Un bilan catastrophique, couplé à des décisions sportives et marketing poussives. En 2022 cependant, le Fire veut y croire. Nouveau logo après l’horrible rebranding de 2019, nouveaux investissements et, enfin, un nouveau coach en la personne d’Ezra Hendrickson, ancien assistant à Seattle qui était convoité par de nombreux clubs. 

Ce dernier a également bénéficié de grandes ambitions lors du mercato d’hiver, en particulier de la venue d’un nouveau joueur désigné avec Xherdan Shaqiri. Un autre joueur désigné a posé ses valises, le jeune Jairo Torres, un ailier de 21 ans. Kacper Przybylko a également été piqué à Philly tandis que Spencer Richey arrive comme deuxième gardien et Rafael Czichos en défense centrale. Côté départs, Hendrickson s’est débarrassé de pas mal de joueurs qui n’avaient pas satisfait à Chicago, comme Robert Beric, Francisco Calvo ou Alvaro Medran. Cela laisse le Fire avec un effectif accompli et le nouvel entraîneur aura l’occasion d’imposer sa patte dès le début de la saison. 

La nouvelle recrue, Kacper, prendra sûrement le poste de remplaçant de Beric. C’est un bon neuf, vrai renard des surfaces, qui devra combiner avec Shaqiri, Fabien Herbers, Jairo Torres, Stanislas Ivanov, Brian Gutiérrez et le jeune Alex Monis (18 ans) derrière lui. En l’absence de Kacper, le jeune Jhon Duran a également signé cet hiver comme la plus jeune recrue étrangère de l’histoire de la ligue (17 ans), même s’il arrivera en cours de saison. Au milieu, le joueur désigné Gaston Jimenez est un très bon milieu défensif qui sera probablement en duo avec le jeune Federico Navarro, très intéressant depuis son arrivée l’été dernier. D’ici-là cependant, cette position manque cruellement de profondeur de banc. Derrière, c’est bien plus solide. Miguel Navarro devrait commencer à gauche (avec Jonathan Bornstein, toujours là à 36 ans, si besoin), tandis que Boris Sekulic, probablement le meilleur joueur pour le Fire en 2021, sera à droite. Mauricio Pineda continue sa progression est devrait rester titulaire en défense centrale, sûrement accompagné par Czichos qui amène un profil de vétéran. Le jeune Carlos Teran pourrait également engranger plus de minutes en 2022. Enfin dans les buts, c’est Gabriel Slonina, 17 ans, qui devra confirmer les énormes espoirs qui reposent sur ses épaules. L’Américano-Polonais est observé en Europe et il faudra que l’équipe technique de Chicago garde sa patience pour le faire progresser malgré les grandes attentes autour de lui. S’il part cet été, Chicago a déjà un autre jeune gardien en stock, Chris Brady, 17 ans.

Le joueur clef : difficile de ne pas nommer un joueur désigné payé 7 millions de dollars, encore plus quand c’est Xherdan Shaqiri ! Je n’ai probablement pas besoin de vous le présenter mais Shaqiri apportera un brin de folie qui manque à Chicago, en plus de vendre des maillots. Ce n’est peut-être pas un joueur qui sera, chaque semaine, le héros de la ville mais s’il peut connaître les performances hors normes qu’il a eu dans sa carrière lors de matchs clés et autrement bien combiner avec Kacper, il pourrait sauver la saison du Fire.

La prédiction : Chicago est renforcé, l’arrivée de Shaqiri et le nouveau logo magnifique rendent cette équipe vraiment sexy mais elle manque cruellement de profondeur. Sans plus de recrues, le Fire ne va pas réussir à continuer à performer après l’été. Cependant, si Shaqiri connaît une saison exceptionnelle et que Kacper est bien abreuvé en ballons, avec également des jeunes qui se développent, ce sera tout de même une saison réussie pour construire vers 2023. Pour le moment en tous cas, il n’y a pas assez de talent au milieu pour franchir les playoffs. 

Pour aller plus loin : 

Le Chicago Fire à la recherche d’une nouvelle identité

FC Cincinnati

Lucho Acosta (Photo via Cincinnati Magazine)

Entraîneur (Nationalité) : Pat Noonan (Etats-Unis)

Stade (Capacité) : Nippert Stadium (33 800)

Année d’entrée dans la ligue : 2019

Le FC Cincinnati, c’est d’abord une franchise ambitieuse et qui cumule les records. Jamais auparavant, un club n’avait réussi à finir trois fois dernière de la ligue. Les résultats sont terribles malgré cinq coachs en trois saisons pour l’équipe d’expansion de 2019. 2021 était horrible, quasiment rien ne marchait, mais il y a de l’espoir en 2022. Le nouveau directeur sportif Chris Albright et le nouvel entraîneur Pat Noonan, tous deux en provenance de Philadelphie, n’ont pas perdu de temps et commencent à construire un tout nouvel effectif. Et ce, malgré des contrats délirants signés par les administrations passées.

Albright a déjà débuté le grand ménage : Florian Valot (à notre grand malheur), Maikel van der Werff, Caleb Stanko ou encore Przemyslaw Tyton font partie des joueurs non conservés. Côté arrivées, Cincinnati aura enfin un gardien compétent avec Alec Kann, après deux années absolument mauvaises entre Tyton et Kenneth Vermeer (qui est toujours là). Dominique Badji, Alvas Powell et John Nelson amènent tous de l’expérience en MLS à diverses positions, tout en faisant revenir Ray Gaddis sur sa décision de mettre fin à sa carrière.

Il y a donc des renforts mais rien à voir avec les joueurs désignés signés en grande pompe au mercato dernier et Cincinnati a toujours d’énormes trous à combler. Dans les buts, Kann est une belle addition avec Vermeer derrière ainsi que Roman Celentano, choisi à la SuperDraft. Geoff Cameron restera probablement titulaire en défense mais son partenaire reste à décider entre Tyler Blackett, Nick Hagglund et Gustavo Vallecilla, un jeune Équatorien prometteur qui n’a pas réussi à s’imposer l’an passé. Ronald Mattarita et John Nelson couvrent l’aile gauche tandis qu’à droite, c’est Alvas Powell s’y colle avec Gaddis en remplaçant. Le milieu de terrain est… famélique. Alors que Haris Medunjanin a 36 ans, il est l’unique 6 du roster, obligeant Yaya Kubo (joueur désigné acheté comme attaquant mais qui n’a joué que 8 ou 6 ces deux dernières saisons) à faire la paire avec Allan Cruz. Le potentiel est bien plus intéressant devant, où Lucho Acosta connaît une deuxième jeunesse au centre avec Alvaro Barreal et Isaac Atanga à ses côtés, deux ailiers qui ont eu un rendement décevant mais qui ont montré de belles choses. Devant, Brenner a forcément la priorité, même si 13 millions de dollars est une somme conséquente pour 7 buts la saison passée. Brandon Vazquez, plutôt bon l’an passé, pourrait être une solution de repli ou pour une attaque à deux pointes, tout comme Badji. 

Le joueur clef : très peu sont ceux qui ont parié sur le renouveau de Lucho Acosta à Cincinnati (sûrement pas moi), alors que nombreux sont ceux qui ont cru en Jurgen Locadia, Yaya Kubo ou Brenner. L’Argentin est le meilleur joueur de Cincy, le seul avec Vazquez à avoir dépassé les attentes le concernant. Bon dribbleur, passeur et plutôt en forme, il ressemble au Acosta que l’on connaissait avec Wayne Rooney à DC. S’il reste en forme, il peut être la pierre angulaire autour de laquelle toute la construction de Noonan & Albright s’effectue.

La prédiction : il reste beaucoup trop d’incertitudes dans ce groupe pour espérer une qualification en playoffs. Le seul objectif pour 2022 devrait être de ne pas finir dernier et c’est fort réalisable, si Pat Noonan relance le même style de jeu qu’à Philadelphie ces dernières années. Cependant, sans réel jeune Américain, avec beaucoup d’internationaux qui n’arrivent pas encore à trouver leurs marques et des contrats onéreux, il est difficile pour Cincinnati de totalement reconstruire cette saison. 2022 devra servir de base avant de totalement re-créer un club en 2023, pour qu’enfin il soit à la hauteur de ses supporters. 

Pour aller plus loin :

Entretien avec Florian Valot, nouvelle recrue du FC Cincinnati

Il était une fois Cincinnati: Construire un effectif

Columbus Crew

Lucas Zelarayan (Photo via Columbus Dispatch)

Entraîneur (Nationalité) : Caleb Porter (États-Unis)

Stade (Capacité) : Lower.com Field (20 371)

Année d’entrée dans la ligue : 1996

Le Crew est LA grande déception de l’année 2021. Champion en titre et renforcé par des joueurs comme Kevin Molino, Columbus partait ultra-favori pour la saison… et n’a même pas atteint les playoffs. C’était une saison minée par les blessures, mais cela n’excuse pas tout : Columbus n’y arrivait tout simplement pas l’an passé et, malgré la victoire en Campeones Cup contre Cruz Azul, Caleb Porter a été extrêmement déçu de son effectif. 

Un effectif qui est pourtant très bon et n’a pas eu besoin d’énormément de changements au mercato. Yaw Yeboah arrive de Pologne pour apporter une solution additionnelle à droite, tandis que Jalil Anibaba (de Nashville) et Milos Degenek (de Belgrade) renforceront la défense centrale. C’est d’ailleurs en défense que Columbus a perdu quelques éléments, notamment Milton Valenzuela, Harrison Afful et Aboubacar Keita. 

Heureusement, Eloy Room est resté. Le gardien de Curaçao est un des meilleurs de la ligue et sera épaulé côté défensis par Degenek, Jonathan Mensah et Anibaba, ainsi que l’ancien Toulousain Steven Moreira. Le milieu de terrain est dense, on y retrouvera notamment l’excellent Darlington Nagbe ainsi qu’Aidan Morris, un jeune extrêmement prometteur mais qui s’était blessé pour la totalité de la saison 2021. Artur sera titulaire aux côtés de Nagbe, mais Perry Kitchen ou James Ibgekeme, prêté par Saragosse, seront également dans la rotation. Lucas Zelarayan est toujours présent et on espère le retrouver à son plus haut niveau, tant il fait la différence et épaulant Gyasi Zardes devant le but. Sur les côtés, Pedro Santos, Luis Diaz, Kevin Molino et Derrick Etienne sont tous dangereux, tandis qu’on attend plus d’Alexandru Matan, le Roumain de 22 ans qui déçoit depuis son arrivée. La bonne surprise, c’est également l’avant-centre Miguel Berry qui est une bonne solution en cas d’absence de Zardes.

Le joueur clef : Lucas Zelarayan, bien évidemment. Le meneur de jeu argentin est tout ce qu’une équipe attend d’un joueur désigné, tant il sait ouvrir le jeu et proposer de nombreuses solutions, tout en marquant, comme l’illustrent ses 12 buts l’an dernier. Ses dribbles sont tout aussi explosifs et bien qu’il soit un peu trop irrégulier, c’est un plaisir de le voir combiner avec Zardes & co. sur le devant de l’attaque.

La prédiction : Columbus a un effectif qui vieillit inexorablement. Après la forte hype qui les entourait suivant le titre de 2020, ils ont failli là où ils étaient pourtant si bons (en défense et devant le but) et les cadres sont de plus en plus blessés. Une nouvelle génération pointe son nez mais, malgré les talents de Zelarayan et une possible explosion de Miguel Berry, je m’attends à les voir se qualifier en playoffs mais dans les dernières places qualificatives de l’Est.

Pour aller plus loin :

Darlington Nagbe peut-il emmener le Columbus Crew à la MLS Cup ?
De Hawthorne au Crew, le long chemin du galactique Zardes
Le Crew version 3.0

DC United

Julian Gressel (Photo via MLS)

Entraîneur (Nationalité) : Hernán Losada (Argentine)

Stade (Capacité) : Audi Field (20 000)

Année d’entrée dans la ligue : 1996

Après des saisons décevantes sous la baguette de Ben Olsen, en 2021 l’empreinte du nouveau coach Hernan Losada a commencé à se faire sentir. Si le bilan final est plutôt décevant, les progrès sont plus qu’encourageants avec un style de jeu alléchant et des jeunes en progression. Le club est encore à la recherche d’une identité propre mais ce mercato d’hiver fut l’occasion pour Losada de reconstruire un effectif à son image.

Les départs ont été importants avec notamment Paul Arriola, star du club depuis 2017, qui s’en est allé du côté du FC Dallas. Le jeune Kevin Paredes est également parti, du côté de la Bundesliga, dans un transfert assez surprenant à 7.5M$. D’autres pièces, moins importantes, ne porteront plus le maillot de DC l’an prochain comme Yordy Reyna, Yamil Asad, Felipe Martins ou Ramon Aliba, tandis que le Français Frédéric Brillant a raccroché les crampons. Dans les arrivées, celle de Michael Estrada en prêt avec option d’achat est intéressante tant l’attaquant de Toluca était voulu par DC. Brad Smith arrive également de Seattle pour un montant peut-être un peu trop élevé, tandis que le convoité Français Sofiane Djeffal arrive depuis la SuperDraft. Ils ont également récupéré Brandon Hines-Ike depuis la Belgique et l’international grec Taxiarchis Fountas arrivera cet été comme joueur désigné pour remplacer Paul Arriola.

Est-ce que ça en fait une meilleure équipe que l’an passé ? Difficile à dire, mais les jeunes progressent doucement et nombreux sont les joueurs de la réserve à avoir évolué avec l’équipe première en pré-saison. Bill Hamid sera toujours dans les buts, avec une défense à trois exemplaire composée de Hines-Ike, Steve Birnbaum et Andy Najar, une révélation de l’an passé (Donovan Pines peut également dépanner). Dans le 3-4-2-1 si particulier de Losada, Brad Smith devrait prendre l’aile gauche tandis que Julian Gressel apportera, à droite, la même projection offensive. Au milieu, Russel Canouse fera la paire avec le jeune Moses Nyeman qu’on devrait voir plus souvent titulaire en 2022, même si Junior Moreno se battra pour du temps de jeu. Devant, tout dépendra de la forme des uns et des autres. Edinson Flores, joueur désigné plutôt décevant jusque-là, devrait prendre une des places, avec Fountas quand il arrivera cet été. D’ici-là (DC là, vous l’avez ?), le prometteur Griffin Yow pourrait prendre cette place, à moins qu’Ola Kamara et Estrada jouent ensemble devant, même si DC voudrait vendre le premier. 

Le joueur clef : Flores étant trop irrégulier et Estrada encore une inconnue, je pencherais pour Julian Gressel. Le joueur allemand était un des meilleurs éléments de la MLS lorsqu’il évoluait à Atlanta mais depuis son transfert à DC United, il n’a pas répondu aux lourdes attentes placées en lui. Pourtant, il a un talent indéniable et le système le place dans un élément offensif qu’il affectionne : sa connexion avec Andy Najar est excellente, tout comme sa qualité de centre. Un joueur essentiel pour Losada et DC en 2022. 

La prédiction : difficile à dire si cette équipe est mieux ou moins bien préparée qu’en 2021. Arriola et Paredes sont deux énormes pertes et Flores reste extrêmement décevant, tandis que Brad Smith n’est pas forcément un titulaire sur lequel on peut compter sur une saison entière. D’un autre côté, les jeunes comme Nyeman sont progressivement plus affutés pour la MLS et l’addition d’Estrada promet, tout comme celle de Fountas cet été. Je m’attends donc à voir DC rater in extremis aux playoffs à l’Est.

Inter Miami CF

Gonzalo Higuain et Gregore (Photo via Sun Sentinel)

Entraîneur (Nationalité) : Phil Neville (Angleterre)

Stade (Capacité) : Lockhart Stadium (18 000)

Année d’entrée dans la ligue : 2020

Miami était ambitieux. L’an dernier, nous étions les premiers à vous dire que la signature de Matuidi comme joueur non désigné était un coup incroyable. Peut-être trop. Pour la première fois en MLS, une franchise a été sanctionnée pour avoir trafiqué ses comptes et ne pas avoir respecté les restrictions salariales. Voilà donc le club de Beckham sanctionné et contraint de vendre et de recruter économique, loin des objectifs de départ même si le produit sur le terrain, même surpayé, était loin d’être satisfaisant. 

Heureusement, c’est le directeur sportif Chris Henderson (ex-Seattle), connu pour flairer les bons coups, qui est à la manœuvre même s’il a dû dégraisser : 17 (!) joueurs ont quitté le club cet hiver. Parmi eux, on retrouve un paquet de titulaires comme les joueurs désignés Rodolfo Pizarro et Julian Carranza, Blaise Matuidi, Ryan Shawcross, Indiana Vassilev, Federico Higuain, Kelvin Leerdam, Lewis Morgan, Leandro Gonzalez Pirez ou encore Nicolas Figal. Au niveau des arrivées, on retrouve Clément Diop, Jairo Quinteros, Robert Taylor, CJ dos Santos, Leonardo Campana, Mo Adams, Emerson Rodriguez, Jean Mota, Christopher McVey, Ariel Lasiter, Bryce Duke et aussi DeAndre Yedlin, de retour en MLS. 

Beaucoup de nouveaux noms qu’il va falloir placer dans un onze de départ. Au poste d’avant-centre, difficile d’écarter Gonzalo Higuain qui, malgré un physique… approximatif, s’est tout de même démené l’an passé. L’arrivée de Leonardo Campana va également apporter une alternative devant, lui qui signe en prêt depuis Wolverhampton. À gauche, Robbie Robinson devra se révéler consistant pour rester devant Robert Taylor et Ariel Lassiter dans la hiérarchie. À droite, c’est la recrue Emerson Rodriguez de Millonarios qui devrait être titulaire, avec le jeune Felipe Valencia (16 ans) qui pourrait y faire quelques apparitions. Vraie bonne recrue l’an passé, le Brésilien Gregore gardera son poste au milieu de terrain, sûrement accompagné de Jean Mota qui arrive de Santos, avec Bryce Duke, Victor Ulloa ou Mo Adamas en remplacement. Derrière, c’est un peu plus compliqué. Brek Shea (surprenamment solide depuis son arrivée en Floride), Kieran Gibbs, DeAndre Yedlin (qu’on pourrait voir un peu plus haut) et McVey sont plus que solides sur les ailes. C’est au centre de la défense à trois de Phil Neville – s’il la garde – que les places sont moins assurées, avec la recrue Jairo Quinteros, Damion Lowe et peut-être McVey. Une recrue, ou un passage à une défense à deux est vraiment nécessaire. Dans les buts, Nick Marsman sera probablement titulaire mais la concurrence s’accroît avec Clément Diop, Drake Callender et CJ Santos, ex-espoir américain qui revient en MLS après des saisons compliquées en Europe. 

Le joueur clef : Gregore. Le Brésilien a montré, dans une équipe totalement dysfonctionnelle l’an passé, que contrôler le ballon au milieu et pourvoir Higuain en bons ballons pouvait être une tactique peu conventionnelle pour arracher des résultats. Sous la direction de Phil Neville et vu les changements dans l’effectif, l’équipe ne sera pas opérationnelle de suite mais une chose est sûre : elle possède un milieu de terrain qui sait prendre le ballon et l’apporter dans les pieds des attaquants de la meilleure des manières.

La prédiction : Miami est vraiment chanceux que Cincinnati existe: sans eux, on verrait bien plus de critiques sur la franchises de Beckham. Heureusement pour eux, Chris Henderson est là pour rétablir l’équilibre mais les départs sont trop nombreux (celui de Lewis Morgan en particulier va faire du mal !) et les changements dans l’effectif vont mettre beaucoup de temps à s’habituer au style de Neville. Je pense les voir loin des playoffs pour 2022. 

Pour aller plus loin : 

Mode d’emploi, comment créer l’Inter Miami CF?
“Un joueur aussi imprévisible pour lui que pour ses adversaires”: L’Énigme Brek Shea
Retour vers le futur #3 : Miami Fusion, l’ancêtre de l’Inter Miami CF

Club de Foot Montréal

Djordje Mihailovic (Photo via CF Montréal)

Entraîneur (Nationalité) : Wilfried Nancy (France)

Stade (Capacité) : Stade Saputo (20 801)

Année d’entrée dans la ligue : 2012

Le CF Montréal a connu une saison surprenante l’an passé. Thierry Henry s’est rétracté à la surprise générale juste avant le début de la saison, laissant Wilfried Nancy à la barre et le président Kevin Gilmore est également parti en fin d’année. Un chaos qui aurait pu déstabiliser les joueurs, mais pas du tout : ces derniers ont terminé dixièmes à l’Est mais ont produit du beau jeu et remporté la Voyageurs Cup, la Coupe Canadienne. 

Finalement, le mercato a été plutôt calme tant l’entraîneur a confiance en son groupe. Le très cher Kiki Struna est parti, Rudy Camacho également avant de revenir avec un nouveau contrat. Ballou Tabla et Emanuel Maciel sont partis, tandis que Lassi Lappalainen, Sebastian Breza et Ahmed Hamdi restent. Un jeune espoir de Bologne (qui possède le même propriétaire que le CFMTL), Gabriele Corbo, est arrivé en prêt en défense mais dans ce secteur, la grande signature c’est Alistair Johnston. Le défenseur de Nashville a été échangé contre un million de dollars d’allocation, dans un procédé que Montréal affectionne puisque des titulaires comme Mason Toye, Djordje Mihailovic ou encore Kamal Miller sont également arrivés grâce à des trades. Joaquin Torres renforce quant à lui l’attaque, tout comme le super-vétéran Kei Kamara. 

L’équipe pour 2022 est donc une version renforcée de celle de l’an passé. Devant, Mason Toye partagera l’affiche avec Romell Quioto, le premier ayant très bien débuté sa carrière canadienne avec 7 buts (encore faut-il que les deux soient épargnés par les blessures !), Kamara et Bjorn Johnsen. Aux côtés de Mihailovic, on pourrait retrouver le jeune Matko Miljevic, Joaquin Torres ou même Hamdi. Samuel Piette et Victor Wanyama seront toujours les garants du milieu montréalais tandis que la défense est également renforcée. En plus de l’excellent Kamal Miller, Alistair Johnston solidifie cette défense à trois alors que Camacho devra faire attention à l’émergence de Corbo et de Joel Waterman. Le joueur Initiative U22 Róbert Orri Thorkelsson, Islandais de 19 ans, pourrait également plus se montrer. Quant aux ailes, Lassi Lappalainen s’occupe de la gauche et Zachary Brault-Guillard de la droite, avec également Mathieu Choinière et Ismael Kone. Reste la question des gardiens de but. Breza avait été longuement titulaire l’an passé mais James Pantemis également, sortant d’excellentes performances, mais parfois aussi de très médiocres. Le premier devrait donc être titulaire aux dépens du second. Il ne faut pas oublier Jonathan Sirois, prêté au FC Valour (CanPL) l’an passé et élu meilleur gardien de sa division, qui souhaite avoir du temps de jeu. 

Le joueur clef : Djordje Mihailovic monte en puissance saison après saison, remettant en question sa vente par le Chicago Fire. Qu’importe les systèmes qu’utilise Montréal, il est capable de bien se comporter en meneur de jeu et d’offrir des solutions à Quioto ou Toye devant. Deuxième meilleur passeur de la ligue en 2021, il doit maintenant être plus dangereux devant le but et se montrer lors des moments d’adversité. 

La prédiction : la continuité a souvent du bon dans le monde du ballon rond et le CF Montréal peut en être l’exemple parfait en 2022. Même coach, mêmes ambitions et une équipe plutôt similaire à l’an passé avec quelques recrues à des postes clefs : il n’y a pas de raison de penser qu’ils ne feront pas les playoffs en 2022. Certes, le CFMTL peut être amené à jouer de nombreuses compétitions, mais si les hommes de Nancy sont épargnés par les blessures, ils ont le talent et la profondeur de banc nécessaires. 

Pour aller plus loin : 

Samuel Piette, le mal aimé
L’histoire de Thierry Henry à Montréal en cinq dates

New England Revolution 

Carles Gil et Adam Buksa (Photo via the Bent Musket)

Entraîneur (Nationalité) : Bruce Arena (États-Unis)

Stade (Capacité) : Gillette Stadium (20 000)

Année d’entrée dans la ligue : 1996

Le premier Supporters’ Shield de la franchise est là, avec toujours ce bon vieux Bruce Arena aux manettes : New England a connu une année 2021 fantastique avec un nouveau record de points en une saison. Ce sont malheureusement les playoffs qui laissent un petit goût amer, après que les Revs se soient fait éliminer face à NYCFC en demi-finale de conférence. En 2022, en plus de la Concacaf Champion’s League qui a l’air très importante pour Arena, il y aura donc une revanche à prendre. 

Cette belle saison a cependant attiré les convoîtises : Tajon Buchanan s’en est ainsi allé en Europe et le gardien Matt Turner le rejoindra cet été. Bruce Arena a néanmoins bien renforcé son effectif en allant chercher trois joueurs qu’il a déjà entraînés dans le passé ! Sebastian Lletget arrive du LA Galaxy, Omar Gonzalez de Toronto et enfin Jozy Altidore tentera de rebondir après deux saisons galères, minées par des blessures. Un mercato très calme, avec également des départs de pièces plus ou moins essentielles comme Teal Bunbury ou Scott Caldwell, qui est surtout animé par un nouveau logo. 

Ce n’est pas si étonnant, tant l’effectif est toujours aussi beau ! Devant, Gustavo Bou fait bien la paire avec Adam Buksa, bien que le second pourrait partir cet été et que le premier soit parfois irrégulier. L’arrivée de Jozy Altidore, s’il revient en forme, amène une option de premier choix en remplacement. Derrière eux, c’est bien entendu Carles Gil qui sera le maestro de cette équipe avec, au milieu de terrain, Sebastian Lletget à gauche, Tommy McNamara à droite et Matt Polster, un numéro 6 souvent oublié mais diablement efficace, devant la défense (tandis qu’Emma Boateng ou Arnor Traustason sont également sur le banc). La défense manque encore un peu de profondeur mais reste peuplée d’éléments intéressants. Henry Kessler entre dans sa troisième année en MLS et monte petit à petit en puissance aux côtés d’Andrew Farrel, la présence stable de cette défense, qu’Omar Gonzalez saura épauler. À droite, Brandon Bye sera titulaire devant A.J. DeLaGarza tandis qu’à gauche, DeJuan Jones est pour le moment l’unique option. Dans les buts, il est difficile de faire mieux que l’international américain Matt Turner ! Ce dernier est probablement le meilleur gardien de la ligue et partira découvrir la Premier League cet été : la question de sa succession reste toutefois non résolue. 

Le joueur clef : forcément, c’est le MVP de la saison 2021, Carles Gil ! Tant a été dit sur ce joueur mais son apport offensif est sans égal pour New England. Alors que Gustavo Bou a connu des moments de faiblesses, Gil a été une présence stable toute la saison pour marquer et faire la dernière passe, un réel magicien dans cet entrejeu de New England. Puisque Buksa est finalement resté, on s’attend à ce que ce duo nous régale encore en 2022 !

La prédiction : même si Turner (et probablement Buksa ?) partiront cet été, il est difficile de ne pas voir le Revolution au sommet d’une conférence Est affaiblie par le départ de Nashville en 2022. Les cadres sont toujours là et Bruce Arena a renforcé l’effectif de manière intéressante, celui-ci étant composé de joueurs qui connaissent la ligue. Cette équipe devrait, de loin, être la plus impressionnante à l’Est et tentera enfin de soulever la MLS Cup, après cinq finales perdues. 

Pour aller plus loin : 

L’infatiguable Emmanuel Boateng

New York City FC

(Photo via MLS)

Entraîneur (Nationalité) : Ronny Deila (Norvège)

Stade (Capacité) : Yankee Stadium (30 321)

Année d’entrée dans la ligue : 2015

NYCFC est, excepté une première saison instable en 2015, une franchise extrêmement bien établie en MLS. Depuis 2016, c’est l’équipe ayant amassé le plus de points, tout en développant des jeunes et les vendant pour plusieurs millions. Un seul problème, cependant : le club n’avait jamais remporté un trophée et c’est maintenant chose faite ! La MLS Cup 2021 était méritée, avec certes quelques turbulences, mais de Sean Johnson à Taty Castellanos, l’équipe de Ronny Deila était un beau champion. En 2022, il faudra redoubler de travail pour défendre sa MLS Cup tout en jouant en Concacaf Champions League.

Le numéro 10 Maxi Moralez a prolongé d’un an, à 35 ans, passant en-dessous du statut de joueur désigné. Ils n’ont perdu que quelques pièces telles que Jesus Medina et Ismaël Tajouri-Shradi, le premier partant en Europe et le second au LAFC. Le plus grand départ est cependant celui de James Sands, le défenseur central parti en prêt aux Rangers. Du côté des arrivées, c’est également très calme avec une seule réelle addition, le défenseur central Thiago Martins. Le Brésilien signe un contrat de joueur désigné, à 26 ans, depuis le club japonais de Yokohama qui appartient également au groupe City FC.

Le onze titulaire sera donc peu modifié depuis l’équipe de 2021. Sean Johnson sera évidemment titulaire dans les buts bien qu’il faille observer l’arrivée d’une nouvelle doublure, Luis Barraza, d’Oakland Roots SC. Devant lui, il faudra voir comment la doublette championne l’an dernier, Maxime Chanot et Alex Callens, s’acclimate avec l’arrivée de Thiago Martins. On pourrait se diriger vers une défense à trois mais je m’attends à ce que les trois défenseurs tournent pendant l’année au fil des compétitions. À droite, Anton Tinnerholm est l’un des meilleurs à son poste en MLS tandis qu’à gauche, Malta Amundsen gardera son poste. Le milieu de terrain verra le retour de Keaton Parks, longuement blessé l’an dernier, avec le jeune Initiative U22 Nicolas Acevedo. Devant lui, Maxi Moralez tiendra son rôle de meneur de jeu avec, à droite, Santiago Rodriguez et à gauche, Thiago Andrade, mais Talles Magno pourrait également émerger comme titulaire; beaucoup le voient comme un candidat au titre de jeune de l’année. Au poste d’avant-centre, impossible d’écarter Taty Castellanos mais son avenir à long-terme reste incertain : tout le monde semble concilier sur le fait qu’il partira cet été, au plus tard. Entre Talles Magno et le Brésilien Heber, NYCFC n’aura peut-être même pas besoin de recruter à ce poste. 

Le joueur clef : Taty Castellanos a connu une année exceptionnelle en 2021 et tant qu’il reste, ce sera le joueur à suivre chez les “Pigeons”. Palmeiras et River Plate offriraient environ 12.5M$ pour l’Argentin, mais le NYCFC attendant plus de 15M$, il semble qu’il ne partirait pas avant l’été. En 2021, Castellanos a été un des avant-centres les plus complets de ces dernières années. Solide dans son jeu de remise dos au but, constant dans son pressing et, surtout, excellent dans le dernier geste devant le but, Taty est un attaquant complet et la meilleure arme de New York pour gagner une seconde MLS Cup. 

La prédiction : la stabilité est souvent gage de qualité en MLS et le NYCFC est une équipe complète et renforcée en 2022. Il est certain que la franchise jouera les premiers rôles à l’Est, mais elle pourrait également se montrer en Concacaf Champions League. Avec le départ de Nashville à l’Ouest, une place dans le top 3 est essentielle avec peut-être à la clef, de nouveaux trophées. 

Pour aller plus loin :

New-York, Ville Témoin des Liens entre Politique et Soccer

New York Red Bulls 

Aaron Long (Photo via Once a Metro)

Entraîneur (Nationalité) : Gerhard Struber (Autriche)

Stade (Capacité) : Red Bull Arena (25 000)

Année d’entrée dans la ligue : 1996

Les débuts de Gerhard Struber avec la franchise de New York ont été laborieux en 2021 et les expérimentations ont été multiples mais à raison. En deuxième partie de saison, les Red Bulls sont montés en puissance et se sont qualifiés pour les playoffs dont ils sont cependant vite ressortis, non sans avoir bien gêné Philadelphie. Le résultat final, un an après l’arrivée de Struber, reste le même : les Red Bulls ne progressent pas vraiment.

C’est pour ça que l’Autrichien a été actif sur le marché des transferts afin de solidifier son 3-4-2-1 si particulier. Lewis Morgan a été acquis au prix fort de Miami afin de solidifier l’aile gauche ou le milieu de terrain, dépendamment de la formation. Dylan Nealis rejoint son frère Sean à NY et devrait, quant à lui, débuter à droite de la défense. Tom Edwards, prêté l’an dernier, revient également pour une saison. Avec le transfert permanent de Carlos Coronel dans les buts et la prolongation du prêt de Caden Clark pour six mois, les Red Bulls reviennent affûtés malgré les départs de Fabio, Kyle Duncan et Sean Davies. En fin de mercato, un nouveau joueur désigné est également arrivé: Luquinhas, un milieu Brésien qui jouait à Varsovie. 

Devant Coronel, la défense bénéficie du retour en forme d’Aaron Long après de nombreuses blessures, qui débutera aux côtés de Nealis (Sean), Tom Edwards (avec Dylan Nealis en back-up) et John Tolkien à gauche. Tout cela manque tout de même de profondeur avec les départs de Duncan et d’Andrew Gutman. Le milieu de terrain est peut-être le secteur le plus armé, avec Morgan, Clark, le Vénézuélien Casseres Jr. qui était le meilleur joueur de l’effectif l’an dernier, le jeune et très bon Dru Yearwood ainsi que Frankie Amaya, qui a été moins utilisé en fin de saison. Il sera intéressant de voir où Luquinhas se placera dans ce milieu, puisque Morgan et lui pourraient se battre pour les mêmes positions. Devant, on peut s’inquiéter du départ de Fabio, mais ce dernier n’était pas un tueur devant le but : Patryck Klimala, malgré un maigre bilan de 5 buts hors-pénaltys, aide bien plus ses coéquipiers et reste en 2022, avec Tom Barlow à ses côtés.

Le joueur clef : difficile d’écarter Klimala mais il n’est pas forcément le joueur qui pourrait faire le plus de différence à New York en 2022, ni Lewis Morgan. Le vrai renfort, c’est le retour d’Aaron Long. A 29 ans, celui qui était pisté par la Premier League il y a quelques saisons s’est blessé au printemps pour toute la saison. International américain, le défenseur de l’année 2018 peut amener une présence de vétéran dans cette équipe qui en manque cruellement. 

La prédiction : contrairement à d’autres adversaires à l’Est, les New York Red Bulls ne semblent pas particulièrement s’être renforcés abondamment pendant le mercato. Lewis Morgan est une belle recrue mais les pertes de Fabio, Duncan ou Davies vont faire mal et l’effectif n’a pas les armes sur le banc pour faire la différence en fin de match. Avec le départ de Clark à l’été, ses performances moins bonnes en seconde partie de saison et les formations tactiques de Struber peu accommodantes pour Morgan, je serai étonné que New York fasse les playoffs, sauf renfort important durant l’été.

Pour aller plus loin :

Retour vers le futur #5 : Quand Red Bull a donné des ailes aux MetroStars
L’escapade new yorkaise de Youri Djorkaeff

Orlando City SC

Facundo Torres (Photo via Daily Advent)

Entraîneur (Nationalité) : Oscar Pareja (Colombie)

Stade (Capacité) : Exploria Stadium (25 500)

Année d’entrée dans la ligue : 2015

Deux ans de suite en playoffs, c’est quand même une belle réussite pour Orlando City SC. Sauf que… l’an dernier, malgré d’énormes talents offensifs, Orlando n’a jamais pris ce titre de favori qui lui semblait tendre la main. La défense si efficace en 2020 n’a pas élevé son niveau tandis que, devant, les pièces maîtresses n’arrivaient pas forcément à jouer ensemble. Ce n’était pas une année horrible, surtout qu’Orlando revient de très loin, mais Oscar Pareja peut nourrir de belles attentes pour 2022. 

Surtout que les investissements ont été conséquents pendant le mercato. Nani, Chris Mueller et Daryl Dike, trois pièces offensives si importantes depuis deux ans, sont partis en Europe. Pareja en a profité pour signer de sacrés joueurs en remplacement. Tout d’abord sur l’aile gauche, Facundo Torres de Peñarol, 21 ans et beaucoup de promesses pour 7.5M$. La deuxième grande signature c’est Ercan Kara, un autre joueur désigné, cette fois-ci au poste d’avant-centre. À 26 ans, l’ancien du Rapid Vienne est un international autrichien aguerri. Se joint à ce duo César Araujo, 20 ans, milieu de terrain prometteur recruté via la U22 Initiative. 

C’est donc l’attaque que Pareja a solidifié pendant ce mercato : Torres et Kara seront titulaires aux côtés de Pereyra et van der Water, avec également Benji Michel, Tesho Akindele et Pato (!) qui a re-signé après une saison quasi blanche due à une blessure. Le milieu de terrain composé de Junior Urso et Jeghson Mendez est également très intéressant, surtout que le second semble progressivement gagner en confiance. On ne retrouve par ailleurs que peu de changements en défense, un secteur bien en place malgré quelques errements en 2021. Ruan, à droite, est très actif et consiste en une arme défensive intéressante même si, à gauche, Moutinho a eu plus de mal. Au centre cependant, Robin Jansson et Antonio Carlos sont une paire de défenseurs centraux complémentaires, le premier étant bon dans la relance quand le deuxième est physiquement difficile à passer. Un duo solide devant Pedro “El Pulpo” Gallese, le gardien de but péruvien qui est aussi spectaculaire que vocal sur le terrain. 

Le joueur clef : difficile de ne pas parler d’une recrue à 7.5M$ qui vient remplacer Nani. Facundo Torres aura une pression monumentale pour sa première saison en MLS, lui qui arrive d’Uruguay à seulement 21 ans. Avec 10 buts en quasi 50 matchs de première division, il compte déjà 10 sélections nationales et peut également jouer à droite, très utile quand on sait qu’Orlando City a également perdu Chris Mueller. Avec un contrat de quatre ans, Torres pourrait être une des prochaines stars à partir vers l’Europe s’il effectue une excellente saison en Floride. 

La prédiction : il faudra peut-être un peu de temps pour que Torres et Kara s’habituent à l’effectif mais le quatuor offensif d’Orlando fait froid dans le dos. Il manque pas mal de renforts, notamment en défense (le poste d’arrière-gauche est loin d’être couvert), mais les Lions peuvent être un des prétendants à l’Est, avec l’excellent Oscar Pareja aux manettes. Avec tous ces jeunes, la saison risque de débuter doucement mais je les vois dans le Top 5 de la conférence en fin de saison. 

Pour aller plus loin :

Orlando City SC : Une culture de la loose?

Philadelphie Union

Mikael Uhre (Photo via Philadelphie Union)

Entraîneur (Nationalité) : Jim Curtis (Etats-Unis)

Stade (Capacité) : Subaru Park (18 500)

Année d’entrée dans la ligue : 2010

Nous avons l’habitude de voir le Philadelphie Union progresser, année après année, depuis que Jim Curtin est aux manettes. L’année 2020 avait même été celle du Supporters’ Shield, le trophée de la saison régulière ! Pour 2021, avec la vente de deux jeunes cadres de l’équipe (Mark McKenzie et Brenden Aaronson) beaucoup (dont moi) pensaient les voir couler. Mais Jim Curtin contrôle toujours son effectif d’une main de fer et, même si la MLS Cup semble difficile à atteindre, l’Union s’est seulement laissé descendre… à la seconde place à l’Est ! Une saison sans trophée mais avec panache, ponctuée d’une demi-finale de Champions League et d’une finale de conférence Est perdue alors qu’onze joueurs avaient contracté le Covid. 

Surtout, alors que le club regorge de jeunes de talent, les voilà qui n’en perdent finalement aucun pendant le mercato. Même Jim Curtin – pourtant très convoité par Cincinnati – est resté, préférant laisser son ex-adjoint Pat Noonan y aller. Certains départs sont peu conséquents (Aurélien Collin, Ilsinho, Alvas Powell) tandis que celui de Kacper Przybylko a été formidablement compensé par Mikael Uhre. L’avant-centre est lle nouveau joueur désigné et Soulier d’Or danois en titre ! Un autre pari a été pris, celui de Julian Carranza, pour un prêt à bas prix à Miami : tout l’attirail d’un mercato réussi.

La conservation des bons éléments en fait une équipe quasi-complète. La défense est inchangée avec l’excellent Andre Blake dans les buts derrière une des meilleures défenses de la ligue: Jack Eliott et Jakob Glesnes au centre, Olivier MBaizo et Kai Wagner sur les ailes. Le milieu du 4-4-2 diamant est toujours géré par Alejandro Bedoya, avec José Martinez et la révélation Leon Flach, devant lesquels évolue Jamiro Monteiro en meneur de jeu. Paxton Aaronson, frère de, devrait également monter en puissance cette saison. Enfin devant, Urhe fera la paire avec Sergio Santos, tandis que Cory Burke et Carranza joueront les supersubs. 

Le joueur clef : beaucoup de jeunes (Flach, Eliott, Glesnes) méritent cette dénomination, mais Mikael Urhe est du jamais-vu à l’Union. Philadelphie n’a pas l’habitude de dépenser pour aller chercher des joueurs pareils : le meilleur buteur du championnat danois en titre ! Plus qu’un remplaçant de Przybylko, c’est une réelle amélioration pour l’Union, un attaquant tueur qui pourra s’appuyer sur milieu de terrain créatif et de partenaires d’attaque pas avares d’efforts.

La prédiction : comment ne pas être optimiste pour l’Union ? Philadelphie avait une belle équipe, fourmillant de jeunes qui ont seulement gagné en expérience, et s’est en plus renforcé pendant le mercato. L’Union est le grand favori à l’Est avec New England, surtout avec le départ de Nashville pour l’Ouest. Avec l’excellent Jim Curtin, l’équipe devrait batailler pour le Supporters’ Shield tout en développant de nouveaux talents. Une belle année en perspective !

Toronto FC

(Photo via Toronto FC)

Entraîneur (Nationalité) : Bob Bradley (États-Unis)

Stade (Capacité) : BMO Field (28 351)

Année d’entrée dans la ligue : 2007

Les espoirs étaient grands en 2021 : après une belle saison 2020, l’addition d’un nouveau joueur désigné devait signifier que l’équipe allait continuer sur sa lancée. Malheureusement, Toronto a choisi le mauvais coach pour son effectif. Chris Armas s’en est vite allé et l’effectif vieillissant et souffrant de nombreuses blessures n’a pas réussi à rattraper le coup. L’arrivée de Bob Bradley depuis le LAFC sur le banc annonce tout de même les débuts d’une belle reconstruction, avec l’un des meilleurs coachs de l’histoire du soccer américain.

Bob Bradley a également obtenu de belles garanties en arrivant à TFC, la première étant l’addition d’un joueur désigné hors-norme: Lorenzo Insigne. L’international italien, vainqueur de l’Euro 2020, est de la même trempe que les signatures de Vela, Beckham ou Giovinco et pourrait changer l’histoire de la franchise s’il performe à son meilleur niveau. Carlos Salcedo arrive également comme joueur désigné, afin de solidifier une défense fébrile l’an passé. Il est accompagné de Shane O’Neill, exemplaire chez les Sounders, ainsi que de l’attaquant Jesus Jimenez. Niveau départs, les deux nouveaux joueurs désignés ont poussé Jozy Altidore ainsi que Yeferson Soteldo vers la sortie, malgré un talent indéniable de ce dernier qui était trop irrégulier. Richie Laryea, Marky Delgado, Dom Dwyer, Liam Fraser, Omar Gonzalez ou Auro Jr. font également partie de la légion de départs, tout comme Justin Morrow qui a pris sa retraite. 

Le onze de départ devrait être profondément remanié pour la saison 2022, même si de nombreux doutes subsistent. Dans les buts, le Français Quentin Westberg reste, à 35 ans, un titulaire plus régulier qu’Alex Bono, mais les deux devraient se partager les minutes. Devant eux, Salcedo devrait être accompagné de Chris Mavinga mais O’Neill ou Lucas MacNaughton, récupéré en Canadian Premier League, pourraient également prendre du temps de jeu. Jahkeele Marshall-Rutty est pour le moment la seule option à droite tandis qu’à gauche, Kemar Lawrence devrait être titulaire. Au milieu de terrain, Michael Bradley tient toujours son poste de numéro 6 à 34 ans alors que devant lui, Jonathan Osorio et Alejandro Pozuelo gèrent toujours la transition offensive, en attendant probablement Lorenzo Insigne. Devant, c’est encore indéfini : on pourrait voir deux pointes avec Jimenez et Ayo Akinola, qui a signé une prolongation de contrat, mais également un 4-3-3 comme Bradley les affectionne avec l’un des deux devant et des ailiers tels que Jayden Nelson, Jacob Shaffelburg et Ifunanyachi Achara. 

Le joueur clef : j’ai déjà écrit un long article uniquement dédié à Lorenzo Insigne mais il est certain que son influence sur le jeu de Toronto sera un point central de cette saison de MLS. Le milieu de Naples sera le joueur le plus chèrement payé de l’histoire de la ligue mais arrivera dans une équipe en reconstruction. Il possède heureusement de bons attaquants devant lui (Akinola et Jimenez) et une frappe qui devrait lui permettre d’engranger de bons résultats. Il sera intéressant d’observer si, en juillet, cette équipe sera prête à l’accueillir. 

La prédiction : il y a un onze de départ plus que solide à Toronto, grâce aux dernières additions telles qu’Insigne, Salcedo ou encore Jimenez. Malheureusement, c’est extrêmement mince sur le banc au milieu de terrain et la perte de Liam Fraser pourrait se faire ressentir, sans parler du manque d’éléments décisifs sur les ailes. Il faudra probablement assurer un maximum jusqu’au mercato d’été, attendre Insigne et potentiellement d’autres renforts, afin de se battre pour les playoffs en fin d’année même si je pense qu’ils seront trop justes en 2022. 

Pour aller plus loin :

Alejandro Pozuelo à la Conquête de la MLS
Lorenzo Insigne à Toronto: un renouveau pour TFC et pour la MLS

CONFERENCE OUEST

Austin FC 

Moussa Djitte (Photo via Austin FC)

Entraîneur (Nationalité) : Josh Wolff (États-Unis)

Stade (Capacité) : Q2 Stadium (20 500)

Année d’entrée dans la ligue : 2021

Une année d’expansion est toujours compliquée. Pour Austin, ce fut une belle surprise dans les tribunes tant l’engouement autour de l’équipe fut beau, ainsi que dans les médias; la présence de Matthew McConaughey aidant fortement. Malheureusement, malgré quelques belles idées dans le jeu, Josh Wolff n’avait probablement pas les armes pour répliquer le système de son mentor, Gregg Berhalter, et Austin FC a fini avant-dernier à l’Est. 

Austin avait déjà travaillé lors du mercato d’été pour se renforcer mais le mercato hivernal n’est pas en reste. Avec Maximiliano Urruti, Felipe Martins et Ethan Finlay, c’est de l’expérience en MLS qui arrive tandis que Kipp Keller était le joueur du College Soccer le plus renommé à la SuperDraft. Ruben Gabrielsen arrive de Toulouse et Zan Kolmanic de Slovénie pour solidifier la défense, tandis que le milieu Jhojan Valencia vient de Colombie. Niveau départs, de nombreux joueurs décevants s’en vont (Ben Sweat, Ulises Segura, Kekuta Maneh) tandis que le joueur désigné Tomas Pochettino, extrêmement décevant en 2021, retourne en Argentine. 

Cela laisse une équipe plutôt bien construite alors que le club n’a connu qu’une seule saison en MLS (en tous cas, en meilleure forme que Cincinnati lors de leur deuxième année !). Avec Moussa Djitte, Austin possède un excellent avant-centre qu’Urruti peut remplacer si besoin. Au poste de numéro 10, Sebastian Driussi essayera de continuer sur sa belle lancée, avec sûrement Ethan Finlay à droite et Cecilio Dominguez à gauche. Au milieu de terrain, Alex Ring a récemment prolongé – tout en gagnant un statut de joueur désigné ! – et devrait faire la paire avec le nouveau venu Jhojan Valencia, même si Felipe Martins et Daniel Perreira offrent une belle concurrence. La recrue Kolmanic devrait débuter directement à gauche, Nick Lima à droite, tandis que Gabrielsen fera la paire avec Julio Cascante derrière, malgré la perte de niveau de ce dernier. Johjan Romana ou Kipp Keller pourraient en profiter pour engranger quelques minutes dans le onze. Dans les buts, Brad Stuver a connu une belle année 2021 et il devrait garder sa place l’an prochain. 

Le joueur clef : Austin FC est une des rares équipes qui n’a pas un nom qui sort du lot, malgré le statut d’un Sebastian Driussi ou d’un Cecilio Dominguez. C’est pourquoi je pense qu’une bonne saison de la franchise texane est indéniablement liée à l’émergence de Moussa Djitte. Le joueur d’Initiative U22 a été un énorme changement à son arrivée de Grenoble en juillet et offre de la place à Driussi au milieu de terrain. Cecilio Dominguez peut se retrouver démarqué et Diego Fagundez n’est pas obligé de dribbler trois joueurs pour marquer. Djitte est un vrai 9 à l’ancienne, qui pèse sur les défenses et j’espère le voir continuer à se démener devant pour, peut-être, marquer un peu plus en 2022. 

La prédiction : j’ai vraiment un petit faible pour cette équipe d’Austin et pour ce qu’elle a réussi à construire durant sa première année. Malgré des résultats sportifs moyens, Josh Wolff n’a jamais trahi ses ambitions tactiques et j’espère voir de meilleurs résultats en 2022. Malheureusement, ça me semble encore un peu tôt pour espérer les séries mais j’espère voir Austin FC se battre pour ces places qualificatives plutôt que de végéter dans les bas fonds du classement. 

Pour aller plus loin :

La Construction Intelligente d’Austin FC, futur ‘Bad Guy’ de la MLS
Austin FC et la quête de partenariats corporatifs axés sur l’économie locale

Colorado Rapids 

(Photo via MLS)

Entraîneur (Nationalité) : Robin Fraser (États-Unis)

Stade (Capacité) : Dick’s Sporting Goods Park (18 061)

Année d’entrée dans la ligue : 1996

Les Rapids étaient l’une des belles histoires de 2021 grâce à un recrutement malin basé en grande partie sur des échanges au sein-même de la ligue, comme nous l’écrivions en 2020. Entraîné d’une main de maître par Robin Fraser, Colorado a réussi l’exploit d’être premier à l’Ouest malgré un budget bien moins important que ses adversaires. Le tout sans un buteur à plus de 8 unités et le départ de Sam Vines pendant l’été. 

Il n’y a donc pas forcément beaucoup de choses à revoir du côté de Denver. Le club a perdu Kellyn Acosta, un bon élément mais qui n’était pas forcément titulaire, mais les départs de Cole Basset (Feyenoord) et Auston Trusty (Arsenal cet été) sont plus compliqués à gérer. Pour ajouter de la profondeur en défense et au milieu Colorado s’est, comme souvent, servi dans la ligue, à Columbus pour Aboubacar Keita et à Dallas pour Bryan Acosta. Côté attaque, le club a signé un jeune Brésilien, Max, qui arrive avec l’Initiative U22 et qui devrait progressivement gagner en temps de jeu.

L’ossature globale du club reste donc peu ou prou la même pour les Rapids qui devraient continuer avec un 5-3-2 avec Michael Barrios et Diego Rubio devant, malgré des statistiques peu impressionnantes. Jonathan Lewis, Andre Shinyashiki et le (très) jeune Darren Yapi, 17 ans, ont tous également une chance de débuter à ces postes. Max pourrait prendre la place de numéro 10 même si Nicolas Mezquida et Braian Galvan sont d’autres pressentis. Pour les milieux centraux, ça ne devrait au contraire pas bouger : Jack “passes-décisives” Price et Mark-Anthony Kaye sont excellents et sont à la base du jeu des Rapids. C’est derrière que les choses sont un peu moins belles à Colorado, notamment sur l’aile gauche, cruellement orpheline de Sam Vines même si Lucas Esteves remplira ce rôle. A droite, Keegan Rosenberry reste excellent dans sa distribution et au centre, Lalas Abubakar, Keita et Danny Wilson ne sont pas en reste même quand Trusty est parti pour Arsenal (un transfert qui paraît toujours aussi fou, soit dit en passant). Dans les buts, William Yarbrough part titulaire mais je ne serais pas étonné que Colorado aille chercher une recrue à ce poste cet été. 

Le joueur clef : la force de cet effectif, c’est clairement l’esprit collectif qui s’en dégage. Avec Cole Bassett parti, l’ex-joueur désigné Younes Namli non-prolongé et Trusty qui s’apprête à découvrir la Premier League, l’élément star de cette équipe est Mark-Anthony Kaye. Le milieu de terrain international canadien est dans la forme de sa vie, semble revanchard après que le LAFC n’ait pas assez cru en lui et donne le tempo de cette équipe. 2022 sera une année charnière pour lui qui a toujours eu l’Europe dans un coin de la tête et qui cherchera également à éblouir la planète foot lors du Mondial au Qatar. 

La prédiction : la première place de l’Ouest va être difficile à obtenir. Nonobstant l’incroyable talent qui se dégage de Colorado, ils avaient également profité de nombreuses blessures chez leurs concurrents et, en 2022, Nashville se joint à la bataille pour l’Ouest. Cependant, l’effectif ne s’affaiblit pas tellement malgré les départs de Bassett et Acosta et n’est pas trop vieillissant. Les Rapids sont également à la recherche d’un bon avant-centre pour solidifier leur ligne d’attaque et devraient logiquement finir dans le top 5 de la conférence. 

Pour aller plus loin :

Colorado Rapids : L’attraction de 2020 ?

FC Dallas

Jesus Ferreira (Photo via MLS)

Entraîneur (Nationalité) : Nico Estevez (Espagne)

Stade (Capacité) : Toyota Stadium (20 500)

Année d’entrée dans la ligue : 1996

Faire jouer des jeunes, c’est bien, les faire gagner, c’est mieux. Pour la troisième année de Luchi Gonzalez à Dallas en 2021, l’idée était que le groupe arrive à maturité et que la jeunesse puisse enfin obtenir des résultats, grâce notamment à Pepi, Ferreira, Che, Pomykal et consorts. Seulement, en manque de vétérans et de stabilité tactique, Dallas n’a pu éviter une année compliquée et l’éviction de Gonzalez en septembre. Pour 2022, ce dernier est remplacé par Nico Estévez, un ancien assistant de Gregg Berhalter à Columbus et avec la sélection américaine. 

Le choix de remplacer Gonzalez n’était pas du goût de tout le monde, dans la mesure où beaucoup pointaient du doigt le manque d’investissement pour expliquer la saison 2021. Estévez n’aura pas cette excuse. Le FC Dallas a connu le mercato le plus excitant de ces dernières années en vendant tout d’abord Ricardo Pepi à Augsburg puis Justin Che à Hoffenheim. Autre gros départ, le chouchou des fans Ryan Hollingshead a été échangé à LAFC, contre Marco Farfan. Côté arrivées, les fans ont également été gâtés. Dallas explose d’abord le record de trade en envoyant 2 millions d’argent d’allocation à DC pour l’ailier américain Paul Arriola, avant de battre son record de transfert en acquérant le jeune ailier argentin Alan Velasco pour 7M$. On peut également noter l’arrivée de Nanu, en prêt du FC Porto, au poste d’arrière-droit. 

C’est donc devant que les changements seront nombreux. Pepi sera probablement remplacé à son poste par Jesus Ferreira, un autre Homegrown, qui a obtenu une prolongation de contrat avec un poste de joueur désigné. Franco Jara, l’autre grand attaquant complètement inefficace l’an dernier, aura du mal à débuter. Sur les ailes, Arriola et Velasco sont attendus comme des titulaires et, au milieu, Paxton Pomykal devra se remettre d’une saison en demi-teinte et de ses pépins physiques pour continuer à distribuer des bons ballons aux côtés de Brandon Servania ou Ferreira. Derrière eux, le milieu défensif Facundo Quignon devra gagner en régularité malgré de bons matchs l’an passé pour espérer dépasser Edwin Cerillo. La défense centrale reste la même qu’en fin de saison avec le capitaine Matt Hedges et Nkosi Tafari, tandis que Nanu devrait débuter à droite et le nouveau Marco Farfan à gauche. Dans les buts, Jimmy Maurer devrait garder sa place malgré l’arrivée en prêt de Maarten Paes. 

Le joueur clef : j’aurai très facilement pu citer Paul Arriola ou Alan Velasco, tant les deux viennent avec d’énormes attentes. La vérité, c’est que cette saison devra être celle de Jesus Ferreira pour que le FC Dallas retrouve le succès. Qu’il joue avant-centre ou meneur de jeu, l’international américain joue gros en devenant le premier Homegrown nommé joueur désigné dans son propre club. Avec la sélection aussi, il a une carte à jouer vu l’instabilité dans les postes offensifs et il devra vite trouver ses marques autour de ses nouveaux compères d’attaque à Dallas pour faire la différence; il en a clairement le potentiel.

La prédiction : et si Dallas renouait enfin avec le succès ? Depuis 2016, la franchise texane n’arrive pas à redevenir importante dans la conférence Ouest malgré les nombreux talents qu’elle a su produire. Cette fois-ci, le club met les moyens pour acquérir des joueurs talentueux et expérimentés dans la ligue (Arriola) ainsi que des jeunes à fort potentiel (Velasco), tout en ayant toujours un paquet de Homegrowns prometteurs. Bien qu’il reste encore quelques postes (avant-centre et en défense) avec peu de profondeur et que Nico Estévez reste une inconnue, je les vois bien se qualifier parmi les dernières places disponibles pour les playoffs. 

Houston Dynamo FC

Sebastian Ferreira (Photo via MLS)

Entraîneur (Nationalité) : Paulo Nagamura (Brésil)

Stade (Capacité) : PNC Stadium (22 039)

Année d’entrée dans la ligue : 2006 (délocalisation depuis San José)

Le Houston Dynamo avait fait, avant la saison 2021, le plein de vétérans afin d’éviter de décrocher complètement au classement à l’été. Pari raté, le Dynamo est resté tout aussi moyen en 2021 et Tab Ramos en a fait les frais le 4 novembre dernier. Cependant, tout ça se tient dans le contexte d’un nouveau propriétaire à Houston, Ted Segal. Ce dernier veut changer le Dynamo et cela a commencé avec un nouveau General Manager, Pat Onstad, et un nouvel entraîneur, Paulo Nagamura. Ce dernier, coach de la réserve de Kansas City jusque-là, est une petite déception par rapport aux rumeurs qui planaient. 

Si aucun nom ronflant n’est arrivé sur le banc, Houston a sorti le chéquier pour la prochaine saison… du moins pour un joueur : l’avant-centre Sebastian Ferreira, qui évoluait au Paraguay à Libertad, pour 4.3M$ soit un record pour le club. Sont également arrivés un nouveau gardien, Steve Clark, ainsi que Daniel Steres, le défenseur du Galaxy. Enfin, le jeune Brésilien Zeca débarque depuis Vasco de Gama; médaillé d’or olympique, beaucoup d’espoirs sont sur ses épaules. Côté départs, la franchise a évacué de nombreuses pièces peu performantes en 2021 telles que Maxime Urruti, Ariel Lassiter ou Marko Maric.

Ferreira sera inévitablement l’attraction de la franchise texane en 2022 au poste d’avant-centre. Il pourra compter sur les ailiers Corey Baird, Fafa Picault qui malgré ses 30 ans a sorti sa plus belle saison en 2021 et Tyler Pasher qui, à 27 ans, fut une sacrée révélation aussi bien dans les efforts défensifs qu’offensifs. Darwin Quintero, vieillissant, pourrait quant à lui être moins titulaire en 2022. Au milieu, on devrait retrouver le trio composé d’Adalberto Carrasquilla, Memo Rodríguez et Matías Vera, malgré un apport offensif médiocre de ces trois-là. Des vétérans comme Joe Corona et Darwin Cerén sont également sur le banc si nécessaire. Derrière, la construction est toujours en cours même si les titulaires sont plutôt solides. Houston a trouvé un titulaire dans les buts avec Steve Clark ainsi qu’une belle paire de défenseurs centraux avec le joueur désigné Teenage Hadebe et Tim Parker. Sur les ailes, Zeca et Adam Lundqvist font le travail et Zarek Valentin pourrait trouver du temps de jeu si le jeune Brésilien n’est pas satisfaisant. 

Joueur clef : Sebastian Ferreira est la première grosse signature de l’ère Ted Segal à Houston et le joueur apporte du Paraguay de sacrés espoirs. Signé pour 4.3M$, il sort de deux saisons comme meilleur buteur du championnat paraguayen et, à 23 ans, possède le potentiel pour rester plusieurs saisons au Dynamo afin que le club construise autour de lui. 

La prédiction : il y a des joueurs intéressants à Houston. Les dernières grosses signatures comme Tim Parker, Teenage Hadebe, Steve Clark et Sebastian Ferreira apportent une colonne vertébrale bien en place mais le reste manque de talent comparé aux grosses franchises de l’Ouest. Il faudra probablement un ou deux mercatos avant que le Dynamo devienne une réelle puissance dans la conférence, tandis que beaucoup de questions se posent encore sur Nagamura. Ce sera donc encore une saison de progression durant laquelle Houston ne fera probablement pas les playoffs. 

Pour aller plus loin :

Houston Dynamo, Radins Géniaux ou Mal Gérés ?

LA Galaxy 

Chicharito et Julian Araujo (Photo via LAG Confidential)

Entraîneur (Nationalité) : Greg Vanney (États-Unis)

Stade (Capacité) : Dignity Health Sports Park (27 000)

Année d’entrée dans la ligue : 1996

Depuis la saison cauchemardesque de 2017, le LA Galaxy n’arrive pas à rebondir et reste un géant endormi en Californie. Pourtant en 2021, le pari Guillermo Barros Schelotto s’arrêtait, remplacé par Greg Vanney, vainqueur de nombreux trophées avec Toronto. Malgré une belle saison de Chicharito qui a laissé, pendant quelques mois, espérer un renouveau en 2021, l’année du LA Galaxy fut laborieuse. Beaucoup de recrues, comme Kevin Cabral ou Sega Coulibaly, ont beaucoup montré mais restaient irréguliers. L’investissement était là, pas la cohésion sur le terrain. 

Pour 2022, des renforcements nécessaires sont arrivés. Avec Mark Delgado, le LA Galaxy aura un milieu de terrain pour protéger une défense souvent débordée l’an dernier. Kelvin Leerdam et Raheem Edwards apporteront quant à eux de l’expérience dans la ligue et de la profondeur, tout comme Douglas Costa, le grand pari de ce mercato. A 31 ans, le Brésilien devra montrer qu’il peut être un titulaire régulier. Sinon, c’est un mercato plutôt calme, mais qui s’explique par le marché des transferts de 2021, qui avait été bien plus actif, que ce soit pendant l’hiver ou l’été. 

En effet, des investissements importants avaient été réalisés pour renforcer une ligne d’attaque qui est désormais pleine de promesses. Chicharito est bien épaulé par Dejan Joveljic devant et les ailiers Kevin Cabral et Samuel Grandsir devraient monter en puissance en 2022, même si Grandsir devra se battre avec Costa pour la place à droite. En meneur de jeu, Victor Vazquez et Sacha Klejstan partageront du temps de jeu avec Efrain Alvarez, qui essayera de devenir un titulaire régulier. Au milieu, la paire que formeront Mark Delgado et Rayan Raveloson incite aussi à l’espoir et devra remplacer celle que formaient Sebastian Lletget et Jonathan dos Santos, tout en protégeant une défense encore fébrile. Cette dernière est composée de Jorge Villafana, Derrick Williams, Nick DePuy (ou Sega Coulibaly) et surtout de Julian Araujo, le prometteur arrière-droit international mexicain. Une des bonnes nouvelles de 2021, c’est en tous cas la confirmation de Jonathan Bond dans les buts malgré la fébrilité de sa défense. 

Le joueur clé : difficile de ne pas nommer Javier “Chicharito” Hernandez. L’attaquant international mexicain a connu une première saison horrible en 2020, avant de revenir en puissance en 2021. Les pépins physiques ont été les seuls freins à une saison d’un calibre MVP et les fans du Galaxy espèrent qu’il pourra rester en forme en 2022. Il semble avoir énormément travaillé, tant physiquement que mentalement, et son apport offensif ne devrait qu’être augmenté au vu des talents qui l’entourent, notamment Araujo avec lequel il a très bien combiné l’an passé. 

La prédiction : il est facile d’oublier Greg Vanney derrière les stars et talents prometteurs que possède le LA Galaxy. Mais l’ex-entraîneur de Toronto est venu pour remettre la franchise sur le devant de la scène et  remporter des trophées et les investissements sont là pour 2022. Même si la défense me paraît encore fragile, le LA Galaxy devrait se qualifier pour les playoffs même si ce ne sera pas sans difficulté.

Pour aller plus loin :

Chicharito au LA Galaxy : Imaginémonos cosas chingonas
Josh Drack, du rêve à la réalité

LAFC

Carlos Vela (Photo via LAFC)

Entraîneur (Nationalité) : Steve Cherundolo (États-Unis)

Stade (Capacité) : Banc of California Stadium (22 000)

Année d’entrée dans la ligue : 2018

L’année 2021 ne s’est pas vraiment passée comme prévu pour le LAFC. Pour son année d’expansion, en 2018, la franchise californienne avait fait les playoffs. En 2019, elle gagnait le Supporters’ Shield tout en inscrivant un nouveau record de points avant, en 2020, d’atteindre la finale de la Concacaf Champions League. 2021 devait être une année de confirmation mais ce fut tout le contraire: le LAFC a raté les playoffs et a grandement déçu les fans. Oui, certaines stars ont été longtemps absentes et/ou blessées (Carlos Vela, Eduard Atuesta, Eddie Segura, Diego Rossi, Brian Rodriguez) mais l’équipe californienne nous avait habitués à mieux. En réaction, la saison 2022 sera bien différente en commençant par le banc de touche : exit Bob Bradley, parti à Toronto et bienvenue… Steven Cherundolo. C’est un sacré pari que prend Los Angeles avec Cherundolo, un ex-international américain qui a eu du succès dans sa carrière mais qui reste sur une expérience contrastée à Las Vegas, club affilié du LAFC. La franchise a préféré engager un entraîneur qui était déjà dans la structure et qui possède un style similaire à celui de Bob Bradley, mais il aura une lourde pression sur les épaules. 

Si le style tactique ne devrait pas changer, la différence se fera sûrement en termes d’expérience en MLS. Trois recrues sont venues solidifier des postes clefs. Dans les buts, Maxime Crépeau est la grosse recrue de 2022 : le Canadien apporte une régularité au poste de gardien de but que le LAFC n’a jamais vraiment connue depuis 2019. L’autre grande recrue, Kellyn Acosta, est un international américain de 26 ans, polyvalent et revanchard après une expérience contrastée à Colorado. Ryan Hollingshead arrive quant à lui de Dallas, alors qu’il est un des meilleurs arrière-gauches de MLS. On retrouve également, dans les arrivées, de la profondeur de banc avec des joueurs établis en MLS comme Ismaël Tajouri-Shradi, Franco Escobar, Doneil Henry et Ilie Sanchez. 

L’effectif est donc intéressant : l’attaque composée de Christian Arango (quand est-ce que le LAFC a vraiment eu un 9 sur lequel compter ?), Carlos Vela et Brian Rodriguez est une des plus dangereuses de la ligue, même si le dernier doit être plus régulier. Au milieu, José Cifuentes, Kellyn Acosta, Latif Blessing et Francisco Ginela sont talentueux et Moon Hwan Kim a été performant en défense l’an dernier, une défense qui s’est d’ailleurs renforcée avec Maxime Crépeau et Franco Escobar. Surtout, il faudra garder un œil sur Mamadou Mbacke Fall, leur défenseur central de 18 ans qui est progressivement monté en puissance en fin de saison. 

Le joueur clef : la saison 2022 dépendra de celle de Carlos Vela. Longuement blessé en 2021, son équipe a sombré et montré qu’elle était, par moment, trop souvent dépendante de l’international mexicain. Cette fois-ci, Vela est revanchard et pourra être plus libéré dans le système de Cherundolo qui compte plus d’expérience dans la ligue. Cependant, la saison 2019 où il dominait la ligue avec facilité semble loin et il devra montrer qu’il n’est pas sur une pente descendante depuis. 

La prédiction : tout dépendra de Steve Cherundolo. L’ex-coach des Lights a hérité d’un groupe compétitif et qui possède du talent à chaque ligne, même si la défense reste friable. Il devra espérer une belle saison de Carlos Vela et de Brian Rodriguez mais possède toujours une place libre de joueur désigné qu’il pourrait utiliser cet été. Je ne pense pas qu’ils arriveront dans les franchises en tête à l’Ouest mais ils devraient se qualifier en playoffs. 

Pour aller plus loin :

Carlos Vela, l’Homme aux Crampons Dorés

Minnesota United 

Emmanuel Reynoso (Photo via ABC7)

Entraîneur (Nationalité) : Adrian Heath (Angleterre)

Stade (Capacité) : Allianz Field (19 400)

Année d’entrée dans la ligue : 2017

Après avoir gardé le même groupe qu’en 2020, Minnesota était parti pour l’une des plus belles saisons de son existence en 2021. Sauf que… rien ne s’est passé comme prévu. Plusieurs Loons n’ont pas été aussi bons que prévu et, malgré un Emmanuel Reynoso en forme, l’élimination a été directe au premier tour des playoffs. 

Cependant, le mercato d’hiver n’a pas été très concluant, du moins pour le moment. Adrian Heath a perdy Ethan Finlay et Jan Gregus, deux joueurs qui avaient quelque peu sous-performé en 2021 mais qui n’ont pas clairement été remplacés. Certes, de nombreuses recrues étaient arrivées à l’été, mais ça reste un peu léger. Cet hiver, seules deux pièces offensives ont été ajoutées (Bongokuhle Hlongwane et Abu Danladi), avec en plus Oniel Fisher qui vient solidifier la défense et le milieu Kervin Arriaga. Enfin, très récemment l’attaquant Luis Amarilla, qui avait déjà rejoint l’équipe en 2020 a été ré-acquis, comme joueur désigné.

Le Français Adrien Hunou qui a fini avec sept buts l’an passé et dont le sens du placement devrait le mener à bien d’autres l’an prochain devra batailler pour garder sa place. Hlongwane, Danladi et surtout Amarilla essayeront de lui prendre. Les trois joueurs derrière lui sont tout aussi redoutables : Franco Fragapane, un ailier gauche dynamiteur, Emmanuel Reynoso, redoutable meneur de jeu et Robin Lod, qui apporte de bonnes passes sur la droite. Le milieu de terrain est bien plus fragile avec Will Trapp et Hassani Dotson à ses côtés. Pareil pour la défense qui a connu quelques soucis l’an passé et n’a pas changé. Chase Gasper, Michael Boxall, Bakaye Dibassy et Romain Métanire sont tous d’excellents éléments mais ils devront apprendre à mieux se connaître pour éviter les petites défaites de l’an passé : Minnesota avait la pire différence de but chez les qualifiés en playoffs. Au poste de gardien de but, Tyler Miller a tenu sa place de titulaire l’an passé mais il est possible que le jeune Dayne St. Clair ait une autre chance de débuter en 2022.

Le joueur clef : Emmanuel Reynoso a vraiment changé la manière dont Minnesota United jouait l’an passé. L’Argentin est un milieu de terrain typique de ce pays, un meneur de jeu purement venu des années 90 pour distiller d’excellents ballons. Bien entouré, il serait peut-être moins sous-estimé qu’aujourd’hui. Pour le moment, Reynoso est l’élément par lequel tout passe à Minnesota et il pourra continuer sur sa belle lancée en 2022.

La prédiction : Minnesota United fait peur devant mais trop peu a changé l’an passé pour y voir clair, alors que d’autres concurrents sont mieux armés à l’Ouest (sans parler de l’arrivée de Nashville dans la conférence !). C’est pourquoi, malgré les nombreux talents qui sont sur le terrain, je ne les vois pas passer en playoffs. Ils les rateront de peu mais Adrian Heath n’a pas réussi à insuffler une vraie âme dans cette équipe et je pense que 2022 aboutira à la même conclusion.  

Pour aller plus loin :

Providence Park, Répands de l’amour

Nashville SC 

(Photo via Nashville SC)

Entraîneur (Nationalité) : Gary Smith (Angleterre)

Stade (Capacité) : Nissan Stadium (69 143)

Année d’entrée dans la ligue : 2020

Qu’il est beau d’être une franchise d’expansion bien gérée ! Arrivée en même temps que l’Inter Miami CF en 2020, Nashville est une réussite totale. Après une première année plutôt réussie, 2021 a été celle de la confirmation avec une réelle progression en attaque, un secteur où les hommes de Gary Smith avaient du mal la saison précédente. Résultat, une troisième place à l’Est bien méritée et de la stabilité avant 2022, année qui sera pleine de changements puisque Nashville passe de la conférence Est… à l’Ouest !

Pour préparer ce déménagement, Nashville a préféré jouer la carte de la stabilité et ce fut un mercato assez calme avec les arrivées de Sean Davies au milieu ainsi que de Teal Bunburry et Ethan Zubak en attaque, le premier devant peu à peu prendre une place de titulaire tandis que les deux autres cités devront lutter pour débuter dans le XI. Notons également l’arrivée d’Ahmed Longmire via la SuperDraft, un défenseur central qui pourrait jouer un petit rôle en 2022. Le départ d’Alistair Johnston, vendu chèrement à Montréal, sera quant à lui un coup dur à encaisser. 

C’est une équipe bien rodée qui défendra les couleurs du Tennessee en 2022, avec Jo Willis dans les buts, le double-défenseur de l’année Walker Zimmerman devant lui, accompagné de Dave Romney et Jack Maher, une révélation l’an passé en défense. Si Nashville reste sur une défense à 5, nous devrions retrouver Eric Miller à droite et Daniel Lovitz à gauche, aidé par un milieu très défensif composé d’Annibal Godoy et Dax McCarty, avec Sean Davies dans la rotation. Devant, Randall Leal continuera à mener le jeu et distribuer des ballons vers le duo improbable d’attaquants que forment Hany Mukhtar et CJ Sapong : un joueur désigné dans la fleur de l’âge et un vétéran de 33 ans qui continue à scorer chaque semaine. Cependant, ce dernier devrait peu à peu être remplacé par Ake Loba, l’avant-centre payé cher mais qui n’a que peu joué l’an dernier, tandis que Bunburry, Zubak et Handwalla Bwana tenteront de s’imposer. Pour Nashville, le seul doute reste sur l’âge avancé de nombreux cadres (Sapong, McCarty, Godoy, Willis), mais la relève semble être en route. 

Le joueur clef : difficile de parler de Nashville sans mentionner Hany Mukhtar. Ce dernier incarne tout ce que veulent les franchises MLS lorsqu’elles signent un joueur désigné. Un talent ni trop jeune, ni trop vieux, qui pousse ses coéquipiers vers l’avant et a un impact concret, comme le montre sa saison 2021 à 19 buts et 12 passes décisives. Des statistiques qui l’ont amené à une deuxième place dans la course au MVP et un duo d’attaque avec Sapong qui rappelle les plus belles heures du duo Dempsey/Martins à Seattle. Il faudra espérer un rendement similaire en 2022, peut-être avec l’aide d’Ake Loba.  

La prédiction : le départ d’Alistair Johnston fait mal à Nashville mais c’est le seul vraiment conséquent pendant ce mercato d’hiver qui a, au contraire, renforcé des positions de faiblesse avec Davies et Bunburry. Jack Maher devrait prendre la place de Johnston et si tout se passe bien, il n’y a pas de raison de croire que Gary Smith ne fera pas mieux qu’en 2021. Celà-dit, la conférence Ouest est plus compétitive que l’Est avec des franchises plus aguerries et il faudra être plus ambitieux offensivement pour accrocher le top 3. 

Pour aller plus loin :

Mode d’emploi, comment créer le Nashville SC 

Portland Timbers

Sebastian Blanco (Photo via Rose City Preview)

Entraîneur (Nationalité) : Giovanni Savarese (Venezuela)

Stade (Capacité): Providence Park (19 566)

Année d’entrée dans la ligue : 2011

Quelle saison renversante pour Portland ! Malmenés pendant deux tiers de la saison, les Timbers ont connu un superbe élan en fin de saison, arrivant en MLS Cup et touchant du bout des doigts la victoire finale. L’équipe est vieillissante, n’arrive pas à produire de jeunes à haut potentiel mais continue à recruter avec intelligence et Giovanni Savarese arrive à tirer le meilleur de ses joueurs, ce qui explique que la saison se soit enflammée passé l’été. 

Le mercato a été rythmé par les questions entourant deux légendes du club, Diego Valeri et Sebastian Blanco. Finalement, le premier est parti rejoindre son Argentine natale tandis que le second a prolongé en gardant son statut de joueur désigné. Autre joueur apprécié des fans, Steve Clark s’en est allé ainsi qu’Andy Polo, après que son contrat fut rompu pour des accusations de violences conjugales. Un mercato plutôt calme du côté des arrivées également. L’international U17 David Ayala arrive d’Estudiantes avec un profil de milieu de terrain à fort potentiel. David Bingham vient également solidifier la position de gardien tandis que Josecarlos van Rankin a prolongé son prêt.

L’équipe n’est pas si différente de l’an passé finalement. Dans les buts, la compétition sera entre le Slovène Aljaz Ivacic, Bingham et Justin vom Steeg, même si le premier semble avoir l’avantage. Dario Zuparic et Larrys Mabiala continueront en défense centrale avec, toujours, Bill Tuiloma dans la rotation. Van Rankin rempile pour une saison à droite, Claudio Bravo à gauche avec Justin Rasmussen, signé de la SuperDraft, et Pablo Bonilla comme solutions de rechange. Au milieu de terrain, l’excellent Diego Chara devrait voir Erik Williamson réapparaître après sa terrible blessure qui l’avait écartée des terrains en 2021. Cristhian Paredes ou Ayala pourront également chercher un poste de titulaire. Le trio d’attaque Dairon Asprilla – Sebastian Blanco – Yimmi Chara sera toujours dangereux devant, avec de belles pièces sur le banc comme Santiago Moreno ou Marvin Loria. Enfin, au poste d’avant-centre, le duel continue entre Felipe Mora et Jaroslaw Niezgoda, même si le premier a une longueur d’avance tant ses talents de finisseur sont précieux et puisque le deuxième est blessé pour ce début de saison.

Le joueur clef : prolonger Sebastian Blanco était la priorité numéro une de ce mercato, devant n’importe quel renforcement. Ce n’est pas pour rien : l’Argentin est l’âme de cette équipe, que même le talent des frères Chara ne saurait éclipser. Malgré ses presque 34 ans, Blanco est revenu d’une grave blessure des croisés l’an passé pour reprendre au même rythme effréné qu’il a toujours eu avec les Timbers, avec un total de 7 buts et 7 passes décisives en moins de 1200 minutes de jeu. 

La prédiction : Portland est une grande interrogation en 2022. L’équipe a peu changé depuis sa participation en MLS Cup 2021 mais les départs de Clark et Valeri vont mettre un sacré coup dans le vestiaire. De plus, de nombreux cadres vieillissent (D. Chara a 35 ans, Mabiala 34, Blanco 33) et la jeune génération a du mal à trouver du temps de jeu. Ce sera à Savarese de savamment la faire émerger et je pense que cela amènera des résultats compliqués en cours d’année. Je pense qu’il y a même une possibilité de rater les playoffs, vu les équipes en face.

Pour aller plus loin :

Providence Park, répands de l’amour

Real Salt Lake

Damir Kreilach (Photo via RSL Soapbox)

Entraîneur (Nationalité) : Pablo Mastroeni (Argentine)

Stade (Capacité): Rio Tinto Stadium (20 008)

Année d’entrée dans la ligue : 2005

RSL en 2021, c’est une année totalement folle aux allures de conte de fée. Une équipe sans propriétaire, dont le coach part en milieu d’année pour devenir assistant dans une autre équipe de la ligue, qui a quand même réussi – sous le leadership de Pablo Mastroeni – à se qualifier en playoffs à la 95e minute de la dernière journée, puis à battre un des favoris, Seattle, sans tirer une seule fois au but ! RSL a finalement été racheté par David Blitzer début 2022 et les ambitions sont déormais grandes à Salt Lake City, après 16 mois d’incertitudes. 

Pour ce qui est des arrivées, Pablo Mastroeni a obtenu un nouvel attaquant en prêt : le Vénézuélien Sergio Cordova, qui arrive d’Augbsurg en manque de temps de jeu. Le vétéran Johan Kappelhof signe également pour un an en défense. Le milieu de terrain Scott Caldwell arrive également de New England, tandis que niveau départs c’est Albert Rusnak, le joueur désigné et probablement meilleur élément de RSL en 2021, qui s’en va rejoindre Seattle. Anderson Julio est également parti, du côté de la Liga MX pour sa part. 

Un mercato plutôt calme donc, puisque le club pense déjà avoir un effectif qui peut rivaliser avec les plus grandes équipes de l’Ouest. Devant, le club est très bien armé avec notamment trois bons numéros 9 : Rubio Rubin, qui a connu une année de renaissance totale, Bobby Wood, qui a démontré qu’il était loin d’être fini et enfin, Sergio Cordova. Un trio qu’il faudra bien coacher pour en tirer le meilleur. Derrière eux, Damir Kreilach reste un des meilleurs 10 en MLS et à sa gauche, on pourrait voir Cordova être déployé, tandis qu’à droite Jonathan Menendez a montré de belles choses l’an passé. Justin Meram reste encore un excellent super-sub, tout comme Maikel Chang. Côté milieu de terrain, la prolongation d’Everton Luiz est une excellente nouvelle, tant il fait la paire avec Pablo Ruiz. En défense centrale, Justin Glad fait déjà office de vétéran à seulement 24 ans, et sera titulaire avec Marcelo Silva. Aaron Herrera, excellent la saison passée à droite, continuera à couvrir ce flanc tandis qu’à gauche on retrouvera Andrew Brody. C’est sur les buts qu’il y aura également pas mal de projecteurs, avec l’extravagant David Ochoa. À seulement 21 ans, celui qui a choisi de représenter le Mexique l’an passé a déjà montré qu’il était, non seulement, un solide portier mais aussi une grande gueule dont la ligue manque cruellement. 

Le joueur clef : Damir Kreilach est la clef de voûte du système de Pablo Mastroeni et il le sera encore plus sans son compère d’attaque Albert Rusnak. Le Croate de 32 ans pourrait connaître, en 2022, sa dernière saison à son meilleur niveau puisqu’il vieillit et avec les armes qu’il a devant lui, il pourrait distiller de nombreuses passes décisives. En 2021, il était dans les meilleurs à son poste et sa quatrième saison à RSL pourrait en faire une réelle légende au Rio Tinto Stadium. 

La prédiction : Real Salt Lake a une belle équipe, à laquelle il manque peut-être un ou deux éléments forts dans le onze pour être l’une des meilleures de la conférence Ouest. Le doute reste cependant sur Mastroeni : était-ce juste un élément de surprise qui a propulsé RSL en séries l’an passé ou le coach américain était-il réellement une belle promesse ? 2022 le dira, mais je pense que le club ratera de justesse en playoffs. 

Pour aller plus loin :

Le projet RSL

San José Earthquakes

Cade Cowell (Photo via San José Earthquakes)

Entraîneur (Nationalité) : Matias Almeyda (Argentine)

Stade (Capacité) : PayPal Park (18 000)

Année d’entrée dans la ligue : 1996

Encore une saison très étrange à venir pour les fans des San José Earthquakes. Les saisons se ressemblent et la médiocrité reste pour la franchise de la Bay Area, qui n’a pas terminé dans les cinq premiers à l’Ouest depuis 2012. Cette saison 2021 fut surtout celle d’un symbole : la retraite du meilleur buteur de l’histoire de la MLS, Chris Wondolowski. Un départ qui ne fut pas à la fête malheureusement, tant les recrues ont déplu et les titulaires ont été tributaires du manque d’ambition. Un manque d’ambition symbolisé par l’entraîneur, Matias Almeyda.

Oui, l’Argentin était un nom sexy quand il est arrivé il y a trois ans, mais ce sont trois années sans gloire qui ont suivi. Les Earthquakes ne dépensent peut-être pas assez mais d’autres franchises MLS font mieux pour beaucoup moins cher encore. Surtout, Almeyda est donné partant à chaque mercato et semble frustré de sa situation à San José où il s’est plaint du manque de moyen. C’est sa dernière année de contrat et peu sont ceux qui pensent qu’il prolongera, plongeant le club dans un limbo instable où personne ne veut signer des joueurs faits pour Almeyda et son système de marquage individuel, puisqu’il ne sera plus là en 2023… Le mercato a donc été très calme, avec seulement trois recrues : les vétérans Jan Gregus (un excellent milieu de terrain) et Francisco Calvo (un défenseur qui n’a pas convaincu à Chicago, ni à Minnesota), ainsi que Jamiro Monteiro. Ce dernier est intriguant, puisque c’est un joueur désigné qui était excellent à Philadelphie. 

Il existe pourtant du talent à San José. Le gardien de but, JT Marcinkowski, est un des meilleurs de la ligue et il est bien épaulé par une défense solide, à l’image de Marcos Lopez, de Nathan, de Tanner Beason ou du Français Paul Marie. Avec Gregus et Yueill, le milieu sera défensif mais pourra libérer un trio de milieux offensifs composé de Cade Cowell, Chofis et Espinoza qui jouent tous derrière Jeremy Ebobisse. Ce dernier, bien qu’il n’ait marqué qu’un but avec San José l’an dernier, fait bien jouer ses coéquipiers sur les ailes et libère de l’espace. Il faudra ensuite observer comment Monteiro s’installera dans ce quator offensif, si c’est au poste de numéro 10 ou un cran en dessous. 

Le joueur clef : Cade Cowell est l’un des rares éléments de satisfaction de l’an passé. Le jeune américain, depuis peu passé international avec la team USA, a connu sa première saison complète en 2021, ponctuée de 5 buts et de 6 passes décisives. Il devrait poursuivre sur cette lancée en 2022 pour obtenir un transfert en Europe en fin d’année et y poursuivre sa progression, bien qu’il vient de signer un nouveau contrat avec SJ. Mais attention à ne pas trop s’emballer. Il n’a que 18 ans et Almeyda n’a pas eu peur de le placer sur le banc en fin de saison quand c’était nécessaire. Gardons-le donc à l’œil pour cette saison 2022 où il devrait encore déborder de nombreuses défenses sur l’aile gauche.

La prédiction : sauf énorme mercato pendant l’été, il est extrêmement difficile de voir les San José Earthquakes atteindre les playoffs en 2022. Même s’il y a de bons jeunes autour desquels construire (Cowell, Marcinkowski ou Beason), l’effectif est trop fin pour espérer mieux. Les stars déçoivent également, notamment Chofis et Espinoza qui restent trop irréguliers et il faudra qu’Almeyda signe un grand numéro 10 étranger pour faire mieux – ce qui encore une fois, semble peu probable vu son futur en Californie. 

Pour aller plus loin :

Matías Almeyda, gage de succès?
Reno 1868 FC : L’affiliation parfaite avec San José
Retour vers le Futur #4 : Le Jour où les Earthquakes de San José ont fait leurs Bagages

Seattle Sounders FC 

Ruidiaz, Morris et Lodeiro (Photo via Seattle Sounders)

Entraîneur (Nationalité) : Brian Schmetzer (États-Unis)

Stade (Capacité) : Lumen Field (68 740)

Année d’entrée dans la ligue : 2009

La saison 2021 des Seattle Sounders laisse un goût amer chez les fans. D’un côté, la franchise réalise une très belle saison régulière avec pourtant des blessures récurrentes de Stefan Frei, Nicolas Lodeiro, Raul Ruidiaz et l’indisponibilité de Jordan Morris. De l’autre, Seattle a laissé échapper la première place à l’Est en fin de saison et s’est fait écarter dès le premier tour des playoffs contre un adversaire qui n’a pas tiré une seule fois au but. Reste que les Sounders continuent d’être une équipe extrêmement compétitive qui a su, pendant le mercato, se renforcer sans perdre trop d’éléments importants.

Tout d’abord, les prolongations de contrat de trois titulaires importants, Raul Ruidiaz, Joao Paulo et Xavier Arreaga sont d’excellentes nouvelles, tout comme les nouveaux contrats d’Alex Roldan, Kelyn Rowe, Will Bruin et Fredy Montero, tous des contributeurs importants en 2021. Niveau départs, le vétéran Shane O’Neill part à Toronto et Seattle a également plutôt bien vendu Brad Smith à DC United, tandis que Nicolas Benezet et Jordy Delem n’ont pas été prolongés. En plus des nombreuses prolongations, il n’y a qu’une seule arrivée à constater et pas des moindres, celle d’Albert Rusnak ! Le joueur désigné, réelle star de RSL depuis plusieurs saisons, sera une addition importante dans le XI de départ déjà impressionnant des Sounders. 

Ces derniers ont besoin de profondeur puisqu’ils jouent également la Concacaf Champions League en 2022 et ça tombe bien, ils en ont ! Le quatuor d’attaque est dantesque avec Raul Ruidiaz en avant-centre, Nicolas Lodeiro en numéro 10 et un beau duo de Jordan Morris et Albert Rusnak sur les ailes. Il faut seulement que le capitaine uruguayen réussisse à rester en forme, lui qui a connu de nombreuses blessures l’an passé. De nombreuses armes seront disponibles sur le banc avec, notamment, les vétérans Will Bruin et Fredy Montero, ainsi que le jeune Initiative U22 Léo Chu sur l’aile. Le milieu de terrain est, quant à lui, composé de la doublette Joao Paulo – Christian Roldan,  avec également Kelyn Rowe de disponible en couverture. En défense, le départ d’O’Neill pousse la paire Xavier Arreaga – Yeimar Gomez Andrade comme titulaires indiscutables. Sur l’aile droite, Alex Roldan a été une véritable révélation l’an passé et continuera à ce poste tandis qu’à gauche, c’est Nouhou Tolo, auteur d’une belle Coupe d’Afrique des Nations, qui continuera ses courses folles sur l’aile. Bien entendu, Stefan Frei continuera dans les buts; à 35 ans, il ne semble pas connaître le poids des années. Et les jeunes dans tout ça ? Comme depuis plusieurs saisons, Seattle possède de très bons espoirs mais ces derniers ont du mal à fouler le terrain. Avec la multiplication des compétitions, il est probable de voir plus souvent Abdoulaye Cissoko (22 ans) derrière, Danny Leyva (18 ans), Josh Atencio (20 ans), Reed Baker-Whiting (16 ans) et Obed Vargas (16 ans) au milieu, ainsi qu’Alfonso Ocampo-Chavez (19 ans) et Dylan Teves (21 ans) en attaque. 

Le joueur clef : avec les blessures à répétition de Nicolas Lodeiro, Raul Ruidiaz est la pièce centrale de cette équipe. L’attaquant est impressionnant : rapide, costaud et diablement efficace, le Péruvien combine en plus parfaitement avec la vitesse de Jordan Morris. Nicolas Lodeiro s’occupe de le pourvoir en ballons et Albert Rusnak pourra apporter de la technique sur l’aile. Il est possible qu’il dépasse son record de 17 buts en MLS l’an passé. 

La prédiction : l’an dernier, j’étais très dubitatif sur la capacité de Seattle à avoir une saison complète, vu le manque de profondeur de banc. Pour 2022, les Sounders se sont renforcés, les jeunes émergent petit à petit et toutes les armes sont en forme. Il n’y a donc aucune raison de penser, en tant que fan de Seattle (dont je fais partie !), que les hommes de Brian Schmetzer feront autre chose qu’une première place à l’Ouest. 

Pour aller plus loin :

Seattle, la Franchise Modèle
Brian Schmetzer, l’Incarnation de Seattle
Nicolás Lodeiro: l’architecte altruiste

Sporting Kansas City

Russel et Salloi (Photo via MLS)

Entraîneur (Nationalité) : Peter Vermes (États-Unis)

Stade (Capacité) : Children’s Mercy Park (18 467)

Année d’entrée dans la ligue : 1996

L’année 2021 ne pouvait pas être plus SKC pour le club : une équipe compétitive, des renforts à chaque niveau, une très belle saison régulière avec une troisième place à l’Ouest et… une élimination en demi-finale de conférence. Malgré le talent de la franchise, les années se ressemblent avec, à chaque fois, une déception en séries éliminatoires. En 2022, SKC voudra continuer à être compétitif à l’Ouest, malgré une terrible nouvelle en pré-saison : leur numéro 9 et joueur désigné Alan Pulido est blessé pour toute la saison, lui qui est déjà décevant depuis deux saisons à cause de ses nombreuses blessures. 

Heureusement, Peter Vermes a recruté pour résoudre ce problème. Le Monténégrin Nikola Vulnovic arrive au poste de numéro neuf, tandis que la défense devrait également bien changer. Logan Ndenbe arrive depuis Guingamp, Ben Sweat depuis Austin, Robert Voloder arrive avec Kortne Ford pour renforcer la défense centrale et Uri Rossel comme milieu défensif. La seule autre addition à noter est celle de Marinos Tzionis, ailier gauche chypriote de 20 ans. Côté départs, il y a quand même deux titulaires qui sont partis; Ilie Sanchez et Luis Martins, tandis que le jeune Jaylin Lindsey a été tradé à Charlotte. 

L’effectif connaîtra pas mal de changements pour la saison 2022. La défense devrait vraisemblablement être la même cependant, avec le vétéran et capitaine Tim Melia dans les buts, épaulé en défense centrale par le Français Nicolas Isimat-Marin et Andreu Fontas. Si le premier évite les blessures, ça pourrait être la meilleure défense de la ligue. À gauche, Sweat et Ndenbe se battront pour la place de titulaire, tandis qu’à droite il semble que Graham Zusi, 35 ans, reprendra son rôle. Uri Rossel prendra la place laissée vacante de numéro 6 avec deux autres bons éléments devant lui, le Français Rémi Walter et Gadi Kinda. L’excellent Johnny Russel gardera sa place sur l’aile gauche et, à 31 ans, voit l’arrivée d’une bonne doublure avec Tzionis. Daniel Salloi arrive quant à lui dans la meilleure forme de sa carrière à gauche, la seule interrogation offensive est donc au poste d’avant-centre. En l’absence de Pulido, qui de Khiry Shelton ou de la recrue Vulnovic prendra la place de titulaire ? Je mettrais une petite pièce sur le premier, mais la rotation sera probable en cas de pénurie de buts.

Le joueur clef : Daniel Salloi a connu plusieurs saisons de galère. En 2020, il était à un but en 35 matchs, mais le voilà propulsé dans une autre galaxie cette saison. 16 buts, 8 passes décisives, il était l’arme dangereuse de SKC pendant cette saison 2021. En pleine forme et à 25 ans, le Hongrois est même entré dans la conversation pour le titre de MVP. Dans le système de Vermes, les numéro 9 sont souvent des éléments de distribution et les ailiers sont essentiels pour conclure. Il n’y a pas de raison que Salloi ne le fasse plus en 2022. 

La prédiction : l’équipe du Sporting Kansas City est, malgré la blessure de Pulido, l’une des plus compétitives à l’Ouest. Deux problèmes subsistent : d’abord, la vieillesse de certains cadres (Zusi et Melia ont 35 ans, Isimat-Marin, Russel, Fontas ont également la trentaine). Ce n’est pas un énorme souci mais les blessures sont récurrentes dans cet effectif. Ensuite, la conférence Ouest est encore plus relevée cette saison : les concurrents ne se sont pas affaiblis et Nashville arrive en force. Je crois tout de même en la régularité de Kansas City et je les place facilement dans le top 3 de la conférence Ouest.

Pour aller plus loin :

Le Sporting KC, un modèle à suivre

Vancouver Whitecaps

Ryan Gauld (Photo via Vancouver Whitecaps)

Entraîneur (Nationalité) : Vanni Sartini (Italie)

Stade (Capacité) : BC Place (21 000 en configuration soccer)

Année d’entrée dans la ligue : 2011

Vancouver était l’une des belles surprises de la fin de saison en 2021. Malgré quelques bonnes idées tactiques, Marc dos Santos fut remercié après une défaite en Coupe contre le Pacific FC (CanPL) en août et remplacé par Vanni Sartini, son adjoint. L’Italien a totalement repris l’équipe et en a fait l’une des franchises les plus dures à battre en fin de saison, les qualifiant carrément pour les playoffs. 

Tout semblait donc aller pour le mieux pour les Whitecaps avant de commencer 2022… Jusqu’à un départ. Maxime Crépeau, le gardien de but international canadien si important dans cette équipe, quitte alors le Canada pour arriver en Californie du côté du LAFC. Un départ extrêmement important tant il était l’âme de l’équipe. Une des pousses prometteuses en attaque, Theo Bair, est également parti en Écosse. Côté renforcements, on retrouve une acquisition intéressante en la personne de Tristan Blackmon, un bon défenseur en MLS dont Vancouver avait bien besoin, ainsi que Sebastian Berhalter pour la profondeur de banc.

C’est tout de même très fin comme effectif. Dans les buts, Crépeau est remplacé par Thomas Hassal, un jeune gardien de 22 ans qui avait montré l’étendue de son talent lorsque les blessures l’avaient propulsé dans les buts de Vancouver. Il sera accompagné d’une défense correcte, avec Blackmon, Florian Jungworth, Erik Godoy, Cristian Gutiérrez et Javain Brown. Les milieux de terrain défensifs, que ce soit Caio Alexandre, Michael Teibert ou Leonard Owusu, sont intéressants et laissent le soin des tâches offensives à Ryan Gauld. Ce dernier pourra compter devant lui sur Brian White, l’ancien attaquant des Red Bulls, qui s’est métamorphosé sous Sartini avec 9 buts en 14 matchs en fin de saison ! Ce dernier combine très bien avec Gauld et Cristian Dajome, son compagnon d’attaque. Une révélation qui a peu à peu barré la route à Lucas Cavallini, pourtant arrivé en grande pompe de Liga MX. L’international canadien a été décevant et ne compte que 9 buts en 39 matchs en deux ans. Un départ était possible mais il reste finalement à Vancouver comme une arme offensive qui cherche à se repentir. On en attend également un peu plus de certains jeunes recrutés l’an passé, comme Ryan Raposo ou Pedro Vite ainsi que Deber Caicedo, deux signatures de l’U22 Initiative qui n’ont pas encore eu l’impact escompté. 

Le joueur clef : Ryan Gauld, le joueur-désigné-au-poste-de-numéro-dix classique. Il est, à 26 ans, à l’âge parfait pour avoir un impact important et pour devenir un joueur emblématique de la franchise qui n’en a que peu connu depuis 2011 et son arrivée en MLS. Gauld combine parfaitement avec Dajome et White, de son côté, créé et marque. L’Écossais est parfait pour relancer Vancouver en 2022, comme ses 4 buts et 5 passes décisives en 18 matchs l’attestent. 

La prédiction : Vancouver était l’une des équipes les plus excitantes à regarder en fin de saison 2021. La question est de savoir si la tactique de Sartini et la forme du trio White/Dajome/Gauld n’étaient qu’un concours de circonstances ou s’ils pourront reproduire cette bonne dynamique en 2022. Personnellement, je reste sceptique car la défense manque de profondeur et le départ de Crépeau va faire très mal aux Whitecaps et je les vois rater, de très peu, les séries qualificatives. Une belle surprise n’est cependant pas à mettre de côté, surtout que ce sera la première saison totalement effectuée au Canada depuis deux ans.

Le classement des prédictions

Attention, celui-ci est à prendre avec des pincettes : de nombreuses équipes vont changer avec le mercato d’été !

Comme chaque année, on se mouille : attention cependant, la rédaction ne remboursera pas vos paris !
Antoine Latran

Co-créateur de Culture Soccer. Ancien rédacteur Soccer Nord-Américain pour Lucarne Opposée. Fan de MLS depuis une balade dans Seattle un jour de match, j'écris sur Culture Soccer sur la MLS, la NISA, la sélection américaine, ainsi que sur des sujets mêlant le sport à la culture, la politique et l'économie.

One thought on “[Guide] MLS 2022

Leave a Reply

Fill in your details below or click an icon to log in:

WordPress.com Logo

You are commenting using your WordPress.com account. Log Out /  Change )

Twitter picture

You are commenting using your Twitter account. Log Out /  Change )

Facebook photo

You are commenting using your Facebook account. Log Out /  Change )

Connecting to %s